| Avant même de la dire, pour témoigner d'une vérité, pour en attester, il faut invoquer un dieu, même absent. Cela vaut pour la religion comme pour la raison.
Seul un dieu pourrait être totalement présent, avec une parole totalement vive. Mais justement, le silence a interrompu sa voix. S'il parle, c'est pour ne rien dire. Sa face est dissimulée. On ne peut que l'interroger. Il ne répond pas autrement que par la violence du vide. Il n'appartiendra jamais à aucun livre.
Dans la langue courante, le nom de Dieu [le tétragramme] est indicible. Il faudrait une autre langue, une autre syntaxe, d'autres noms (qui peut-être ne nommeraient pas Dieu) pour le réinventer en déjouant toute réappropriation.
Chaque expérience de ce qui se retire - par exemple le trait du dessin - est un dieu invisible (conception qui peut être rapprochée de celle de la Cabale). |