Projet
Derrida
Art
Auteurs cités
Scripteur
Mode d'emploi
         
 
         
Le récit de l'Orloeuvre

TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

 DERRIDEX

Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
Pour les titres annoncés dans l'index, voir la liste bibliographique.    
Derrida, auto-affection                     Derrida, auto-affection
Source (livre) : Les mots de Jacques Derrida               Les mots de Jacques Derrida
Pierre Delayin - "Les mots de Jacques Derrida", Ed : Idixa, 2004-2009, Page créée le 13 octobre 2005

[Derrida, pliure, auto-affection]

Autres renvois :
   

Derrida, l'hymen

   

Derrida, auto-immunité

   

Derrida, dédoublement, duplicité

Derrida, s'entendre parler

                 
                       

Parmi les concepts attachés au nom et à l'oeuvre de Derrida, il est peu courant qu'on cite l'auto-affection. On préfère des mots plus emblématiques, voire médiatiques, comme différance, déconstruction, trace, hospitalité. Pourtant, l'auto-affection apparaît dès les tous premiers opus de l'oeuvre, et sa signification ne cesse d'être relancée. Sans la possibilité de l'auto-affection, il n'y aurait rien de vivant.

L'auto-affection pure n'est engendrée par rien. Sans aucun détour par aucune extériorité, indépendamment de toute finalité externe, je m'entends parler. L'ouïe rend possible la subjectivité. C'est une structure universelle de l'expérience, la source du temps, présente à nous dans le vécu de la voix. Une bouche s'ouvre, un "Je" se touche, un supplément vient altérer le moi. L'émergence de la parole, l'avènement du logos et celui de l'écriture alphabétique sont liés. Le reste en découle jusqu'à Kant, la morale, la liberté et l'autonomie.

L'auto-affection est une dispersion, une dissémination originelle qui circule sur elle-même, se replie sur soi. Elle produit l'écart, l'espacement, l'entre-deux. On la retrouve dans l'oeuvre, quand elle surgit dans la pliure de la citation : une auto-division, un événement impossible à arrêter, à partir duquel on peut penser l'art.

Pour que la chose s'affecte elle-même, il faut qu'elle soit propre, pure. Dans l'imagination ou dans la poésie, elle atteint sa plus grande pureté : là s'accomplit la productivité la plus libre - mais là aussi s'invente l'autre.

Voici quelques champs on l'on peut repérer cette logique :

- dans la fiction rousseauiste, la société émerge par auto-affection de la nature.

- le langage se dit comme une fable, l'événement où il s'invente en inventant le récit de son invention. Dans ce mouvement, ce que promet la langue est en excès sur elle-même; elle se perturbe, se pervertit et se déconstruit déjà.

- Se toucher semble livrer un modèle des autres auto-affections. Le touchant-touché, travaillé par une division, accueille l'autre.

- l'hymen, membrane ambivalente, se divise sans arrêt, par pliure. C'est ainsi qu'on écrit un livre : par une auto-chirurgie qui est une sorte d'auto-circoncision ou autofellocirconcision.

- le plaisir désintéressé qui s'attache au beau. Quand le tout-autre (c'est-à-dire un objet) l'affecte, l'auto-affection devient hétéro-affection. C'est le jugement esthétique.

- l'expérience auto-érotique entre dans cette série. La sexualité ne peut jamais se distinguer complètement de cette expérience.

- l'affect, comme rapport incalculable du vivant à l'autre. La vie est auto-affection, contrairement à la sensation, qui ne devient active que par le mouvement d'un objet extérieur.

- la déconstruction est une figure auto-interprétative, sans lieu ni sens, une pliure. Quand la langue accueille en elle un héritage ou un hôte incompréhensible, la déconstruction n'explique pas, elle déplie.

L'auto-affection hante Jacques Derrida depuis son enfance quand il cultivait les vers à soie. Elle laisse un reste : une trace, un signifiant d'une extériorité irréductible.

 

Et la question subsidiaire - essentielle peut-être - sans réponse : Dans l'auto-affection, quid de la transcendance?

--------------

Propositions

--------------

-

L'auto-affection est une structure universelle de l'expérience

-

L'affect, qui est le rapport du vivant à l'autre, est incalculable, irréductible, étranger à toute machine

-

La pliure est une auto-affection : chaque pli déterminé se plie à figurer l'autre et à re-marquer ce pli sur soi de l'écriture

-

Qu'en est-il de la voix et du temps? Tous deux reproduisent l'auto-affection pure, qui n'est engendrée par rien

-

Le point-source du temps est auto-affection pure

-

La voix est vécue comme une auto-affection absolument pure d'un type unique, car "je m'entends parler" sans aucun détour ni par le monde, ni par le non-propre

-

L'auto-affection pure de la voix rend possible la subjectivité ou le pour-soi

-

Par sa structure auto-affective, le s'entendre-parler qui la constitue, son intolérance à la prothèse, l'ouïe n'est pas un sens parmi d'autres

-

La voix est l'auto-affection d'une différence pure

-

Le sujet est un "Je" sans visage et sans corps, sauf au lieu de la pure auto-affection où ce "Je" se touche : la bouche

