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Le récit de l'Orloeuvre

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de Jacques Derrida

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Derrida, l'écriture                     Derrida, l'écriture
Source (livre) : Les mots de Jacques Derrida               Les mots de Jacques Derrida
Pierre Delayin - "Les mots de Jacques Derrida", Ed : Idixa, 2004-2009, Page créée le 5 septembre 2005

[Derrida, écriture et archi-écriture]

Autres renvois :
   

Derrida, la marque

   

La lettre produit toujours plus

   

Derrida, la lettre

Derrida, le texte

                 
                       

Il y a pour Derrida non pas une écriture, mais deux. L'écriture phonétique, alphabétique, est indissolublement liée à la voix, à la parole, au sujet et au logos; tandis que l'écriture proprement dite ou archi-écriture, celle de la différance, est une force de dislocation du phonocentrisme et du logocentrisme, une différence pure, une différence redoutable. Entre les deux, entre le discours et l'autre texte, il n'y a ni médiation, ni dialectique, ni réconciliation. Pourtant, les deux textes ont une racine commune (la trace). On ne peut pas les décrire successivement car ils communiquent entre eux et coexistent depuis toujours dans la pensée occidentale.

L'écriture ne commence pas, nous y sommes toujours déjà assignés, et elle ne finit pas non plus, malgré la clôture de la métaphysique.

L'archi-écriture est à l'oeuvre dès l'origine du sens. Quand s'inscrit le nom propre, l'unique, il y a violence. Une énergie fait disparaître le "propre". Le graphein (trait) se retire au profit du graphème, unité de base de tout système, qui peut se léguer ou se transmettre. Le jeu de la différence classificatoire peut commencer.

L'archi-écriture n'a pas de lieu. Ce n'est pas un objet. Elle n'est ni présente, ni situable. Elle n'a pas d'essence. C'est un mouvement comparable au jeu. Un concept s'y rapporte : le gramme, qui est imprenable et irréductible.

L'écriture alphabétique ou phonétique s'est imposée car elle est liée à l'auto-affection de la voix, supposée vivante. Elle porte l'autorité de cette voix, qui se retrouve dans l'écriture manuscrite. Par elle, la vérité s'ordonne, conformément à la loi et à la logique. Elle produit le fils et le système hiérarchique dans lequel s'inscrit l'histoire.

Dès l'origine, l'écriture est une machine, une technologie. C'est une marque qui ne s'arrête sur aucun signifié. Elle ne peut se penser qu'au-delà du bien et du mal, hors de toute éthique. Orpheline, elle se poursuit sans l'assistance d'une parole. Anonyme, affranchie des hiérarchies, parricide, elle est l'errance même. En elle se greffent toutes les citations. Elle écarte la référence.

Associés à l'écriture, les pouvoirs effacent le sujet. En proie à l'inquiétude généalogique, celui-ci voit son identité disloquée. Il devient absent, inconscient, incapable de penser le processus. Son moi est réduit à une survivance. Les signes fonctionnent même en son absence. Sa place est prise par un autre.

L'écriture ne s'intègre pas à l'espace continu et homogène de la voix. Elle rature la présence. Elle y supplée. Elle la brise. Quand elle imite, elle remplace. Ni elle ni le langage qui, lui aussi, est d'abord écriture, ne seront jamais la simple peinture de la voix : ils s'y ajoutent (supplément). Ils sont en excès. On ne peut jamais considérer l'écriture comme une simple modification de la présence.

Le texte plonge ses racines dans l'écriture, mais sa généalogie est inaccessible. La face du père se retire. La parole vive disparaît. Ce qui reste de la voix est altéré, affecté, infecté par l'écrit. C'est pourquoi Jean-Jacques Rousseau considérait l'écriture comme malfaisante.

Un premier livre mythique s'écrit, qui renvoie à l'idée d'une totalité signifiante, fermée. Mais c'est un leurre. L'énergie destructrice qui vaut pour l'écriture vaut pour tout langage, tout système de signes, voire toute expérience. La turbulence est générale.

Avec la fin de l'écriture linéaire, quand la méditation s'éloigne de l'homme, de la raison et de la science, quand l'écriture déborde le langage, la parole s'étend au-delà de la présence du sujet, l'origine se répète et se dérobe à la répétition. On revient toujours au livre, mais dans l'errance. C'est une écriture générale qui se déploie. La crise du logos déconstruit les significations, y compris celle de vérité. La science de l'écriture (grammatologie) qui se met en place contribue, comme l'image produite par les télé-technologies, à en finir avec la domination de l'écriture alphabétique. Le livre devient aphoristique.

