Projet
Derrida
Art
Auteurs cités
Scripteur

Mode d'emploi

     
     

TABLE des MATIERES :

Mode d'emploi des moteurs IDIXA.

                            NIVEAUX DE SENS :

 DERRIDEX

Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

   
Pour les titres annoncés dans l'index, voir la liste bibliographique.    
Derrida, le supplément                     Derrida, le supplément
Les mots de Jacques Derrida               Les mots de Jacques Derrida  

Page créée par le scripteur le 23 octobre 2005.

[Derrida, le supplément]

Autres renvois :
     

L'humain est un être de supplément

     
     
 
                   
                         

Paraphrasant l'affirmation usuelle sur la perfectibilité de l'homme, Jacques Derrida soutient que celle-ci n'est possible que par la supplémentarité, ce qu'il appelle la différance supplémentaire, la faculté de substitution qui caractérise le langage humain et qui est capable de se supplémenter elle-même. C'est cette faculté qui définit l'acte d'écrire et qui rend possible la représentation. Antérieure au logos, elle est irréductible à tout système d'oppositions. Elle repose sur la répétition : le supplément est remplacé par son double, qui est un supplément de supplément. Il y a toujours plus d'Un, et plus de deux.

Entre la différance et le supplément, il y a articulation directe, presque identité. La différance est le mouvement qui produit le supplément; et le supplément, comme milieu élémentaire mais aussi comme excès, fait venir la différance. Le pharmakon (terme platonicien qui, selon Derrida, désigne le supplément) n'a aucune identité stable. Il est une réserve sans substance où se produit la différenciation. Il peut agir par la voix nue et même par la parole inarticulée, qui est déjà un supplément d'origine.

Ce supplément qui surgit du dehors, c'est aussi l'altérité dont la cité veut se purifier en sacrifiant un bouc émissaire, celle qui rend malade (allergie), ou encore l'autre qui nous persuade, nous séduit, que nous devons exorciser. C'est aussi le spectre : il y a toujours plus d'un spectre. Le logos est son inversion. Il est immaîtrisable et met en question toute transmission.

L'axiome de la dignité humaine suppose un principe supplémentaire, une transcendance par laquelle la vie vaut plus que la vie.

On peut définir l'art (poésie, dessin ou peinture) comme ce qui fait don d'une surabondance infinie, ou ce qu'on tente d'encadrer sans y parvenir, ou ce qui restitue une vision ou une audition perdue, ou ce qui vient en plus, exposant l'autre scène - la faisant exister.

Sur la scène contemporaine, une quatrième surface excède son propre milieu, poussant la mimesis au-delà de la vision.

Déjà, Rousseau caractérisait le signe comme un supplément, une figure du mal, figure dangereuse, artefact, menace d'altération désobéissant à la nature - comme le pharmakon grec. Il espérait réparer cette effraction. Mais sa propre imagination l'entraînait dans l'autre direction : le supplément de supplément, l'écriture étrangère à toute éthique. L'acte même d'écrire est suppléance.

Dans le cas de la science, le supplément n'est précédé d'aucune présence.

Quand la différance s'arrête, le supplément se fige en oppositions; mais son ambivalence menace toute stabilité et pureté intérieure. L'identification elle-même est supplémentaire.

La métaphysique occidentale tend à détruire violemment le supplément, dans la langue et dans la pensée. Au contraire Jacques Derrida annonce un autre Abraham, un autre appel qui surenchérit encore sur une altérité dont le prototype est la circoncision (moins = plus = autre).

--------------

Propositions

--------------

-

[Derrida, le supplément]

-

Le langage humain se distingue du langage animal par le pouvoir de substituer un organe à un autre, c'est-à-dire la faculté d'articulation ou de supplémentarité

-

La supplémentarité rend possible tout ce qui fait le propre de l'homme

-

Tout ce qui se désigne comme "propre de l'homme" relève de la différance supplémentaire

-

La dignité de l'homme, c'est que la vie ne vaut qu'à valoir plus qu'elle même : par le non-vivant qui l'excède et qu'elle reproduit mécaniquement (loi, dieu, transcendance)

-

Le pharmakon est le milieu élémentaire, mixte, antérieur, impur, où se produit la différenciation

-

Le pharmakon n'a ni identité idéale, ni essence stable, ni caractère propre

-

Le supplément n'entre dans aucune opposition, il n'est pas plus un signifiant qu'un signifié, une écriture qu'une parole

-

Même par la voix nue, sans organe ni instrument, le pharmakon agit

-

Il n'y a ni degré zéro ni origine simple, car le commencement est toujours déjà un supplément d'origine

-

Le verbe "suppléer" définit l'acte d'écrire

-

L'écriture est le supplément par excellence puisqu'elle marque le point de redoublement initial où le supplément se donne comme supplément de supplément

-

[Derrida : La représentation est un supplément originaire, qui supplée l'origine défaillante sans en être dérivé]

