| La limite pour Derrida n'est pas spatiale, ou si elle l'est, c'est de façon oblique (comme le tympan), insituable. Elle ne se franchit pas car elle n'a pas de lieu. Elle est dans la pliure du texte. Elle dissémine, elle sépare le calculable de l'incalculable, le prononçable de l'imprononçable.
Elle peut se réduire à un point ou diversifier ses formes comme des parures (parergon), ou rester tapie dans un intervalle, un entre-deux, comme l'hymen qui se consume à jamais.
Il y a chez Derrida une sorte de schème qui associe l'épanchement à l'arrêt. Une limitation violente, radicale, bute sur un impossible. En arrêtant la différance, elle fait oeuvre. Elle coagule, elle entoure, elle cicatrise comme dans la circoncision, mais l'apaisement, même glorieux, n'est jamais complet. Certaines expériences, comme celle de l'héritage juif, sont inarrêtables. |