-

Sevrés de toute finalité externe, nous intériorisons par la bouche notre existence libre et autonome, c'est-à-dire morale

-

Une dissémination originaire appartient à l'être du Dasein : il s'auto-affecte dans un rapport à soi déjà dispersé (espacement, entre-deux)

-

Le "se toucher" semble livrer le modèle transcendantal du "manger", du "baiser" et du "s'entendre-parler de la voix"

-

Dans l'événement aporétique, la parole s'affecte du dehors, sa valeur d'acte et de vérité se déconstruit

-

Avec la déconstruction, quelque chose arrive à la langue : jouissant d'elle-même, elle accueille un hôte incompréhensible qui l'oblige à parler autrement

-

Il y a, dans la déconstruction, une figure auto-interprétative [auto-affection] qui n'impose sa nécessité qu'en accumulant les forces qui tentent de la refouler [auto-immunité]

-

On n'explique pas un texte, mais on peut rendre compte de son héritage, le "déplier"

-

La différance est un mouvement de production du sujet par auto-affection

-

Pour que la chose s'affecte elle-même, il faut qu'elle se vive propre, non souillée, devant l'infection qui menace

-

"Autofellocirconcision" serait le concept derridéen du "propre"

-

L'auto-affection du moi est comparable à l'onanisme : altérer la présence en restituant une autre présence qui n'est que représentation, supplément, altération

-

L'invention s'invente en inventant le récit de son invention : c'est une fable, un événement de langage où adviennent, en une fois, le même et l'autre

-

L'hymen, se divisant, se rapporte à lui-même par des pliures dont rien, dans sa syntaxe, ne peut arrêter le jeu

-

La dissémination circule infiniment sur elle-même; sa marche n'est limitée qu'à la marge, par pliure

-

Dans la structure générale de l'auto-affection, l'opération du touchant-touché accueille l'autre

-

Travaillée par une division, l'opération d'auto-affection accueille l'autre

-

Le "plaisir désintéressé" produit par l'objet beau ou sublime est un "se-plaire-à" : une auto-affection purement subjective

-

Le beau est une structure d'hétéro-affection pure : auto-affection affectée de l'objectivité pure du tout-autre

-

Dans le jugement esthétique, l'hétéro-affection la plus irréductible habite l'auto-affection la plus close

-

Tout commence dans le pli de la citation

-

L'oeuvre n'est divisible que par elle-même, rien ne l'affecte du dehors, jusque dans la dissémination de sa lignée

-

Ecrire un livre est une auto-circoncision, une auto-chirurgie

-

Le logos ne peut se produire comme auto-affection qu'à travers la voix, dans l'évidence de la présence à soi-même

-

L'écriture alphabétique s'est imposée car elle est liée à l'événement de la voix dans une auto-affection supposée vivante

-

Le logos, qui est la parole comme auto-affection, se produit dans l'histoire par le détour d'une écriture, en rendant la voix à un silence dynamique

-

L'auto-affection laisse une trace de soi dans le monde : un signifiant inexpugnable dans une extériorité irréductible

-

La faculté sensitive ne se sent pas elle-même d'elle-même, elle ne s'auto-affecte pas sans le mouvement d'un objet extérieur

-

Chez Rousseau, l'imagination est déterminée comme différance : faculté virtuelle la plus active, elle est en réserve dans la nature et la transgresse

-

L'imagination ne peut être éveillée par aucune faculté : elle est pure auto-affection

-

Le privilège de la parole poétique dans l'art tient à un travail de deuil qui transforme l'hétéro-affection en auto-affection

-

Une "pensée derridéenne de l'art" articule autour de ses propres concepts - différance, auto-affection, économimesis - le rapport au tout-autre

-

Une oeuvre peut être vue comme événement d'auto-affection de la scène primitive

-

Vouloir distinguer le mouvement du langage et l'auto-affection sexuelle est le voeu logocentrique par excellence

-

Dans la fiction rousseauiste, la nature sort de soi par un point d'inversion, imprévisible, d'extériorité / supplémentarité, où les virtualités déjà présentes font irruption

-

Pour élaborer sa théorie de l'auto-affection de la voix, Derrida s'inspire de Heidegger

-

Le talith est comme le vivant : c'est la possibilité de l'auto-affection

-

Un souvenir d'enfance de Jacques Derrida : le ver à soie s'auto-affecte jusqu'au moment de "véraison" unique, imprévisible, où se perce l'écorce

-

J'ai du me porter moi-même lors de ma circoncision : c'est ce qui, pour qui sait lire, s'écrit dans la différance

Jacques Derrida ŕ Ris-Orangis en 2004

logo

Photo Laure Vasconi

-

boutique Librairie Generale


Recherche dans les pages d'Idixa par FreeFind


Recherche dans les pages indexées d'Idixa par Google
 

 

 
   
 
     
 
                               
Création : Qylal

 

 
Idixa

Marque déposée

INPI 07 3 547 007

 

Derrida
DerridaAutoAffection

AA.BBB

DerridaCheminements

AU.TOF

AB_DerridaAutoAffection

Rang = zQuois_AutoAffection
Genre = -