| D'une part l'Internet est une machine. Dans le prolongement de l'ordinateur, il peut contribuer à l'écriture d'un théologiciel qui fonctionnerait comme cloisonnement absolu, blocage de tout événement, annulation de l'avenir.
D'autre part le nouveau régime des télécommunications contribue à disloquer les liens institutionnels, déhiérarchiser les savoirs, faire éclater le livre, réorganiser le champ de l'édition et du droit, forger dans la pratique un nouveau concept du politique.
Il y a donc duplicité. Comme les médias et les télé-technologies, l'Internet est une pratique spectrale. Les philosophes et autres intellectuels ne doivent pas rester passifs devant ce phénomène. Ils peuvent proposer de nouvelles normes pour se faire entendre dans la nouvelle organisation de l'espace public. Et surtout là où le rapport à la parole, au langage et au savoir est remis en jeu, dans les nouvelles machines d'écriture que James Joyce avait anticipées, ils peuvent s'aventurer, se projeter en elles et hors d'elles.
Les concepts derridéens : la différance, la trace, la déconstruction sont à l'oeuvre au coeur du réseau (comme ailleurs). L'électronique élargit leur champ d'action.
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