Projet
Derrida
Art
Auteurs cités
Scripteur

Mode d'emploi

     
     

TABLE des MATIERES :

Mode d'emploi des moteurs IDIXA.

                            NIVEAUX DE SENS :

 DERRIDEX

Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

   
Pour les titres annoncés dans l'index, voir la liste bibliographique.    
Derrida, la voix                     Derrida, la voix
Les mots de Jacques Derrida               Les mots de Jacques Derrida  

Page créée par le scripteur le 26 août 2005.

Le Grand Livre de la Voix

[Derrida, la voix]

Le Grand Livre de la Voix Autres renvois :
     

La voix originaire

     

Derrida, la parole

     

Derrida : s'entendre parler

 
                   
                         

L'oeuvre de Derrida commence par cela, chronologiquement et logiquement : un certain travail sur la voix. Il n'est pas question de la réduire (cette oeuvre) à une seule clef (la voix), comme s'il y en avait une, mais d'accepter l'invitation sous-jacente : nous vivons le temps d'une clôture, celle du phono-logocentrisme. Ce temps est marqué par une tentative (presque) sans espoir de science de l'écriture, la grammatologie. Qu'en est-il de la voix? Est-ce qu'on passe d'une époque de la voix à une autre époque où elle s'efface? Certes pas (et pas seulement parce que cette notion d'époque est suspecte). La voix s'entend comme toujours, toujours aussi parlante, toujours aussi proche et toujours aussi présente. Son pouvoir n'a pas disparu. Que s'est-il passé? Une autre écriture, l'archi-écriture, active depuis l'origine, laisse des traces, qui sont aussi des spectres, des voix polyphoniques auxquelles nous sommes livrés. Nous avons à en faire le deuil. Dans cet espace, cet espacement, cette tension, il faut prendre place.

Revenons à la voix. Quand je parle, je m'entends parler. Il y a un décalage entre les deux, une différence que Derrida appelle auto-affection. Cette gestation particulière, d'un type unique, que la voix partage avec le temps, n'est engendrée par rien. Elle rend possible la subjectivité. Elle se produit en moi, mais aussi en l'autre. En m'exprimant, j'entends le monde au-dedans de moi. Réduit à une surface disponible, à une idéalité, il est présent, aussi proche que ma voix, il fait sens, la voix le garde, elle le spatialise. Elle est la conscience, indéfectiblement complice de l'idéal. Sur elle repose le privilège de la présence et l'idée même de vérité. C'est à elle que les prisonniers de la caverne platonicienne font appel; elle promeut une seconde présence dans le domaine de la représentation.

La voix porte une énigme. Elle est intérieure, mais la transcendance repose sur elle. Elle fait dépendre l'objectivité du monde de son pouvoir d'idéalisation. Par un acte qui lui est propre, elle unit la vie et l'idéalité, le son du monde et les objets idéaux hors du monde.

En tant que sphère vocale et élément phonique, elle se donne comme maîtrise sur le signifiant. Elle le met à l'abri. Elle protège la vérité sous un voile. C'est sa dignité, la dignité de son époque et de la tradition occidentale où l'être est présent dans la technè ou le logos. Se produisant dans l'histoire par la lettre et l'écriture, elle rend capable de maîtriser l'objet, tout en le dérobant. Ainsi s'édifie le phallocentrisme ou phallogocentrisme.

A travers le verbe "être", la voix s'unit à la pensée. Aucune science objective ne peut en rendre compte. On la rencontre à l'intérieur, en soi, et aussi à l'extérieur dans la parole vive, à portée de voix, et aussi beaucoup plus loin, depuis qu'elle a été reproduite ou enregistrée, à la radio ou au cinéma. Elle organise tous les lieux. Elle se donne comme liberté ou loi naturelle. Même archivée, elle se présente comme vivante et s'exprime par le visage.