-

La structure du supplément implique qu'il puisse se faire remplacer par son double, et qu'un supplément de supplément soit possible et nécessaire

-

La mimesis s'apparente au "pharmakon"

-

Deux répétitions se substituent, s'ajoutent et se rapportent l'une à l'autre sans se dominer : le même et l'excès

-

Le pharmakon est ce qui, surgissant du dehors, force le vivant à avoir rapport à son autre, au risque d'un mal d'allergie

-

Pour renverser le pouvoir, l'ironie socratique précipite un "pharmakon" au contact d'un autre ou retourne sa surface

-

L'écriture et le supplément ne peuvent se penser qu'au-delà du bien et du mal, en annulant la qualification éthique

-

La différance supplémentaire est dangereuse, car liée à la mort

-

Il y a toujours plus d'un spectre

-

Dans la pharmacie, les pharmaka sont tenus en réserve pour la production de la différance

-

Le pharmakon (écriture) en tant qu'excès, sortie hors de la série des oppositions, est l'étrange différence qui rend possible la sérialité

-

Le pharmakon est un "bouc émissaire" nourri par la cité, puis sacrifié pour la purifier d'une infection après une crise

-

Une scène de famille met sans cesse en question la maîtrise des pharmaka qu'on devrait se transmettre de père légitime en fils bien né

-

Une oeuvre (ergon) est un "pharmakon" dont aucun père ne répond - comme l'écriture

-

En grec, "pharmakon" signifie la peinture dans le sens de couleur, teinte artificielle

-

La duplicité interne de la mimesis la divise vers deux points de fuite : soit la reproduction fidèle, soit le supplément qui fait exister un non-être

-

A l'origine de l'épistémé, du logos et de la soumission à la loi est l'inversion du pharmakon

-

On peut répondre à l'effraction du supplément soit en le réparant (Rousseau), soit en le répétant (Mallarmé)

-

La différance s'arrête quand le jeu ambivalent qui produit des pharmaka semble se fixer en des termes opposés

-

La quatrième surface appartient, comme le surnombre, au milieu qu'elle excède, donnant à voir sans être vue

-

L'auto-affection du moi est comparable à l'onanisme : altérer la présence en restituant une autre présence qui n'est que représentation, supplément, altération

-

L'identification est, comme l'attribution, de structure supplémentaire ou parergonale

-

Il y a plus d'Un, c'est-à-dire au moins deux, ce qui implique une alliance à plus de deux : n + Un

-

L'economimesis est une économie générale où la voix (la parole, la poésie ou l'art) donne sans recevoir d'autre salaire qu'une surabondance infinie

-

En tant que parergon (ornement), le cadre d'une oeuvre d'art est appelé comme un supplément depuis le manque de cela même qu'il vient encadrer

-

[Hypothèse de Jacques Derrida : dans le dessin ou dans la peinture, il s'agit de restituer la vue par suppléance, supplémentation ou substitution]

-

Le trait maintient ensemble le dessin en une quasi-complétude que la couleur, qui vient en plus, transgresse avec violence

-

Le "coup de musique" dans la peinture d'Adami expose l'autre scène qui vient en plus, par-dessus le marché, à l'envers du texte et de l'image

-

Toutes les langues héritières de la métaphysique occidentale ont sur le "pharmakon" un effet d'analyse qui le détruit violemment

-

Tous les concepts qui déterminent une non-supplémentarité (nature, animal, primitif, enfant, ...) n'ont aucune valeur de vérité

-

Dans l'écriture universelle de la science (algèbre), le supplément est à la source, il n'est précédé par aucune présence ni aucune voix

-

Dans la société logoarchique, l'analogie est la règle qui soumet le jugement à une loi de supplémentarité

-

Pour Rousseau, le signe, comme l'écriture, est un supplément, une négativité, un mal qui supplée à la nature innocente et bonne

-

Pour Rousseau, la pitié comme loi naturelle, originelle, inexorable, dont toute institution est le supplément et la suppléance, est portée par la voix

-

Circoncision, je n'ai jamais parlé que de ça : limites, marges, marques, clôture, anneau, alliance, don, sacrifice, écriture du corps, pharmakos, coupure, ...

-

Une surenchère hyperbolique gouverne le rapport du Juif non communautaire au judaïsme : "Moins tu es juif, plus tu l'es"

-

"Je pourrais, pour moi, penser un autre Abraham" - ou plus d'un Abraham

-

Qu'il y ait encore un autre Abraham, voilà la pensée la plus ultimement juive : plus juive, plus que juive, autrement juive, voire autre que juive

     


Recherche dans les pages d'Idixa par FreeFind

   

Recherche dans les pages indexées d'Idixa par Google

Recherche dans les pages indexées d'Idixa par Exalead
   
 
     
 
                               
Création : Qylal

 

 
Idixa

Marque déposée

INPI 07 3 547 007

 

Derrida
DerridaSupplement

AA.BBB

DerridaCheminements

DX.KLL

AB_DerridaSupplement

Rang = zQuois_Sup