Projet
Derrida
Art
Sources
Scripteur
Mode d'emploi
         
 
         
Boutique
Le récit de l'Orloeuvre

TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

 DERRIDEX

Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Oeuvre (d'art), différance                     Oeuvre (d'art), différance
Sources (*) : Derrida, la différance               Derrida, la différance
Pierre Delain - "L'oeuvre, plus d'un secret", Ed : Galgal, 2011-2013, Page créée le 30 janvier 2006 Derrida, l'art, l'oeuvre

[Pour qu'il y ait "oeuvre", il faut que la différance soit impossible à arrêter]

Derrida, l'art, l'oeuvre Autres renvois :
   

Derrida, le musée

   

Un spectre incarne la différance

   

Derrida, l'art, l'oeuvre

Halte et débordements Halte et débordements

Derrida, la limite, l'arrêt

Concept d'oeuvre, présentation               Concept d'oeuvre, présentation    
Le concept d'oeuvre chez J.D.                     Le concept d'oeuvre chez J.D.    

Pour qu'il y ait oeuvre, il faut de la différance, il faut un arrêt, et il faut aussi que la différance soit impossible à arrêter. Tout repose sur cette triple contrainte, ce triple bind. Qu'est-ce qu'une oeuvre? Il n'y a pas d'autre critère pour la définir que ce mouvement qu'elle produit elle-même, celui de l'archi-oeuvre.

Il y a dans l'oeuvre quelque chose d'impossible à border. C'est justement pour ça qu'il lui faut un cadre, un cartouche, un commentaire. Si on la met dans un musée, un milieu adéquat, si on la transforme en produit, si on lui ajoute un accompagnement, si on la qualifie d'oeuvre d'art, c'est pour encore mieux la border. Le parergon est la tentative de tracer un contour, de localiser, d'arrêter, de faire revenir l'oeuvre en son lieu propre. Mais elle résiste de tous les côtés, et notamment du côté de ce qu'Artaud a eu l'idée géniale d'appeler subjectile.

Sous l'autorité d'une signature, une oeuvre est scellée, et pourtant autour d'elle se tissent toujours d'autres chaînes. Jacques Derrida a décrit ce processus à propos des tableaux de chaussures de Van Gogh ou des dessins d'Artaud : on ne peut pas arrêter le mouvement. L'oeuvre n'est ni un objet, ni un phénomène, c'est ce mouvement même. Elle est comparable à une métaphore qui transporte, entraîne et déplace, mais ne peut pas s'user. Elle ne promet rien, elle agit, comme chez Cézanne dont chaque oeuvre était et reste un événement une promesse indéterminée.

Voici une autre façon de présenter la même chose : Pour qu'il y ait oeuvre, il faut l'idée ou le désir que cette oeuvre devienne légitime, achevée, signée, et il faut aussi que cette idée ne soit pas laissée intacte. Un des mots derridiens pour désigner cela est stricture : que la différance soit entrelacée, mais pas suturée; que, comme dans certains rites (la circoncision), la blessure subsiste, malgré la cicatrice. Ou encore : que l'oeuvre soit comme un chaos de lave rouge, qu'elle durcisse en préservant un espace, une marge tremblante qui ne coagule pas. On croit la circonscrire, la stabiliser, mais il y a toujours une trace qui surgit, un supplément dangereux, exorbitant, qu'on ne peut pas réprimer car il ne se révolte jamais. Pour conjurer ce supplément, on fait appel aux institutions de l'art ou aux experts chargés de le réduire, le ramener à des termes posables, analytiques. Ils présentent son contenu, sa forme, sa structure, ils évoquent son contexte, son histoire, ils invoquent le mystère ou l'illusion, le vide, l'absence, le manque ou d'autres concepts. Mais l'oeuvre, comme telle, résiste à cette métaphysique.

D'une part, l'oeuvre ne peut surgir que devant la loi; mais d'autre part ce qui fait oeuvre en elle est ce qui perturbe le jeu normal de la loi.

Pour être reconnue, il faut qu'une oeuvre se réfère à toutes sortes de conventions. Elle doit mériter le droit d'auteur, se faire objet de critique, se soumettre aux contraintes de l'institution. Mais ça ne suffit pas. Il faut encore, en plus, qu'elle se présente comme un coup, une dissonance. L'objet de culte, de culture ou d'art ne s'affirme comme tel, sur un mur d'église ou dans un musée, que comme consonance, mais il ne survit qu'à condition que, dans sa mise en oeuvre, les dissonances soient toujours relancées.

On peut comparer l'art contemporain à l'université qui, comme lui, déclare à qui veut l'entendre qu'elle est et doit rester inconditionnellement libre. L'un comme l'autre ouvre des espaces où quelque chose a lieu. L'oeuvre est un simulacre, elle fait "comme si" elle avait une autorité performative, mais elle franchit les bornes de tout performatif, elle s'expose aux forces du dehors.

Depuis l'émergence de la photographie (cette machine de jouissance) dans les années 1840, il y a dans l'art moderne et contemporain une dimension fragile mais récurrente qu'on ne lui pardonne pas, un mouvement qu'aucune institution ni aucune volonté ne peut arrêter. C'est un geste de don sans retour, une histoire de dissémination qui fait partir l'oeuvre en cendre ou en fumée (s'il pouvait y avoir une vraie performance, il n'en resterait rien). On donnera un seul exemple des conséquences qui en ont été tirées de tous les côtés : Louis Soutter.

Quoiqu'il en soit, on continue à faire halte devant l'oeuvre, une halte respectueuse, quasi religieuse.

