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Le récit de l'Orloeuvre

TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

 DERRIDEX

Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, auto-affection                     Derrida, auto-affection
Sources (*) : Les mots de Jacques Derrida               Les mots de Jacques Derrida
Pierre Delain - "Les mots de Jacques Derrida", Ed : Galgal, 2004-2013, Page créée le 13 octobre 2005

[Derrida, pliure, auto-affection]

Autres renvois :
   

Derrida, l'hymen

   

Derrida, auto-immunité

   

Derrida, dédoublement, duplicité

Derrida, s'entendre parler

                 
                       

Parmi les concepts attachés au nom et à l'oeuvre de Jacques Derrida, il est peu courant qu'on cite l'auto-affection. On préfère des mots plus emblématiques, voire médiatiques, comme différance, déconstruction, trace, hospitalité. Pourtant, l'auto-affection apparaît dès les tous premiers opus de l'oeuvre, et sa signification ne cesse d'être relancée.

Sans aucun détour par aucune extériorité, indépendamment de toute finalité externe, je m'entends parler. L'ouïe - ce sens interne et externe - produit simultanément la présence et la non-présence. S'appuyant sur le vécu de la voix, elle rend possible la subjectivité. C'est le moment unique, singulier, non-reproductible, où la trace s'imprime sans se distinguer encore du support (ou subjectile). Freud rêvait de ressusciter cet instant d'auto-affection pure, de le ramener à la vie, mais il a démontré lui-même [par sa théorie de l'après-coup] que ce temps restait secret, scellé dans la cendre, que le rêve était impossible. Et pourtant on peut l'expérimenter quotidiennement, par exemple dans le touchant-touché ou l'imprimant-imprimé.

L'auto-affection, structure universelle de l'expérience, est la source de la parole et aussi celle du temps. Quand "ça parle", quand une bouche s'ouvre, quand un "Je" se touche, un supplément vient altérer le moi. En répétant son propre souffle, l'esprit peut [en langage hegelien] déployer sa liberté. Cela vaut pour l'homme, l'animal, le végétal - pour tout vivant.

En langage heideggerien, on dira que l'être du Dasein est déjà dissocié, dispersé, délié, jeté dans une disséminalité originelle, un rapport à soi désuni, désaccordé. La marque se met en marche, circulant sur elle-même. Elle se répète, se parasite, se replie sur soi. Chaque pli figure cet autre qu'elle porte en elle. Limitée seulement à la marge, elle produit l'écart, l'espacement, l'entre-deux.

Alors que la sensation ne devient active que par le mouvement d'un objet extérieur, l'affect, ce rapport incalculable du vivant à l'autre, se sent lui-même. Sans la possibilité de l'auto-affection, il n'y aurait rien de vivant.

Donner, c'est créer simultanément du donné et du donnant. S'il s'agit d'un véritable don (une dépense pure), s'il n'a pas été anticipé, il cause une surprise et un plaisir. Il produit un mouvement qui va au-delà de soi, un rire, une jouissance qui peut être comparée au plaisir désintéressé kantien, où le sujet s'affirme et s'annule dans un "je-me-plais-à", ou encore "Je-me-plais-à-me-plaire-à", pure auto-affection habitée par l'hétéro-affection du tout-autre. Ainsi se constitue le jugement esthétique.

L'émergence de la parole, l'avènement du logos et celui de l'écriture alphabétique sont liés. Avec le cogito cartésien, c'est la conscience elle-même qui semble expérimenter l'auto-affection. Mais l'évidence du cogito tient-elle vraiment au sentiment du moi? Derrida soutient qu'avant même cette évidence, un autre, accueilli en soi, peut tromper ou trahir. Le rapport à soi, qui est aussi rapport à la folie, est fissuré. Le "oui" est toujours double : il y a celui de l'autre et celui qui s'adresse à l'autre. Le reste en découle jusqu'à Kant, la morale, la liberté et l'autonomie.

