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Derrida, sa Cabale cachée                     Derrida, sa Cabale cachée
Source (livre) : Derrida, le texte               Derrida, le texte
Jacques Derrida - "La Dissémination", Ed : Seuil, 1972, p367 Derrida, le commencement

Le commencement est un déclenchement de texte, où la présence n'est jamais présente

Derrida, le commencement
     
     
     
  Derrida, la présence Derrida, la présence    
                   
                         

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Derrida met en avant ce mot, déclenchement, dès le début de son interprétation du texte de Philippe Sollers Nombres (p352). Ce qui "arrête ou laisse se produire le mouvement d'une machine" est une action d'ouverture : "lever la clenche d'une porte pour l'ouvrir", dit le Littré. Et ce mot, populairement, veut aussi dire parler : "Il est resté une heure sans déclencher". On a tous les ingrédients d'une théorie du commencement.

Pour qu'il y ait déclenchement, il faut qu'il y ait coupure (ou castration). Le présent se divise, il se rapporte à soi, se plie dans un angle, comme un hymen. Sa forme est celle du daleth hébraïque, qui est à la fois un angle et une porte. Dans le jeu de cette coupure, le discours est déclenché, la parole entre en scène : elle se dit au présent (le quatrième temps du rythme imposé par Sollers à son texte), bien que le présent ne soit jamais présent à lui-même, malgré les illusions du vécu ou de la forme.

L'article s'ouvre sur le mot déclenchement, pris en un sens qui rappelle la théorie du commencement chez les fondateurs de la Cabale, telle que décrite par Scholem (que probablement, selon Moshé Idel, Derrida avait lu).

Entre le type de lecture induit par Sollers dans Nombres, dont Derrida souligne la dimension machinique, et la mise en oeuvre du tserouf par Aboulafia, il y a une analogie. Même si le texte de Philippe Sollers n'est pas un tserouf, Derrida le lit comme tel. "Nul n'entrera dans ces lieux s'il a peur des machines" (p354).

Ne craignons pas la logique disséminante de l'écriture (semble dire Derrida), c'est elle qui conduit à la dissémination. Cette logique n'est autre que celle de la Cabale juive. La présence qui n'est jamais présente porte un nom hébraïque : la chekhina.

     


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Derrida
MQiDerridaCabale

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