| Comme Derrida le dit lui-même, la réserve est un concept déroutant. Il est rarement cité, peu utilisé, presque oublié. Qu'est-ce que la réserve? Un archi-phénomène. Un dépôt caché, dissimulé, virtuel, mais toujours actuel, une pharmacie étrange, labyrinthique, où se produit la différance.
Un supplément travaille la parole. Il peut être visible ou invisible. Par des frayages ou des machines, des secrets sont différés, mis en réserve, gardés dans un puits silencieux. Dans un même mouvement, la conscience et le logos sont effacés et rendus possibles. Ils laissent des traces : le gramme, un représentant, un signe. Ainsi se met en place une économie rassurante.
Mais des points de non-réserve dangereux, en excès, subsistent, comme chez Bataille. |