Pour que la chose s'affecte elle-même, il faut qu'elle se vive comme propre, pure, non souillée. L'infection menace, mais on prend le parti de l'ignorer. Ainsi imagine-t-on que l'imagination ne puisse être éveillée par aucune autre faculté, que la poésie doive faire son deuil de tout ce qui s'impose de l'extérieur. Mais c'est justement là où la productivité la plus libre semble s'accomplir que s'invente l'autre. Là où l'oeuvre ne semble être divisible que par elle-même, elle se dissémine.

On pourrait, à partir de l'auto-affection, penser l'art. On repenserait alors la question des sources en tant qu'elles répètent, dans l'oeuvre, la différence de l'autre.

Quand il s'interroge sur l'émergence des langues, Jean-Jacques Rousseau se demande comment l'état de nature peut, de lui-même, sortir de lui-même. Il invente alors une fiction où la nature, par auto-affection, produit cet élément hétérogène qu'est le social.

Le mouvement d'auto-affection ne peut pas se rassembler. Si l'Un se constitue (ou s'institue), ce ne peut être que par violence. Il est alors travaillé du dedans par la division (comme Hegel l'a démontré à propos de l'amour dans la famille). Tous les concepts qui se présentent dans l'évidence de leur signification (les concepts de la métaphysique) procèdent ainsi, mais ils ne peuvent qu'échouer à dire le mouvement de la différance pure, ou auto-affection.

Une fable qui se raconte elle-même, qui s'auto-interprète, qui se cite ou qui s'invente en inventant le récit de son invention, comme un certain poème de Francis Ponge, effectue son propre engendrement. En introduisant l'autre en elle, elle brise le miroir. Il en est ainsi, toujours, pour la langue. En s'auto-affectant, elle s'affecte du dehors, en excès sur elle-même, elle se perturbe, se pervertit et se déconstruit déjà. Elle accueille en elle un hôte incompréhensible, elle se déplie.

NI un texte ni une oeuvre ne sont déconstruits; s'il y a déconstruction, elle s'opère dans l'expérience même du texte ou de l'oeuvre.

Auto-affection sexuelle et mouvement du langage sont inséparables. Comme l'écriture, l'onanisme semble s'ajouter à une pratique sexuelle "normale"; mais ce supplément est aussi une menace, une faute. De même qu'on s'entend parler, on entre en rapport avec soi en se touchant. Par cette expérience du touchant-touché qui affecte tout vivant, l'expérience est travaillé par une division, elle accueille l'autre, selon la structure de l'hymen, à la fois déchirure et union nuptiale. Ainsi toute oeuvre se rapproche-t-elle de la scène primitive.

L'auto-affection hantait Jacques Derrida depuis son enfance, quand il cultivait les vers à soie. Cette intériorité pure qui soudain laisse une trace, un signifiant d'une extériorité irréductible, évoque le Tabernacle qui, replié sur soi, enveloppe l'espace vide. Elle évoque aussi le talith dont s'enveloppe le fidèle juif quand il prie. En touchant ce double de son propre corps, il se touche, mais il touche aussi l'autre, en-deça de la loi.

Ecrire, selon Derrida, est un acte d'auto-chirurgie, on s'auto-circoncit, et en même temps on se désapproprie, on s'exapproprie (fantasme d'autofellocirconcision).

 

 

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Propositions

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L'auto-affection est une structure universelle de l'expérience

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L'affect, qui est le rapport du vivant à l'autre, est incalculable, irréductible, étranger à toute machine

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La pliure est une auto-affection : chaque pli déterminé se plie à figurer l'autre et à re-marquer ce pli sur soi de l'écriture

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"Oui oui"; tout discours est entre deux "oui", celui qui s'adresse à l'autre pour lui demander de dire oui, et le oui d'un autre, déjà impliqué dans le premier "oui"

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Qu'en est-il de la voix et du temps? Tous deux reproduisent l'auto-affection pure, ce pur mouvement qui n'est engendré par rien, et dont on ne peut parler que par métaphore

