Projet
Derrida
Art
Auteurs cités
Scripteur

Mode d'emploi

     
     

TABLE des MATIERES :

Mode d'emploi des moteurs IDIXA.

                            NIVEAUX DE SENS :

 DERRIDEX

Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

   
Pour les titres annoncés dans l'index, voir la liste bibliographique.    
Derrida, la différance                     Derrida, la différance
Les mots de Jacques Derrida               Les mots de Jacques Derrida  

Page créée par le scripteur le 28 août 2005.

[Derrida, la différance]

Autres renvois :
     

Derrida, l'espacement, l'"entre"

     
     
 
                   
                         

La différance est l'un des concepts les plus connus de l'oeuvre de Derrida. Le mot avec son orthographe différante a été inventé au plus tard en 1963 et utilisé jusqu'à la fin. C'est plus qu'une marque de fabrique derridéenne : c'est le concept qui articule son travail à l'histoire de la philosophie et aux courants de l'époque, du structuralisme à Heidegger, sans jamais s'y inféoder.

La différance donne à penser, même si Derrida soutient qu'elle n'est pas un concept mais la possibilité même du concept. Elle est impensable, infinie, innommable. Elle est prise dans un réseau, une chaîne d'autres mots. Elle n'a jamais été inscrite dans aucune langue. Aucun mot ne peut la résumer. Elle n'est qu'une trace, mais aussi un mouvement actif, productif et conflictuel qui ouvre l'histoire, avec ses différenciations, ses codes, ses séries, son écriture.

Il n'y a pas d'origine, et pourtant, la différance, qui n'existe pas, est originaire. Elle l'est même absolument. Elle précède l'être. Elle est comme le gramme, plus vieille, plus élémentaire que la vérité. Ce type de paradoxe peut sembler facile. Il est au coeur du projet philosophique de Derrida : la différance ne diffère pas par son concept, mais par son acte (l'archi-écriture). Elle désigne un point d'origine fictif, une impureté ancrée dans des frayages inconscients, d'où proviennent les langues et la société, le logos, la connaissance, la philosophie et les livres.

La différance maintient les distances. La chaîne parlée n'est plus présente à elle-même. Elle devient espace, espacement.

La différance n'est pas une abstraction. Elle fracture, suspend la présence. Elle est gardée par la langue. Elle détermine une économie qui met en réserve, mais aussi en rapport avec l'altérité, avec l'irréductible de notre époque. Que la présence à soi soit toujours différée, nous met en rapport avec l'autre, le tout-autre. Nous l'accueillons. Il nous faut nous ouvrir à l'altérité absolue et à la dérive des signes. Nous sommes pris dans une logique du supplément, dangereuse mais enrichissant l'imagination.

Les exploits des télé-technologies, comme l'illusion du temps réel, ne sont que des effets de la différance.

La pensée de la différance invite-t-elle à un nouvel humanisme, à une autre définition du propre de l'homme? Refuser tout assujettissement à la présence induit-il une transcendance? Derrida se méfie de ces mots-là. La différance ne peut se penser qu'au-delà de la métaphysique. Elle détruit toute relève au sens hegelien. On ne peut pas l'arraisonner ni la réduire.

Comme la voix, la différance est prise dans un mouvement d'auto-affection. Pour parler, je dois faire un détour par une langue, entre Eros et Thanatos, entre le spectre et l'esprit.

Quand la différance ouvre l'écriture, la face du père se retire. Derrida la rapproche de sa propre circoncision, sans moi ni mémoire, dans un rapport à la mère plus qu'au père.

Il arrive que la différance émerge, qu'elle libère la parole. C'est un événement, un acte violent qui peut se produire dans l'écriture ou l'art, dans un simple doute, en un clin d'oeil ou dans l'urgence. A l'époque classique, le théatre la mettait en scène. A l'époque moderne, depuis Van Gogh, le cinéma ou la psychanalyse la favorisent. La machine peut y contribuer.

Il arrive aussi que la différance se fige ou s'efface, dans un souffle, une oeuvre ou une organisation hiérarchique, ou dans la fête populaire, comme l'espérait Jean-Jacques Rousseau. C'est une de ses règles de production : elle doit s'arrêter. Elle est prise dans un chiasme : entre la dissémination et la réappropriation.

Derrida écrit à partir de la trace écrite de l'autre voix, dans une réception analogue à celle de la Cabale.