Mais la voix n'est pas à l'abri de l'écriture. Elle n'a jamais été intacte. Elle aussi est en mouvement, L'écriture alphabétique la saisit dans son auto-affection. Comme toute marque, elle se sépare de son signifié d'origine. Il suffit d'une lettre pour la brouiller, et la différance opère en elle, l'écriture rétroagit sur elle. Dans la voix la plus nue, il y a déjà du supplément (pharmakon). Infiniment surabondante, elle donne sans réciprocité.

L'histoire de la voix est celle de l'esprit qui continue de parler, comme un spectre dont nous sommes légataires, génération après génération. Nous pouvons la craindre, vouloir l'exorciser, elle parle encore et toujours plus.

Dans la présence, la voix se prononce, mais il y a aussi en elle de l'imprononçable, que Derrida baptise schibboleth. On peut situer ce point du côté de dieu (qui seul peut concilier l'indicible, la franchise de l'expression et la présence continue à soi) ou de la trace. En ce point inouï, la voix disparaît, mais on peut encore l'invoquer.

Quand Derrida se reconnaît, à lui-même, une voix, c'est pour la mêler à d'autres qu'on n'a jamais entendues, comme celles des quatre rabbins du Pardès.

La voix a-t-elle un destin? Sans différance, elle peut mourir (comme elle meurt chez Artaud). Un sans-voix (par exemple celui qu'on trouve dans l'oeuvre d'art) peut trouer l'écriture. A moins que ce ne soit la voix elle-même, sa résonance, qui supplée à la présence.

Il y a des pratiques sociales de la parole vive, comme la fête.

La voix reste un point aveugle de l'oeuvre de Jacques Derrida. Omniprésente, objet ambigu de son désir, elle occupe le statut inconfortable de bord interne-externe de la déconstruction. Soit elle est indéconstructible, soit sa déconstruction nous précipiterait vers l'innommable.

--------------

Propositions

--------------

-

La voix est l'auto-affection d'une différence pure

-

Qu'en est-il de la voix et du temps? Tous deux reproduisent l'auto-affection pure, qui n'est engendrée par rien

-

L'auto-affection pure de la voix rend possible la subjectivité ou le pour-soi

-

La voix est vécue comme une auto-affection absolument pure d'un type unique, car "je m'entends parler" sans aucun détour ni par le monde, ni par le non-propre

-

L'écriture alphabétique s'est imposée car elle est liée à l'événement de la voix dans une auto-affection supposée vivante

-

La voix phénoménologique est : être entendu de soi et de l'autre

-

La voix est un élément que j'exprime et qui ne cesse de m'appartenir

-

La voix, contrairement à l'écriture, garde le dedans en soi alors même qu'elle l'émet au-dehors

-

Le "s'entendre-parler" de la voix est absolument dépourvu de surface, intérieure ou extérieure

-

Le sens propre, comme présence à soi du logos dans le s'entendre-parler absolu de la voix, est une fonction qui répond à une nécessité de système

-

La voix simule la garde de la présence

-

La voix est un acte vivant absolument proche de moi

-

Le privilège de la présence comme conscience ne peut s'établir que par l'excellence de la voix

-

La voix est la conscience, c'est-à-dire l'être auprès de soi dans la forme de l'universalité

-

La voix est l'énigme qui répond à l'indiscernabilité de la conscience et du langage

-

La voix comme présence à soi met le signifiant à l'abri, hors du monde, dans un vécu où la différance est supprimée

-

L'expression est l'acte intentionnel d'un soi qui extériorise un sens par une voix, proférée ou non

-

Husserl traque dans la voix absolument basse de la "vie solitaire de l'âme" la pureté inentamée de l'expression

-

La voix rend disponible l'idéalité de l'objet

-

La complicité entre l'idéalisation et la voix est indéfectible

-

Entre les motifs du voile et de la voix, il y a une complicité structurelle

-

La voix s'entend au plus proche de soi, comme l'effacement absolu du signifiant, qui est la condition de l'idée même de vérité