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Le temps, repensé à partir de la différance dans l'auto-affection, fissure la possibilité d'une simple identité à soi

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Dans la chose donnée, qui appelle le don, le "ça donne" ne se distingue pas du "ça donné", il est donné-donnant

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Le point-source du temps est auto-affection pure

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La voix est vécue comme une auto-affection absolument pure d'un type unique, car "je m'entends parler" sans aucun détour ni par le monde, ni par le non-propre

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L'auto-affection pure de la voix rend possible la subjectivité

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Entre la bouche et l'oreille, une oralité exemplaire (exemploralité) met en jeu la structure auto-affective du "s'entendre-parler"

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Quand "ça parle" ou "ça exprime", la bouche s'affecte elle-même puisqu'elle ne prend rien au-dehors et prend plaisir à ce qu'elle met dehors

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La voix opère comme auto-affection d'une différence pure

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Le sujet est un "Je" sans visage et sans corps, sauf au lieu de la pure auto-affection où ce "Je" se touche : la bouche

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L'esprit répète son propre souffle, en déployant l'infinie liberté d'une auto-affection

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Sevrés de toute finalité externe, nous intériorisons par la bouche notre existence libre et autonome, c'est-à-dire morale

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La folie, cette "absence d'oeuvre", est la part de silence irréductible contre laquelle le langage peut surgir - et il ne peut surgir, par essence, que contre elle

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Une dissémination originaire appartient à l'être du Dasein : il s'auto-affecte dans un rapport à soi déjà dispersé (espacement, entre-deux)

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[Le "se toucher" semble livrer le modèle transcendantal du "manger", du "baiser" et du "s'entendre-parler de la voix"]

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Dans l'événement aporétique, la parole s'affecte du dehors, sa valeur d'acte et de vérité se déconstruit

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Avec la déconstruction, quelque chose arrive à la langue : jouissant d'elle-même, elle accueille un hôte incompréhensible qui l'oblige à parler autrement

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Il y a, dans la déconstruction, une figure auto-interprétative [auto-affection] qui n'impose sa nécessité qu'en accumulant les forces qui tentent de la refouler [auto-immunité]

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On n'explique pas un texte, mais on peut rendre compte de son héritage, le "déplier"

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La déconstruction ne s'"applique" jamais de l'extérieur; c'est l'expérience qu'un texte fait de lui-même, sur lui-même

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Le sujet est produit, comme rapport à soi dans la différence d'avec soi, dans le mouvement de la différance

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L'hymen, se divisant, se rapporte à lui-même par des pliures dont rien, dans sa syntaxe, ne peut arrêter le jeu

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La dissémination circule infiniment sur elle-même; sa marche n'est limitée qu'à la marge, par pliure

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Pour que la chose s'affecte elle-même, il faut qu'elle se vive propre, non souillée, devant l'infection qui menace

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"Autofellocirconcision" serait le concept derridien du "propre"

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L'auto-affection du moi est comparable à l'onanisme : altérer la présence en restituant une autre présence qui n'est que représentation, supplément, altération

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L'amour, noyau essentiel de la famille telle que décrite par Hegel, est aussi ce qui la divise, la partage, la travaille du dedans (auto-affection) et la conduit à sa perte

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L'itérabilité de la marque ne laisse intacte aucune opposition; elle porte en soi son autre, sa re-marque qui la parasite et lui interdit de sa rassembler auprès de soi, de se réapproprier

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On ne peut retrouver la trace singulière, originaire, archivante, celle de l'autre en soi, car à l'instant de son impression, elle ne se distingue pas encore du support

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Le sentiment du moi, son auto-affection ou sa jouissance ne tiennent pas à l'évidence du cogito, mais au témoignage d'un autre qui, avant tout acte de foi, peut trahir

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Dans la structure générale de l'auto-affection, l'opération du touchant-touché accueille l'autre

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Travaillée par une division, l'opération d'auto-affection accueille l'autre

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L'invention s'invente en inventant le récit de son invention : c'est une fable, un événement de langage où adviennent, en une fois, le même et l'autre