--------------

Propositions

--------------

-

La différance est l'origine et le mouvement actif de toutes les différences

-

La différance n'est ni un mot, ni un concept : c'est un faisceau propre à penser le plus irréductible de notre époque

-

La différance n'est pas un concept, mais la possibilité de la conceptualité, le mouvement de jeu qui produit les différences

-

La différance est un mouvement productif et conflictuel, irréductiblement disséminant, qui inscrit les contradictions sans les relever

-

Le mot "différance" compense la déperdition de sens du mot "différence"

-

La différence est une structure originaire : l'ouverture de l'histoire, de l'historicité elle-même

-

La différance, concept économique désignant la production du "différer", est plus originaire que la différence ontico-ontologique

-

Le pharmakon est le milieu élémentaire, mixte, antérieur, impur, où se produit la différenciation

-

L'absolu originaire n'est présent qu'en se différant sans relâche

-

Un point de non-remplacement dans le système des significations est le point fictif d'origine des langues, de prohibition de l'inceste et de naissance de la société : la différance

-

La trace (pure) est la différance

-

La différance est innommable et son inscription impensable car sa trace s'efface elle-même; imperceptible, elle a disparu dans l'oubli

-

Il y a dans la pensée freudienne un mouvement de différance qui produit la trace en se protégeant d'un présent dangereux par la constitution d'une réserve

-

Le gramme, comme différance, est le concept le plus général de la sémiologie, qui devient grammatologie

-

Les concepts d'archi-trace et de différance ne sont ni freudiens ni heideggeriens

-

La différance précède la métaphysique mais aussi déborde la pensée de l'être, car c'est elle qui rend possible le sens de l'être (avec ses oppositions) et non l'inverse

-

La différance est un mouvement de production du sujet par auto-affection

-

La différence inouïe entre l'apparaissant et l'apparaître est la condition de toutes les autres différences

-

La différance n'est pas, n'existe pas

-

Le jeu de la trace, qui appartient à l'âge de la différance, est "plus vieux" que la vérité de l'être

-

L'archi-écriture, mouvement de la différance, est la différence en ce qu'elle a de plus redoutable

-

La différance nous donne à penser une écriture sans présence, sans absence, sans histoire, sans cause, sans archie, sans telos, dérangeant absolument toute ontologie

-

Point énigmatique, impensable de la différance : elle est à la fois détour économique dans l'élément du même et rapport au tout-autre, à l'impossibilité de la présence

-

Le livre est la dissimulation d'une écriture illisible encore plus vieille que le livre, porteuse d'une interrogation radicale : la différance

-

Le pharmakon (écriture) en tant qu'excès, sortie hors de la série des oppositions, est l'étrange différence qui rend possible la sérialité

-

La différance, furtive, s'insinue dans l'oeuvre par l'écriture, maintient les distances, empêche la présence à soi

-

Le mouvement de différance entre deux différences (avec un a et avec un e) n'appartient ni à la voix, ni à l'écriture au sens courant, et se tient entre les deux

-

L'opération de la voix est le mouvement de la différance

-

La différance est le détour par la langue par lequel je dois passer pour parler

-

La différance est le mouvement selon lequel la langue, ou tout code ou système de renvois, se constitue historiquement comme tissu de différences

-

La différance ne peut se penser comme telle qu'au-delà de la métaphysique

-

La différance est ce système de relais organiques qui sépare les forces et les dérive vers le signe et la parole articulée

-

[On ne peut arrêter le mouvement de sérialité différentielle des tableaux de chaussures de Van Gogh]

-

La différance est le concept ultra-transcendantal de la vie qui permet de penser la vie et qui n'a jamais été inscrit dans aucune langue

-

Penser la différance au-delà de la présence ouvre à l'expérience d'une dérive indéfinie des signes comme errance et changement de scènes

-

La langue garde la différance, qui est encore plus vieille que l'être lui-même

-

La différance supplémentaire est dangereuse, car liée à la mort

-

La différance est prise dans un réseau, un travail de tissage impossible à arrêter à travers une chaîne d'autres mots : gramme, réserve, trace, espacement, supplément, etc...

-

La différance est le devenir-espace de la chaîne parlée

-

Chez Rousseau, l'imagination est déterminée comme différance : faculté virtuelle la plus active, elle est en réserve dans la nature et la transgresse

-

Le mouvement de la différance qui ouvre l'écriture est un retrait de la face du père

-

Transcendante est la Différence : plus elle avance sur l'origine, plus elle annonce son au-delà, plus l'origine est toujours à-venir

-

Le jeu de la différance fait qu'aucun mot, aucun concept ne vient résumer et commander depuis un centre le mouvement et l'espacement textuel des différences

-

Tout ce qui se désigne comme "propre de l'homme" relève de la différance supplémentaire

-

Il faut penser la différance entre l'humanisme classique et le nouvel humanisme dans sa gestation, sa formation, le travail de son enfantement

-

La différance est l'économie qui met en rapport l'altérité radicale ou l'extériorité absolue avec le champ clos et hiérarchisant des oppositions différentielles

-

La différance est l'accueil de l'autre en-dedans

-

Avec la dissémination, le trois ne se donne plus comme idéalité, mais comme différance : le nom d'un des deux termes de l'altérité absolue

