| Nous vivons dans le langage, c'est-à-dire dans la parole, les mots, dans la présence consciente de la voix qui fonde le privilège de l'être et entretient l'angoisse et la peur de l'autre.
Le langage n'est pas indéconstructible, car il est d'abord écriture. Il porte des indices, c'est-à-dire une part de non-présence. L'origine de la différence qui habite en lui peut être pensée. On accède alors au point fictif de la différance, par laquelle il se constitue historiquement.
L'articulation du langage institue la différence et le pouvoir de substitution (supplémentarité). Le logocentrisme va plus loin : il structure tout comme un langage. C'est la fonction de l'écriture phonétique (phonocentrisme) : ordonner en un tout la prononciation, la langue et le discours. Une telle unité, si elle était tenable, permettrait au langage de garantir la normalité (par exemple dans le domaine sexuel).
Est-il possible de déborder le langage? Oui répond Derrida (puisqu'il n'est pas irréductible). Dans certains domaines, comme le dessin ou la peinture, ou à certaines époques comme la nôtre. |