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Le beau est une structure d'hétéro-affection pure : auto-affection affectée de l'objectivité pure du tout-autre

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Dans le jugement esthétique, l'hétéro-affection la plus irréductible habite l'auto-affection la plus close

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Le "plaisir désintéressé" produit par l'objet beau ou sublime est un "se-plaire-à" : une auto-affection purement subjective

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Donner par surprise à l'autre, tel est le plus grand plaisir qu'on puisse se donner, celui qui fait surgir le nouveau au plus proche de la cause de soi, de l'auto-affection

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Tout commence dans le pli de la citation

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L'oeuvre n'est divisible que par elle-même, rien ne l'affecte du dehors, jusque dans la dissémination de sa lignée

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Les sources d'une "oeuvre" ou d'une "pensée" étant plurielles et hétérogènes, on ne peut y "revenir" qu'en s'en écartant, en se laissant diviser par la différence de l'autre -

Ecrire un livre est une auto-circoncision, une auto-chirurgie

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La distinction homme - animal - végétal est un dogme; s'ils se différencient, ce n'est que par un autre rapport à soi, toujours inscrit dans l'exappropriation

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Tous les concepts de la métaphysique recouvrent l'étrange mouvement de la différence pure - ou auto-affection

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Le logos ne peut se produire comme auto-affection qu'à travers la voix, dans l'évidence de la présence à soi-même

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L'écriture alphabétique s'est imposée car elle est liée à l'événement de la voix dans une auto-affection supposée vivante

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Le logos, qui est la parole comme auto-affection, se produit dans l'histoire par le détour d'une écriture, en rendant la voix à un silence dynamique

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L'Un ne peut s'affirmer et s'instituer que dans la répétition où, pour se garder de l'autre, il se fait violence

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Freud voudrait ressusciter la trace originelle et unique, à l'instant même de son impression, à même le subjectile

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L'auto-affection laisse une trace de soi dans le monde : un signifiant inexpugnable dans une extériorité irréductible

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D'elle-même, la faculté sensitive ne se sent pas; sans le mouvement d'un objet extérieur, elle ne s'auto-affecte pas

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Dans l'Ulysse de Joyce, ce qui fait rire est l'ouverture du cercle qui renvoie de soi à soi : le "oui" affirmé/appelé implique un autre "oui" au-delà du "oui", un "oui-rire"

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Chez Rousseau, l'imagination est déterminée comme différance : faculté virtuelle la plus active, elle est en réserve dans la nature et la transgresse

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L'imagination ne peut être éveillée par aucune faculté : elle est pure auto-affection

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La parole poétique est l'équivalent analogique général des Beaux-Arts, la valeur des valeurs : en elle s'effectue le travail de deuil qui transforme l'hétéro-affection en auto-affection

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Il n'y a pas de "pensée derridienne de l'art", mais un rapport au tout-autre par déconstruction, dissémination, différance, auto-affection, économimesis, et plus...

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Une oeuvre peut être vue comme événement d'auto-affection de la scène primitive

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Vouloir distinguer le mouvement du langage et l'auto-affection sexuelle est le voeu logocentrique par excellence

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Dans la fiction rousseauiste, la nature sort de soi par un point d'inversion, imprévisible, d'extériorité / supplémentarité, où les virtualités déjà présentes font irruption

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Pour élaborer sa théorie de l'auto-affection de la voix, Derrida s'inspire de Heidegger

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Le michkan (Tabernacle, ou Demeure du Saint des Saints) est fait de textures (ou tentures, ou tapis, ou étoffes, ou bandes) dont il faut sans cesse remployer l'excédent

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Le talith est comme le vivant : c'est la possibilité de l'auto-affection

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Un souvenir d'enfance de Jacques Derrida : le ver à soie s'auto-affecte jusqu'au moment de "véraison" unique, imprévisible, où se perce l'écorce

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"J'ai dû me porter moi-même lors de ma circoncision" : pour qui sait lire, cela s'écrit dans la différance

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