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Derrida, le texte                     Derrida, le texte
Les mots de Jacques Derrida               Les mots de Jacques Derrida  

Page créée par le scripteur le 4 octobre 2005.

[Derrida, le texte]

Autres renvois :
     

Derrida, écriture et archi-écriture

     

Le livre

     
 
                   
                         

La matière première du travail de Jacques Derrida est le texte, ou plus exactement du texte, car il y a au moins deux textes (comme il y a deux écritures) : celui de la métaphysique, qui est clos (car toute trace est scellée dans des systèmes d'oppositions) et l'autre texte, imprévisible, irréductible et inouï, qui appelle notre tâche et invite à l'errance. Les deux textes coexistent chez Derrida selon une structure de double marque, ce qui n'exclut pas le troisième ou le quatrième texte.

Au départ, du texte se déclenche. Plié sur lui-même, infecté par des citations, incisé par des greffes, il est déjà dédoublé. Il s'étend dans un espace d'écriture fait de restes et d'effets de cadre. Sa généalogie est interdite.

Postulat derridéen : il n'y a pas de hors-texte. Malgré son affinité avec la Cabale, c'est un postulat de la modernité : rien ne précède le texte, ni préface ni titre. En se transformant, il suspend tout commandement, tout bord et tout cadre. Il affirme le dehors. Le réel y fait irruption.

Nous travaillons sur le texte courant (philosophique, pictural ou autre) en tant qu'il en appelle à un autre texte dont on peut affirmer la trace, ne serait-ce que dans un rire. Cette opération ne modifie pas le texte, elle le laisse intact, mais opère sur lui un travail de déconstruction, de réception, de résonance.

Le discours est la représentation vivante de ce texte.

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Propositions

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Le commencement est un déclenchement de texte, où la présence n'est jamais présente

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Il n'y a pas de hors-texte

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La pensée n'est à personne car, depuis le commencement, le texte est citation

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Ecrire veut dire greffer : incisions violentes de citations dans le texte, qui en contaminent le contenu

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Un texte est un système de racines dont la généalogie lui est interdite

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Dans une conception moderne du texte et de l'écriture, rien ne précède le texte

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La textualité intervient dès la première trace, qui déjà se marque de duplication, d'écho, de miroir

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Il y a deux textes - le texte courant et l'autre texte, comme il y a deux écritures

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La déconstruction a une structure de double marque (double lecture, double écriture et double science) : l'une intérieure au logocentrisme (système d'oppositions), l'autre extérieure

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La tâche urgente, c'est d'inscrire une trace dans le texte tout en faisant signe vers un autre texte

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L'une des thèses inscrites dans la dissémination est l'impossibilité de réduire un texte comme tel à ses effets de sens, de contenu ou de thème

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[Derrida, le quatre, le texte quatrième (hors-livre)]

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Un titre borde et cadre un texte : sa voix commande de haut, elle assourdit et suspend

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Rien ne saurait intituler un texte

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Le système du signifiant entretient un effet de cadre, une logique du quart exclu où se dérobe la restance du texte

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L'événement mallarméen décrit la structure même du texte : son contenu n'est autre que l'espace de l'écriture

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Avancer qu'il n'y a pas de hors-texte, ce n'est pas postuler l'identité à soi du texte, c'est observer que le texte, par la transformation de son concept, affirme le dehors

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Par une extension réglée du concept de texte, la dissémination inscrit une autre loi des effets de référence : dans le texte, le réel sort de son trou

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Les livres de Derrida mettent en question l'unité du livre, par une opération textuelle qui se consume dans la lecture d'autres textes

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La déconstruction d'un texte littéraire n'est pas une traduction, mais un geste qui laisse sonner, résonner, le texte de l'auteur

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Pour laisser intact le texte qu'il commente, le déconstructeur doit signer son commentaire

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Entre la clôture du livre et l'ouverture du texte, un mouvement d'errance répète l'époque du livre et donne à penser son retour

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Nous appelons discours la représentation actuelle, vivante, consciente d'un texte dans l'expérience de ceux qui l'écrivent ou le lisent

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Dans le texte sans voix de la métaphysique, la trace est scellée, innommable; on ne peut que l'affirmer dans un certain rire, partout et toujours

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Le texte philosophique fonctionne comme une machine d'écriture dans laquelle des propositions typées et enchaînées représentent l'intention de l'auteur

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La peinture de Valerio Adami est, comme le travail de Jacques Derrida, un texte

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La différance de Derrida suppose une réception de texte(s) comparable à celle de la Cabale

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La Cabale fusionne l'auteur (Dieu) et le livre (la tora), tandis que Derrida résorbe l'auteur dans le texte, lui conférant son infinité

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La déconstruction derridienne résulte de la sécularisation des théories de la Cabale sur le texte

     


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