-

L'aveugle, comme le dessinateur, se sert des mains pour échapper à l'obscurité, tandis que les prisonniers de la caverne platonicienne font appel aux idées et à la voix

-

Apparemment, la voix est immédiatement transcendantale

-

La dignité de la voix par rapport à toute autre substance signifiante est sa transcendance apparente

-

Animée par l'intention, par le souffle, la voix devient phonè, chair transcendantale, spiritualité vivante

-

La voix donne aux sensations et intuitions une seconde présence qui vaut dans le domaine de la représentation

-

La voix est l'unique instance qui échappe à la distinction entre l'intra-mondanité et la transcendantalité

-

La phonè est l'élément phonique de la voix, en tant qu'il est immédiatement présent dans l'expression du sens

-

L'écriture alphabétique saisit la voix ou la langue dans l'événement singulier d'une phrase

-

La "phonè" est la parole vivante, la spiritualité du souffle, en tant qu'elle unit la vie et l'idéalité

-

La phonè possède une puissance d'énigme qui tient à ce qu'elle fait dépendre l'objectivité de l'objet du pouvoir d'idéalisation de la voix

-

La voix est l'unité du son (dans le monde) et de la phonè (hors-monde des objets idéaux)

-

La voix se donne comme le phénomène d'une maîtrise sans limite sur le signifiant

-

L'époque de la phonè est celle de l'être dans la forme de la présence

-

Il faut penser l'époque de la voix comme unité de la technè et de la phonè

-

Le logos ne peut se produire comme auto-affection qu'à travers la voix, dans l'évidence de la présence à soi-même

-

Le logos, qui est la parole comme auto-affection, se produit dans l'histoire par le détour d'une écriture, en rendant la voix à un silence dynamique

-

Le verbe "être" est l'unité de la pensée et de la voix dans le logos

-

A l'époque de la voix, la maîtrise technique de l'être-objet est une mise en présence universelle et illimitée de l'objet idéal

-

Le lien établi par la tradition occidentale entre le langage et la voix (phonocentrisme) est le déguisement d'une écriture plus fondamentale

-

[La lettre derridéenne est disséminante, tandis que celle de Lacan est indivisible, toujours identique à elle-même, quels que soient les morcellements de son corps]

-

Les voix se distinguent des sons par cela même qui permet l'écriture, à savoir la consonne et l'articulation

-

Toute marque, fût-elle orale, est un graphème : ce qui reste d'une coupure qui l'a séparée de son référent ou de son signifié d'origine

-

Une lettre parasite la pureté intérieure : elle s'installe pour brouiller l'audibilité de la voix

-

L'écriture énerve la voix

-

L'opération de la voix est le mouvement de la différance

-

L'histoire de l'esprit n'est pas séparable de l'histoire de la voix

-

La voix phénoménologique est la chair spirituelle qui continue de parler, d'être présente à soi, de s'entendre dans le logos, en l'absence du monde

-

Même par la voix nue, sans organe ni instrument, le pharmakon agit

-

La suspension de la voix représentative ne tue pas toute voix, mais donne lieu à la voix sans auteur, non plus verbale mais polyphonique

-

L'economimesis est une économie générale où la voix (la parole, la poésie ou l'art) donne sans recevoir d'autre salaire qu'une surabondance infinie

-

La voix a toujours été investie, sollicitée, requise, marquée dans son essence par une certaine spatialité

-

La fête en plein air est l'élément de la voix, la liberté d'un souffle que rien ne hâche

-

L'enregistrement de la voix est l'un des phénomènes majeurs du 20ème siècle

-

La voix archivée est vivante (contrairement à la photo); on y entend comme le rapport à soi

-

La voix est le lieu idéal du phallus - sur sa présence s'édifie le "phallogocentrisme"

-

Nous sommes livrés à la voix du spectre

-

On ne peut parler de générations que par la langue et la voix - par tout ce qui marque le nom ou en tient lieu

-

La voix pénètre violemment en moi, elle est la voie privilégiée pour l'effraction et l'intériorisation