-

La différance rassure dans une économie, elle met en réserve

-

Dans la pharmacie, les pharmaka sont tenus en réserve pour la production de la différance

-

La singularité de l'événement, voilà la chose de la différance

-

J'ai du me porter moi-même lors de ma circoncision : c'est ce qui, pour qui sait lire, s'écrit dans la différance

-

Est présent ce qui se tient à l'abri de la différance

-

La différance comme écriture ne saurait (être) une modification de la présence

-

La différance est impureté d'origine; une différence pure ne serait que présence pleine, c'est-à-dire non-différence

-

Le mouvement qui introduit la différance et le langage fracture l'heureuse plénitude, la vivante présence à soi du propre qu'une fiction rousseauiste décrit comme jouissance

-

En pensant la différance et la supplémentarité sous le mode d'une anticipation téléologique et eschatologique, Rousseau voudrait les annoncer depuis l'horizon de leur effacement final

-

La consumation de l'hymen est fusion entre-deux, accomplissement de désir qui suspend les différences en inscrivant une différance sans présence

-

La différance est l'union d'Eros et de Thanatos

-

Entre le spectre et l'esprit passe la différance

-

Le manque est un terme métaphysique qui désigne la différance en tant qu'on ne peut pas l'arraisonner

-

Une voix sans différance est à la fois absolument vive et absolument morte

-

La fête où le peuple se donne en spectacle à lui-même efface la différance représentative

-

Derrida oppose la "différance" à ce qui prétend la détruire : le théatre d'Artaud

-

La différance s'arrête quand le jeu ambivalent qui produit des pharmaka semble se fixer en des termes opposés

-

On peut considérer la dissémination selon le chiasme : rester comme différance séminale / se laisser réapproprier dans la sublimité du père

-

En traversant l'être en vue de se dire et de s'entendre parler, le logos se diffère et se produit comme histoire

-

S'il y avait une définition de la différance, ce serait la limite, l'interruption, la destruction de la relève hegelienne partout où elle opère

-

La différence entre la structure mineure - nécessairement close - et la structuralité d'une ouverture, tel est peut-être le lieu insituable où la philosophie s'enracine

-

En son projet, l'acte philosophique se veut cartésien : une structure de différance qui, entre raison, folie et mort, libère violemment la parole

-

Dans la différance s'écrit l'excès absolu de l'hyperbole cartésienne : vouloir-dire le doute, dans un rapport réglé, malgré la terreur d'être fou

-

Par son absence, l'écrivain pratique l'écriture comme différance et économie de la mort, oubliant l'infiniment autre

-

Le pouvoir de l'écriture est lié à la différance politique : hiérarchisation, structuration économico-sociale, délégation de l'autorité

-

La différance infinie est finie

-

Le hegelianisme fait apparaître que l'infini positif doit être pensé pour que l'indéfinité de la différance apparaisse comme telle

-

Le souffle est le plus propre à effacer la différance articulatrice dans l'expression naturelle

-

Schibboleth est la marque chiffrée du pouvoir différentiel que nous partageons avec l'autre

-

Le clin d'oeil donne la structure de la différance, dans son excès et son défaut de signification

-

[Il y a oeuvre d'art quand la différance est impossible à arrêter]

-

Cinéma et psychanalyse témoignent d'une seule et même mutation : un détail ouvre la différance

-

Les machines électroniques procèdent de l'extériorisation de la trace qui élargit la différance et la possibilité de la mise en réserve

-

Seule la technique peut opérer l'"effet" de temps réel qui n'est qu'un effet particulier de différance

-

La salle de théatre, arrachée à soi par le jeu et les détours de la représentation, déchirée par la différance, multiplie en soi le dehors

-

Marx détermine la différance comme travail, pratique et retard à la réappropriation

-

La différance de Derrida suppose une réception de texte(s) comparable à celle de la Cabale

-

La différance relève d'une théologie négative irréductible à toute réappropriation ontologique, théologique ou philosophique

-

Si le pouvoir de différance devenait infini, la vie serait rendue à une présence éternelle : Dieu ou la mort

-

Entre la sagesse et le savoir, une différance irréductible induit une précipitation éthique : répondre aux urgences de la vie sans attendre les réponses de la science

-

Il faut passer par la question de l'être, telle qu'elle est posée par Heidegger et par lui seul, pour accéder à la pensée de la différance

-

Derrida a utilisé le terme "différance" dès 1963; il en élabore le concept entre 1959 et 1968

     


Recherche dans les pages d'Idixa par FreeFind

   

Recherche dans les pages indexées d'Idixa par Google

Recherche dans les pages indexées d'Idixa par Exalead
   
 
     
 
                               
Création : Qylal

 

 
Idixa

Marque déposée

INPI 07 3 547 007

 

Derrida
DerridaDifferance

AA.BBB

DerridaCheminements

CD.KOO

AA_DerridaDifferance

Rang = zQuois_Dif