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Derrida, le projet idixien                     Derrida, le projet idixien
Source (livre) : Derrida, le commencement               Derrida, le commencement
Jacques Derrida - "La Dissémination", Ed : Seuil, 1972, p384 Derrida, auto-affection

Tout commence dans le pli de la citation

Derrida, auto-affection
     
     
     
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Dans cet article intitulé La Dissémination où il cite abondamment Nombres, de Philippe Sollers, Derrida fait remarquer que ce qui sert de moyens à l'oeuvre, et qui semble hors du texte (la citation d'un autre texte ou d'une autre oeuvre), ce qui semble empoisonner le dedans du texte ou le corps de l'oeuvre, le ou la contaminer, c'est ce par quoi le texte commence - un germe.

La citation est comme un miroir. Elle capte des échos, des constellations de textes. Elle est une source qui précéde l'origine (p391). A partir de sa duplication, l'originaire répond en écho : pour qu'il y ait signe, il faut qu'il y ait répétition, c'est ainsi que le mot devient mot (p392).

Depuis le commencement, le texte est citation (p405), la pensée est impersonnelle. Jamais le texte ne commence : on transforme toujours un texte antérieur.

Derrida parle de l'"oeuvre" (entre guillemets) [une oeuvre écrite, moderne, par exemple un roman de Philippe Sollers]. Par quoi commence une oeuvre? Elle est contaminée par quelque chose qui vient du dehors. Ce qui est en-dehors est déjà en-dedans (il n'y a pas de hors-texte). Ce qui s'oppose à l'oeuvre est déjà l'oeuvre. Le texte ne se distingue plus de la citation, qui est le tain vénéneux qui déclenche l'oeuvre.

Dans ce passage, Derrida sélectionne quelques citations (dans Mallarmé p390, dans Sollers p391) en fonction du concept d'auto-affection qu'il a développé à propos de la voix et du temps. L'oeuvre en général ou le texte n'est qu'un repli sur soi de la citation, qu'une réflexion féconde du fragment sur lui-même. Il s'auto-produit par le jeu de sa propre expropriation.

     


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