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Derrida, le cadre                     Derrida, le cadre
Source : Le cadre, convention précaire               Le cadre, convention précaire  
Jacques Derrida - "La vérité en peinture", Ed : Flammarion, 1978, p91 Les mots de Jacques Derrida

[Derrida : L'encadrement soutient et contient toujours ce qui, de soi-même, s'effondre incontinent]

Les mots de Jacques Derrida
     
     
     
 
                   
                         

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Le cadre d'un tableau n'est pas nécessairement un carré, il n'est même pas nécessairement un angle. Il peut être suppléé par n'importe quelle prothèse qui le fait tenir debout. S'il soutient, s'il contient, c'est parce que sans lui quelque chose ne tiendrait pas. Il a la même fonction que la logique analytique de Kant (les catégories, les concepts de la raison pure) par rapport au jugement esthétique : fournir un système d'oppositions (du genre haut/bas, gauche/droite) qui serve de béquilles à un champ (l'esthétique) supposé ne pas tenir debout par lui-même.

Le cadre est double. D'une part il préside à la logique du signe : il limite (comme un titre). D'autre part il vient en plus, il supplémente, il est une quatrième surface qui s'ajoute aux trois côtés de la scène représentative. Il maintient l'écart, comme un passe-partout.

Dans l'espace de dissémination, il faut faire son deuil du cadre comme limite : il déborde, il est débordé. Plus aucune totalisation du bord n'est possible.

Derrida va encore plus loin (p111) : ôtez d'un tableau toute représentation, tout thème, tout texte, tout vouloir-dire, tout matériau (la toile, la couleur), tout dessin orienté vers une fin déterminable, tout fond, tout soutien social, historique, etc... , qu'est-ce qui reste? Le cadre, le parergon, qui constitue alors à lui seul le lieu et la structure de la beauté libre. De par sa forme, justement parce qu'il ne signifie rien, parce qu'il ne représente rien, parce qu'il coupe toute tension vers la signification, parce qu'il institue un non-rapport absolu, parce qu'il marque la chose, il libère la beauté.

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Propositions

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[Derrida : Il faut un parergon pour donner lieu à l'oeuvre (ergon) et se protéger de son énergie (energeia)]

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En espaçant le cadre, le passe-partout laisse paraître l'oeuvre

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En encadrant les pouvoirs de l'être, la quatrième surface de la scène représentative les divise et sépare l'Occident de lui-même

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La structure des effets d'encadrement est telle qu'aucune totalisation de la bordure ne peut s'en produire

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La perspective de l'espace de dissémination ne se laisse ni classer, ni cadrer

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Pour construire la scène du signifiant et du signifié, la logique du signe doit exclure le problème du cadre, de la signature et du parergon

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Un titre borde et cadre un texte : sa voix commande de haut, elle assourdit et suspend

     


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