 

 

--------------

Propositions

--------------

-

La logique de l'oeuvre d'art est celle de la stricture : entrelacer la différance sans la suturer

-

Prise dans un réseau, un travail de tissage impossible à arrêter, la différance produit des chaînes d'autres mots : gramme, réserve, trace, espacement, supplément, etc...

-

Par l'opération de la voix, le sens - ainsi que la présence, l'espace, le monde ou le corps - sont l'oeuvre du mouvement de la différance

-

Le manque est un terme métaphysique qui désigne la différance en tant qu'on ne peut pas l'arraisonner

-

Une oeuvre d'art préserve un fonds indéterminé, un espace vide où la différence, tremblante, est mise en mouvement

-

Ce qui fait oeuvre est une perturbation dans le système normal de la référence, en rapport avec les limites et le jeu du cadrage

-

["Je vous dois la vérité en peinture"; dans ce contrat pictural, la vérité promise ne peut se "dire" que par l'acte de peindre, en tant qu'il franchit les limites]

-

L'oeuvre est un chaos de lave rouge qui durcit, sauf à ne pas coaguler

-

Un texte est destiné à partir en cendre ou en fumée, il raconte une histoire de don, de dissémination absolue, qui lui fait déborder son cadre

-

L'oeuvre surgit et reste toujours devant la loi

-

[Derrida, le parergon : ce qu'il faut pour donner lieu à l'oeuvre (ergon) et se protéger de son énergie (energeia)]

-

En tant que parergon (ornement), le cadre d'une oeuvre d'art est appelé comme un supplément depuis le manque de cela même qu'il vient encadrer

-

Ce qui fait oeuvre, c'est l'arrêt de la série, la séparation de corps : ça suffit!

-

[Face à l'oeuvre d'art ou l'objet de culte, nous faisons halte; mais l'oeuvre déborde]

-

Pour qu'il y ait oeuvre, il faut l'idée ou le désir d'une oeuvre légitime, achevée, signée, et aussi le procès d'écriture qui ne laisse pas intacte cette idée

-

Au-delà de ce que l'on croit circonscrire comme oeuvre (son orbe), surgit une trace, un supplément dangereux (exorbitant), qui ouvre le sens et le langage

-

Le cartouche, lieu du titre et de la signature d'une oeuvre, est une performance qui, elle aussi, n'a lieu qu'une fois - mais s'augmente aussitôt jusqu'à l'arrêt

-

Ce que Heidegger désigne comme "produit" a la structure du parergon de Kant : encadrer la chose nue

-

[Signer un texte ou une oeuvre, c'est trancher proprement, l'arrêter, en faire une chose]

-

Tous les arts sont mis en oeuvre

-

Tout rapport à un tableau implique un mouvement double de rapprochement et d'éloignement, de marque et de marche (Fort/Da)

-

L'oeuvre n'est ni un objet, ni un phénomène; c'est un mouvement de dissémination / déconstruction / espacement

-

La modalité du "comme si" semble appropriée à ce qu'on appelle des "oeuvres"

-

L'"indépendance" inconditionnelle de l'université l'expose aux forces du dehors; se dissociant du fantasme de souveraineté indivisible, elle oeuvre aux limites de l'autorité performative

-

Le subjectile (jeté/jetant) se fonde et s'institue dans le mouvement où il devient le support de l'oeuvre

-

Ce qui fait oeuvre, c'est l'arrêt du trajet, l'apaisement du subjectile, l'interruption d'un jet qui garde la trace d'une brûlure mais donne consistance à ce qu'il attaque

-

Par ses effets de coupure, une oeuvre fait surgir l'événement sur lequel elle appose son sceau

-

L'espace métaphorique nous transporte, nous déplace, nous y habitons sans pouvoir en arrêter ni maîtriser le mouvement

-

Comme le mur d'église, le musée est un subjectile : lieu d'accueil et d'accumulation qui garde la discordance, la relève et la sauve dans une consonance

-

Tout musée d'art classique et contemporain fonctionne à la gloire et sous la commande du cartouche

-

[Il y a dans l'art contemporain un mouvement qu'aucune institution ni aucune volonté ne peut arrêter]

-

S'il y a un art de la photographie, la vérité s'y révèle dans le système d'un appareil optique, sans qu'on puisse en arrêter la jouissance

-

Il n'y a pas de "bon critère" d'évaluation d'une oeuvre; le seul qui serait légitime serait celui qu'elle produirait elle-même

-

[L'oeuvre d'art est un acte de maladresse volontaire, un coup dissonant qui ne vit et ne survit que redoublé par une consonance]

-

[On ne peut arrêter le mouvement de sérialité différentielle des tableaux de chaussures de Van Gogh]

-

Sans autre objet que sa "différance", l'oeuvre de Louis Soutter sème à tout vent, elle reçoit son sens du regard de l'autre

-

La blessure signe l'oeuvre, elle scelle et descelle à la fois, comme le fait la circoncision

Pour l'acquérir, cliquez

sur le livre

logo

 

 

 

 


Recherche dans les pages indexées d'Idixa par Google
 
   
   
Follow @pdelayin

 

 

 
   
 
     
 
                               
Création : Qylal

 

 
Idixa

Marque déposée

INPI 07 3 547 007

 

PDel
OeuvreInarret

AA.BBB

DerridaDifferance

WA.GUA

DerridaArt

CD.GAI

OeuvreDArt

BI.LBI

OeuvrePlusSecret

FV.LDD

ConceptOrloeuvre

EE.LEE

BV_OeuvreInarret

Rang = LOeuvreInarret
Genre = -