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Derrida, exappropriation                     Derrida, exappropriation
Les mots de Jacques Derrida               Les mots de Jacques Derrida  

Page créée par le scripteur le 30 juillet 2007.

[Derrida, le propre, l'exappropriation]

Autres renvois :
     

Derrida, auto-immunité

     
     
 
                   
                         

Tout existant (un sujet désirant, une conscience, un animal...) est porté par un double mouvement : d'un côté il tente de s'approprier l'extérieur; de l'autre, pour exister, il lui faut la persistance de cette extériorité. D'un côté, il entend son être comme son propre; de l'autre, ce propre est effacé dès l'origine (ou ce qui, comme Khôra, en tient lieu). On retrouve la logique de cette double loi paradoxale, ce double bind, dans l'auto-immunité ou l'autocirconcision derridéenne.

L'exappropriation conditionne l'écriture et l'archi-écriture, et aussi le sens, le désir et l'amour. Elle opère dans toute technologie. Pour transmettre, pour produire, pour dessiner, il faut accepter de perdre jusqu'à la trace de son geste. La différance est irréductible à toute réappropriation.

Cette structure paradoxale est le propre de l'homme. Il croit se réapproprier par le travail, la langue, la perfectibilité, la religion et sa passion de l'indemne, un quelconque remède (pharmakon) ou encore l'oeuvre d'art, ce tout-autre qui n'a aucune essence stable. Echouant toujours, il implore, il déplore, il pleure.

L'exappropriation peut être vécue comme une menace. On se réfugie alors chez soi, avec ses proches, dans des pratiques magiques. On cherche à s'immuniser, à conjurer la peur d'une infection. On développe des rites qui en prennent acte, comme la circoncision.

[A rapprocher d'une dialectique du retrait et de la réparation].

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Propositions

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"Il faut" un mouvement d'appropriation fini, une exappropriation : le "faillir" de ce "il faut" est l'existence même en général

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Un mouvement quasi-machinique d'exappropriation attache et arrache, selon une logique d'auto-immunité, à la religion, la famille, l'identité, l'ethos, le lieu, l'idiome, etc...

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Le "graphein" (archi-écriture) est effacement originaire du nom propre, oblitération du propre qui se produit dès le premier matin du langage

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La différance relève d'une théologie négative irréductible à toute réappropriation ontologique, théologique ou philosophique

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Le pharmakon n'a ni identité idéale, ni essence stable, ni caractère propre

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Avec la khôra, on est en un lieu où la loi du propre n'a plus aucun sens

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L'écriture est déjà une télétechnologie, avec ce que cela comporte d'exappropriation originelle

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L'exappropriation est la condition du sens, du désir, de l'amour, du deuil

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L'exappropriation, c'est que, pour transmettre, il faut se séparer du geste de laisser en son nom une trace

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L'indemne, c'est l'être dans sa propriété

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Si je veux être chez-moi, ici-maintenant, avec mes proches, c'est pour répondre à la menace d'expropriation dont les télé-technologies sont une forme

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L'indemne, le propre, n'est-ce pas la chose même de la religion?

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Ainsi s'entend l'être : son propre

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La supplémentarité rend possible tout ce qui fait le propre de l'homme

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L'art participe d'une economimesis : économie pure où le propre de l'homme se réfléchit dans sa productivité

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"Autofellocirconcision" serait le concept derridéen du "propre"

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L'essence de l'oeil est le propre de l'homme : dissocier les yeux de leur fonction organique afin de pleurer, implorer, déplorer

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La perfectibilité est le propre de l'homme, car elle ne s'épuise pas dans la présence

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Marx détermine la différance comme travail, pratique et retard à la réappropriation

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A la technoscience expropriatrice et délocalisatrice répondent deux figures : arrachement à toute identité et filiation propres; usage magique, archaïque de la machine et des artefacts

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Le trait du dessin se retire dans l'acte de tracer; dans ce qu'il sépare ou différencie, rien ne lui appartient, pas même sa propre trace

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Le corps propre est un lieu de circoncision : pour les lèvres (c'est-à-dire la langue), les oreilles et le coeur

     


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