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Le récit de l'Orloeuvre

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de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, la parole                     Derrida, la parole
Sources (*) : Les mots de Jacques Derrida               Les mots de Jacques Derrida  
Pierre Delayin - "Les mots de Jacques Derrida", Ed : Idixa, 2004-2009, Page créée le 25 novembre 2005

[Derrida, la parole]

Autres renvois :
   

Derrida, la voix

   

Derrida, s'entendre parler

   
                 
                       

Dans un premier temps, la parole se distingue à peine de la voix. C'est la parole vive qui s'entend au présent, sur le mode de l'expression husserlienne : une profération d'un sens déjà constitué dans le logos. Elle s'organise dans un système phonétique, un discours porteur de vérité, structuré par le logocentrisme. Elle unit en une spiritualité la vie et l'idéalité. A travers la parole comme à travers toute langue, c'est l'être qui parle.

Mais il y a un deuxième temps, car la parole ne se donne jamais comme pure présence. Dès le départ, elle est infectée par une autre écriture (l'archi-écriture), irréductible à l'écriture phonétique. Elle garde la trace d'une violence originaire, d'une altérité absolue, de la différance par laquelle il faut passer pour parler. Nécessairement datée, elle renvoie à d'autres dates. Un supplément la travaille du dedans et l'affecte du dehors. Une structure de promesse, de désir ou d'attente la traverse; sans elle, on ne pourrait pas dire la différence sexuelle.

Telle est l'aporie de la parole, qui la déconstruit comme acte et comme vérité. Son salut, elle l'adresse au tout-autre.

La parole se donne à entendre à travers le visible. Comme l'image, elle présente un "lui-même là", ici et maintenant, mais comme l'image, son passé est irreprésentable.

La parole résiste à l'immédiateté. Elle est transmise par des tiers ou des intercesseurs (rabbins ou pas) qui la circoncisent et l'ouvrent à l'altérité. Pour Dieu seul, sa franchise serait totale.

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Propositions

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[Derrida : L'essence de la parole est que le sujet parlant s'entend au présent]

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La trace, différance ou écriture en général, est la racine commune de la parole et de l'écriture

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La parole garde la trace du geste de crise, de violence originaire qui renferme la folie et en libère l'excès

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L'altérité absolue de l'écriture altère du dehors, en son dedans, la parole vive

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L'écriture infecte la parole vive

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Pour Husserl, l'expression est une profération qui s'épuise dans l'acte improductif de porter au-dehors un sens déjà constitué à l'intérieur

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Pour Dieu seul, la franchise de l'expression est du côté de la parole vive

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La vérité qui se parle dans le cercle logocentrique, c'est le discours de ce qui revient au père

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Dans le système de la parole et de l'écriture linéaire, la phonè commande la main, oriente l'oeil et donne à voir la voix

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La "phonè" est la parole vivante, la spiritualité du souffle, en tant qu'elle unit la vie et l'idéalité

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Une structure immanente de promesse ou de désir, une attente sans horizon d'attente, informe toute parole

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La messianicité est l'ouverture structurelle de la parole : dépouillée de tout, elle adresse son salut au tout-autre

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L'être / parle / partout et toujours / à travers / toute / langue

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Une parole est toujours datée

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La mort travaille le dedans de la parole comme sa trace, sa réserve, sa différance intérieure et extérieure, son supplément

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La différance est le détour par la langue par lequel je dois passer pour parler

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Dans l'événement aporétique, la parole s'affecte du dehors, sa valeur d'acte et de vérité se déconstruit

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Image et parole sont de même essence, celle d'une quasi-présentation d'un "lui-même là" du monde dont le passé est irreprésentable

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Toute parole ne se donne à entendre qu'à travers le visible

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Tout récit fabuleux raconte la différence sexuelle / Il n'y a pas de parole qui ne traduise quelque chose comme cette fabuleuse différence sexuelle

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Pour que les racines parlent, il faut qu'elles soient blessées

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Un rabbin est un sage investi du droit de circoncire la parole

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