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Le récit de l'Orloeuvre

TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

 DERRIDEX

Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, le texte                     Derrida, le texte
Sources (*) : Les mots de Jacques Derrida               Les mots de Jacques Derrida  
Pierre Delayin - "Les mots de Jacques Derrida", Ed : Idixa, 2004-2009, Page créée le 4 octobre 2005

[Derrida, le texte - il n'y a pas de hors-texte]

Autres renvois :
   

Derrida, écriture et archi-écriture

   

Le livre

   
                 
                       

La matière première du travail de Jacques Derrida est le texte, ou plus exactement du texte, car il y a au moins deux textes (comme il y a deux écritures) : celui de la métaphysique, qui est clos (car toute trace est scellée dans des systèmes d'oppositions) et l'autre texte, imprévisible, dont la texture est irréductible et inouïe, qui appelle notre tâche et invite à l'errance. Les deux textes coexistent selon une structure de double marque, ce qui n'exclut pas le troisième ou le quatrième texte.

Au départ, du texte se déclenche. Plié sur lui-même, infecté par des citations, incisé par des greffes, il est déjà dédoublé. Il s'étend dans un espace d'écriture fait de restes et d'effets de cadre. Sa généalogie est interdite.

Postulat derridéen : il n'y a pas de hors-texte. C'est un postulat de la modernité qui met en question le privilège du discours. Même si, conventionnellement, on continue à donner au texte un nom propre (son titre), bien qu'on continue à écrire des préfaces [et Derrida lui-même en a écrit un certain nombre], rien ne précède le texte, rien ne l'intitule. En se transformant, il suspend tout commandement, tout bord et tout cadre. Aucun rassemblement n'est possible de l'intérieur. Il affirme son dehors. De l'extérieur, rien ne le borde, tout y est trace. Le réel y fait irruption.

L'auteur-Derrida se résorbe dans le texte, il s'y efface, il en fait un talith qui lui colle à même la peau - mais un talith fini qui doit s'accomoder d'un texte infini.

Nous travaillons sur le texte courant (philosophique, pictural ou autre) en tant qu'il en appelle à un autre texte dont on peut affirmer la trace, ne serait-ce que dans un rire. Cette opération ne modifie pas le texte, elle le laisse intact, mais opère sur lui un travail de déconstruction, de réception, de résonance.

Le discours est la représentation vivante de ce texte.

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Propositions

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Le commencement est un déclenchement de texte, où la présence n'est jamais présente

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La texture du texte est irréductible

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Il n'y a ni hors-texte, ni signifié transcendantal

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Rien ne borde de l'extérieur l'expérience de la trace : tout est trace, il n'y a ni limite au renvoi, ni hors-texte

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La pensée n'est à personne car, depuis le commencement, le texte est citation

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Ecrire veut dire greffer : incisions violentes de citations dans le texte, qui en contaminent le contenu

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Un texte est un système de racines dont la généalogie lui est interdite

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Dans une conception moderne du texte et de l'écriture, rien ne précède le texte

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La textualité intervient dès la première trace, qui déjà se marque de duplication, d'écho, de miroir

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Il y a deux textes - le texte courant et l'autre texte, comme il y a deux écritures

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La déconstruction a une structure de double marque (double lecture, double écriture et double science) : l'une intérieure au logocentrisme (système d'oppositions), l'autre extérieure

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La tâche urgente, c'est d'inscrire une trace dans le texte tout en faisant signe vers un autre texte

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L'une des thèses inscrites dans la dissémination est l'impossibilité de réduire un texte comme tel à ses effets de sens, de contenu ou de thème

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La loi de la promesse est la loi du texte : la disjonction, qui interdit le rassemblement de l'être dans la présence

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[Derrida, le quatre, le texte quatrième (hors-livre)]

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Un titre est le nom propre d'une oeuvre ou d'un texte qui, en étant dedans et dehors, garantit conventionnellement son identité

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Un titre borde et cadre un texte : sa voix commande de haut, elle assourdit et suspend

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Rien ne saurait intituler un texte

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Le système du signifiant entretient un effet de cadre, une logique du quart exclu où se dérobe la restance du texte

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L'événement mallarméen décrit la structure même du texte : son contenu n'est autre que l'espace de l'écriture

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Avancer qu'il n'y a pas de hors-texte, ce n'est pas postuler l'identité à soi du texte, c'est observer que le texte, par la transformation de son concept, affirme le dehors

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Par une extension réglée du concept de texte, la dissémination inscrit une autre loi des effets de référence : dans le texte, le réel sort de son trou

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Les livres de Derrida mettent en question l'unité du livre, par une opération textuelle qui se consume dans la lecture d'autres textes

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La déconstruction d'un texte littéraire n'est pas une traduction, mais un geste qui laisse sonner, résonner, le texte de l'auteur

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Pour laisser intact le texte qu'il commente, le déconstructeur doit signer son commentaire

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Entre la clôture du livre et l'ouverture du texte, un mouvement d'errance répète l'époque du livre et donne à penser son retour

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Nous appelons discours la représentation actuelle, vivante, consciente d'un texte dans l'expérience de ceux qui l'écrivent ou le lisent

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Dans le texte sans voix de la métaphysique, la trace est scellée, innommable; on ne peut que l'affirmer dans un certain rire, partout et toujours

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Le texte philosophique fonctionne comme une machine d'écriture dans laquelle des propositions typées et enchaînées représentent l'intention de l'auteur

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La peinture de Valerio Adami est, comme le travail de Jacques Derrida, un texte

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[Jacques Derrida fait don d'une écriture poétique qui fait du texte signé un talith]

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La différance de Derrida suppose une réception de texte(s) comparable à celle de la Cabale

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La Cabale fusionne l'auteur (Dieu) et le livre (la tora), tandis que Derrida résorbe l'auteur dans le texte, lui conférant son infinité

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La déconstruction derridienne résulte de la sécularisation des théories de la Cabale sur le texte

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