| Le récit de l'Orloeuvre | ||||||||||||||||
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TABLE des MATIERES : |
NIVEAUX DE SENS : | ||||||||||||||||
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Derrida, le parergon | Derrida, le parergon |
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| Sources (*) : |
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Le cadre, convention précaire | Le cadre, convention précaire |
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| Jacques Derrida - "La vérité en peinture", Ed : Flammarion, 1978, p92 |
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Oeuvre, différance | [Derrida : Il faut un parergon pour donner lieu à l'oeuvre (ergon) et se protéger de son énergie (energeia)] |
Oeuvre, différance |
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Autres renvois : | |||||||||||
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Derrida, le musée |
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Derrida, l'art, l'oeuvre | Derrida, l'art, l'oeuvre |
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Le cadre s'effondre | Le cadre s'effondre |
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Derrida, le cadre | Derrida, le cadre |
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| L'oeuvre d'art ne déploie pas son énergie de manière libre, pleine ou pure, elle ne la déchaîne pas comme le ferait un premier moteur aristotélien dans l'acte de sa présence totale. Elle la déploie contre ce qui manque en elle. Encore faut-il ne pas prendre ici le mot "manque" au sens d'un vide ou d'une absence (oppositions courantes de la métaphysique), il faut le prendre comme impossibilité d'arraisonner l'hétérogène en elle, c'est-à-dire la différance. A quoi sert le parergon (le cadre, ou tout ce qui fonctionne comme encadrement de l'oeuvre d'art)? A donner lieu à l'oeuvre. Il faut pour cela lier son énergie, la maîtriser, la reconnaître. Le résultat n'est pas simple, car l'énergie ne revient pas (ou pas seulement) en son lieu propre, égale ou semblable à soi, après un trajet circulaire. Elle fabrique d'autres manques, elle se libère, elle est productive. La logique du parergon est double, car il met aussi en mouvement. Peuvent servir de parergon : un cadre (au sens propre), un titre, une légende, un commentaire, une préface, une signature, des traits ou inscriptions qui entourent le document, une devise, un blason, un cartel, un cartouche, un espace environnant, etc... Il explique, décrit, raconte, fixe, commémore l'oeuvre. Il facilite les identifications. Le support de l'oeuvre, son subjectile, est aussi un parergon. On peut le réduire à une simple surface, ou le travailler, le torturer et l'expulser comme Artaud. Le cadre n'est ni intérieur, ni extérieur à l'oeuvre. C'est un supplément appelé depuis le manque même de l'oeuvre : il la rassure, il l'enferme dans une structure aussi stricte que possible (stricture), il lui confère sa beauté. Mais l'oeuvre tient aussi à sa fragilité. La loi du parergon est perverse, car le cadre, qui est une partie du tout, le déborde. Sa dislocation contemporaine ne détruit pas l'oeuvre, mais s'y ajoute. L'oeuvre contient son propre effondrement. Autre exemple : les exemples. A quoi sert un exemple dans un raisonnement philosophique? C'est une sorte de prothèse qui aide ceux qui n'ont pas assez de jugement. Rien ne remplace le talent naturel à saisir le concept (ergon), et pourtant on donne des exemples. Kant donne celui du parergon, Heidegger celui des chaussures de Van Gogh. L'exemple n'est pas conceptuel, il est autre chose, il introduit le hasard (voire l'abîme), il met en jeu le plaisir, etc... Il évite de se poser la question du concept, il oblige à faire le deuil du travail (energeia) nécessaire pour le saisir. Il le remplace, il y supplée. Kant en accepte la nécessité, puisqu'il donne des exemples. Ainsi l'énergie de l'oeuvre est-elle captée, bordée, liée, maîtrisée. |
-------------- Propositions -------------- -Le manque est un terme métaphysique qui désigne la différance en tant qu'on ne peut pas l'arraisonner -L'argument des deux-souliers de Van Gogh, c'est que la paire, fétichisée, rive à l'usage, tandis que le dépareillé oeuvre selon la logique du parergon : il met en mouvement -Un cartouche est un acte d'écriture discursive, archive ou document testamentaire qui commémore, explique, décrit, raconte l'histoire ou la structure d'une oeuvre -L'oeuvre se reconnaît, se garde et se regarde, non sans ironie, par les cartouches et parergon qui la cadrent -L'identification est, comme l'attribution, de structure supplémentaire ou parergonale -Le parergon est atopique : ni oeuvre, ni hors d'oeuvre, il dérange l'ordre du discours sur l'art et donne lieu à l'oeuvre -[Dans l'espace de dissémination, l'oeuvre contient l'effondrement de son propre cadre] -Dans l'oeuvre d'art, la vérité du cadre est sa parergonalité : il construit (fixe les formes et les oppositions), mais il est fragile (supplémentarité) -Pour Heidegger, l'oeuvre d'art, la chose et le produit sont entrelacés dans une structure (stricture) où le produit se place "entre" la chose et l'oeuvre -Tout titre est pris dans la structure parergonale d'un cartouche : une performance sans présence qui produit l'oeuvre -Le "parergon" est un supplément à l'oeuvre d'art, ni intérieur ni extérieur, qui la délimite, la cadre et la borde -En tant que parergon (ornement), le cadre d'une oeuvre d'art est appelé comme un supplément depuis le manque de cela même qu'il vient encadrer -La loi du parergon pervertit les rapports de la partie au tout : la partie entrelace le tout, déborde et fait sauter le cadre -Artaud doit expulser, forcener, mettre hors sens le subjectile, support parergonal de l'oeuvre, pour que l'oeuvre ait lieu -Le beau tient à quelque effet parergonal : les Beaux-Arts sont toujours du cadre et de la signature -Ce que Heidegger désigne comme "produit" a la structure du parergon de Kant : encadrer la chose nue -La révolution dans l'art du 20ème siècle a mis en acte et en oeuvre la dislocation du parergon, entretenue par la crise du logos |
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Création
: Qylal |
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Idixa
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