L'écriture de Jacques Derrida est tout cela à la fois. C'est une auto-chirurgie qui peut être comparée à une circoncision, une fine lame qui le circoncit et le conduit à l'Eden.

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Propositions

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L'écriture ne commence pas : au contraire, à partir d'elle on met en question la requête d'un commencement absolu (archie)

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L'archi-écriture, mouvement de la différance, est la différence en ce qu'elle a de plus redoutable

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Une archi-écriture de la trace est à l'oeuvre à l'origine du sens

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L'écriture alphabétique s'est imposée car elle est liée à l'événement de la voix dans une auto-affection supposée vivante

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Penser l'unique dans le système, l'y inscrire, tel est le geste de l'archi-écriture

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Ecriture et archi-écriture sont deux concepts différents, mais qui communiquent nécessairement entre eux

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Il y a dans la tradition occidentale deux écritures : logocentrique et disséminatrice

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Un schème domine la philosophe occidentale : une bonne écriture (naturelle) opposée à une mauvaise (artificieuse) ne peut être désignée que dans la métaphore de la mauvaise

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Le graphème, venu en second, surgit comme origine pour rendre possible le logos

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L'écriture est l'impossibilité pour une chaîne de s'arrêter sur un signifié

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Dans sa généralité, l'écriture est assujettie à la loi de l'hymen : écarter la référence

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L'écriture, en laquelle rien ne réside, est l'errance même

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L'archi-écriture n'a pas de lieu, ni ailleurs, ni comme objet

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L'écriture et le supplément ne peuvent se penser qu'au-delà du bien et du mal, en annulant la qualification éthique

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La trace, différance ou écriture en général, est la racine commune de la parole et de l'écriture

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La possibilité du gramme, concept irréductible et imprenable, structure le mouvement de l'histoire humaine

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Ecrire veut dire greffer : incisions violentes de citations dans le texte, qui en contaminent le contenu

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Ecrire un livre est une auto-circoncision, une auto-chirurgie

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Le "graphein" (archi-écriture) est effacement originaire du nom propre, oblitération du propre qui se produit dès le premier matin du langage

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L'écriture rature la présence du propre dans la parole

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Le mouvement de la différance qui ouvre l'écriture est un retrait de la face du père

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Le jeu et l'écriture n'ayant pas d'essence, ils vont sans cesse disparaissant

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[Derrida : Un retrait du trait est à l'origine du dessin comme de l'écriture]

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L'accès à l'écriture est la constitution d'un sujet libre dans le mouvement violent de son propre effacement

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En dénonçant le retrait de la main qui s'opère avec la machine à écrire, Heidegger dénonce l'essence même du geste d'écrire et de l'écriture

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L'écriture, s'abritant dans la crypte où s'oublie la mémoire vivante, abandonne son fantôme à la logique

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Tout graphème est d'essence testamentaire

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L'inscription produit le fils; en même temps, elle constitue la structuralité du logos et l'entame

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La genèse de l'écriture a été presque partout liée à l'inquiétude généalogique

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La spécificité de l'écriture (graphein) est l'absence du père : elle est une orpheline qu'aucune assistance ne vient prendre en charge

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Le verbe "suppléer" définit l'acte d'écrire

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L'écriture est le supplément par excellence puisqu'elle marque le point de redoublement initial où le supplément se donne comme supplément de supplément

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Un tant qu'écriture, le "pharmakon" est un excès, une sortie hors de la série des oppositions; mais il est aussi l'étrange différence qui rend possible la sérialité

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L'écriture infecte la parole vive

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L'écriture, comme son dieu Thot, imite ce qu'elle remplace

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La fonction du dieu égyptien de l'écriture, Thot, est la dislocation subversive de l'identité, à commencer par celle du principe théologique

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Une écriture est une marque déchiffrable par un autre : elle est constituée par son itérabilité

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L'altérité absolue de l'écriture altère du dehors, en son dedans, la parole vive

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L'écriture est le nom courant de signes qui fonctionnent malgré l'absence totale de sujet, par (delà) sa mort

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L'archi-écriture ne pourra jamais être pensée sous la catégorie du sujet