-

Une conjuration est un appel pour faire venir par la voix un spectre afin de l'exorciser

-

La voix se donne comme phénomène en-dehors du monde

-

Le monde n'est rien d'autre que le dehors de la voix

-

Une science mondaine objective ne peut rien nous apprendre sur l'essence de la voix

-

La voix au cinéma est de même nature que l'enregistrement du mouvement du monde

-

Dans la voix, la présence de l'objet disparaît déjà, elle dérobe la chose même

-

Le pouvoir de la voix réside dans son double rapport à l'objet : préserver sa présence et l'exprimer par un acte qui lui est propre

-

[Derrida : L'essence de la parole est que le sujet parlant s'entend au présent]

-

Jean-Jacques Rousseau croyait que la voix intérieure ne mentait jamais

-

L'éthique de la parole vive est le leurre d'une présence maîtrisée dans la proximité immédiate d'un voisinage à portée de voix

-

La voix se donne toujours comme la meilleure expression de la liberté

-

Pour Kant, la bouche n'est pas un organe comme les autres : à partir de la voix s'organisent tous les lieux, se localisent tous les organes, se hiérarchisent toutes les valeurs

-

Pour Rousseau, la pitié comme loi naturelle, originelle, inexorable, dont toute institution est le supplément et la suppléance, est portée par la voix

-

Le visage ne signifie pas, il s'exprime, il est derrière le signe, il se donne en personne, comme la parole vive ou la voix

-

La déconstruction derridéenne est le renversement de la subordination de la lettre/trace à la voix par la généralisation de l'écriture

-

On ne peut déconstruire la transcendance de la voix sans s'enfoncer vers l'innommable

-

La voix reste non-déconstruite chez Derrida

-

J'ai élargi la notion de trace jusqu'à y inclure la voix elle-même

-

Pour Derrida, la voix, comme le schibboleth, est imprononçable

-

[Le schibboleth de Jacques Derrida]

-

Dans la pensée de Jacques Derrida, la voix résiste

-

Le leurre dont a vécu le premier livre est un centre où disparaît la parole vive, qu'on peut invoquer mais non répéter

-

Inouïe est la différence entre les unités de la voix et invisible la différence dans le corps de l'inscription

-

Une voix sans différance est à la fois absolument vive et absolument morte

-

Dans le théatre d'Artaud, la voix qui commande aux signes est destituée pour celle qui se laisse rythmer par le souffle

-

L'événement du Ich - ce "je" que, à travers Adami, Derrida expose comme un autre -, c'est que le sans-voix troue son écriture

-

Après la fin du savoir absolu, il reste à faire résonner la voix pour suppléer l'éclat de la présence

-

Pour Dieu seul, la franchise de l'expression est du côté de la parole vive

-

Si Dieu est une voix, elle me parle pour ne rien dire

-

Comme la voix, la nature et le souffle sont réglés sur un modèle onto-théologique : expérience de la présence continue à soi qui n'est accordée qu'à Dieu

-

Le juif pleure la voix perdue en larmes noires comme trace d'encre

-

Et Derrida s'exclama : "Mais je n'ai jamais rien dit contre la voix!"

-

Au fond de moi, je suis plus que tout autre un métaphysicien de la présence : je ne désire rien de plus que la présence, la voix, toutes ces choses auxquelles je m'en suis pris

-

Jacques Derrida réactive indéfiniment l'effet de circoncision : il mêle sa voix à celles des quatre rabbins du Pardès

     


Recherche dans les pages d'Idixa par FreeFind

   

Recherche dans les pages indexées d'Idixa par Google

Recherche dans les pages indexées d'Idixa par Exalead
   
 
     
 
                               
Création : Qylal

 

 
Idixa

Marque déposée

INPI 07 3 547 007

 

Derrida
DerridaVoix

AA.BBB

DerridaCheminements

BG.HIK

VoixCheminements

XA.HHG

AB_DerridaVoix

Rang = zQuois_Voi