| Est présent ce qui est proche de moi, ce que je vois ou ce que j'entends. Le modèle en est la voix dans son usage courant. Elle met à l'abri mon vécu. En l'accueillant, j'ai accès à la vérité; je peux même en jouir.
La présence est évidente à elle-même. Elle est l'intuition de l'identité à soi sur laquelle repose la phénoménologie et la métaphysique.
Dans son essence, qui est de se répéter dans une autre présence, de l'altérer, la présence ouvre la structure de la représentation. Elle transforme l'extériorité en structure. Effet phallique, elle dédouble le présent dans un mouvement d'auto-affection du moi comparable à l'onanisme.
Dès le commencement, la présence n'est pas présente, elle relance la guerre des fondements. Si l'autre est présent, c'est comme spectre, au prix d'un détour.
Marquée par une impossibilité, la présence est habitée par le désir. Qu'est-ce qui me garantit une présence? Le "je" ne l'implique pas nécessairement. Je ne peux pas la vérifier.
Une totale présence à soi serait absolument silencieuse. Ce serait celle d'un dieu qui nous parlerait face à face. Comme la subjectivité absolue, elle est innommable pour moi. |