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Dans l'écriture, la place du sujet est prise par un autre, elle est dérobée

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L'écriture phonétique est un autre nom de la constitution des sujets, au-delà de la portée naturelle de la voix

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En étendant, malgré l'absence du sujet, la portée de la voix et du geste, l'écriture brise l'homogénéité de l'espace vocal

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L'archi-écriture, qui est espacement, c'est-à-dire devenir-absent et devenir-inconscient du sujet, ne peut pas se donner dans l'expérience d'une présence

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La différance comme écriture ne saurait (être) une modification de la présence

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L'écriture alphabétique saisit la voix ou la langue dans l'événement singulier d'une phrase

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L'écriture énerve la voix

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Dans le système de la parole et de l'écriture linéaire, la phonè commande la main, oriente l'oeil et donne à voir la voix

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L'écriture ne sera jamais la simple peinture de la voix

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Le langage est d'abord écriture

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La rupture de l'horizon de sens qui vaut pour l'écriture vaut aussi pour tous les langages et tous les ordres de signes, et aussi pour toute expérience

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L'écriture phonétique a pour principe fonctionnel de répondre à l'exigence de système interne de la langue, que des forces extérieures ne cessent d'altérer

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Un texte est un système de racines dont la généalogie lui est interdite

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A l'origine du graphein (écriture ou dessin), il s'agit d'observer la loi, d'ordonner la vérité à la dette par la grâce du trait

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L'écriture est parricide, hors-la-loi, elle est un fils orphelin qui s'expose à la perte

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Le leurre dont a vécu le premier livre est un centre où disparaît la parole vive, qu'on peut invoquer mais non répéter

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L'idée du livre, qui renvoie à une totalité signifiante, est profondément étrangère à l'énergie aphoristique et destructrice de l'écriture

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La forme du livre est désormais soumise à une turbulence générale : en l'interrogeant pratiquement, le procès d'écriture doit aussi la démonter

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Entre la clôture du livre et l'ouverture du texte, un mouvement d'errance répète l'époque du livre et donne à penser son retour

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La fin de l'écriture linéaire est bien la fin du livre

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Toute écriture est aphoristique

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Ce qui se donne aujourd'hui à penser - une méditation de l'écriture qui passe l'homme, la raison, la science - ne peut s'écrire selon la ligne et le livre

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L'écriture alphabétique est finie, terminée, débordée par l'expérience actuelle de l'image

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L'au-delà de la clôture du livre est dans un "trois" qui répète et se dérobe à la répétition

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La communication n'est pas l'échange immédiat et transparent des intentions et de la parole, mais le puissant déploiement historique d'une écriture générale

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L'écriture est déjà une télétechnologie, avec ce que cela comporte d'exappropriation originelle

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Notre époque est celle où l'écriture déborde le langage, efface ses limites et excède la parole

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L'irruption de l'écriture non-phonétique est une crise du logos

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L'émergence d'une écriture non phonétique inaugure la déconstruction de toutes les significations du logos, dont celle de vérité

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La dislocation du logocentrisme se présente aujourd'hui comme telle, libérant le projet d'une science de l'écriture (grammatologie) elle-même prise dans cette dislocation

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L'extension de la parole au-delà de la présence du sujet parlant contribue, avec d'autres pratiques scientifiques ou artistiques, à restreindre la place de l'écriture phonétique

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L'écriture est un intense rapport à la survivance, non par désir que quelque chose reste après moi, mais par jouissance ici et maintenant de la vérité du monde en l'absence radicale de moi

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Pour Rousseau, le signe, comme l'écriture, est un supplément, une négativité, un mal qui supplée à la nature innocente et bonne

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L'espace de la phonè ne s'est imposé comme habitat que lorsque l'écriture linéaire est devenue possible au croisement du social, du technique, du religieux, de l'économique, ...

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Le pouvoir de l'écriture est lié à la différance politique : hiérarchisation, structuration économico-sociale, délégation de l'autorité

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Entre une circoncision qui élève, enveloppe, pétrifie et l'aveugle poussée - corps étrangers, jouissance et envie -, il faut passer la fine lame d'un couteau d'écriture

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Dans ce qui est écrit, manque ma voix et je crois en elle, - J'entends la voix créatrice, non la voix complice qui est une servante

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L'écriture et la différence, par Jacques Derrida (1967) [EED]

Jacques Derrida à Ris-Orangis en 2004

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