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Le récit de l'Orloeuvre
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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

 DERRIDEX

Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
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Derrida / le projet de l'Orloeuvre                     Derrida / le projet de l'Orloeuvre
Source (livre) : Idixa, la demeure de l'Orloeuvre               Idixa, la demeure de l'Orloeuvre
Pierre Delayin - "Buées blanches sur le quai de l'Idve", Ed : Idixa.net, 1988-2008, Page créée le 23 janvier 2006 Le fil de l'Orloeuvre

[Le projet de l'Orloeuvre dans la mouvance de Jacques Derrida]

Le fil de l'Orloeuvre Autres renvois :
   

Derrida, l'Internet

   
   
                 
                       

Comment Jacques Derrida aurait-il réagi devant ce projet? On n'en saura jamais rien. Nous cheminons dans ce que nous pensons de sa pensée : elle n'appartient à personne, elle s'expose à l'événement, au radicalement autre. La chaussée est instable, elle n'adhère pas au sol. Certains diront que nous lui volons ses idées (par chance, il nous en avait déjà fait don). S'il y a vol, c'est celui d'une place dont il avait anticipé la disparition, celle d'un sujet-auteur. Il a toujours soutenu que l'écriture commençait par la citation, qu'elle était un montage, une greffe. Il en usait lui-même beaucoup, au corps de son texte : transformations et déplacements qui font de son écriture un acte de déconstruction. Lorsque Geoffrey Bennington a écrit, sans citation, sa Derridabase, il a exprimé à la fois son appui et ses réserves.

[Postulat] : toute écriture est aphoristique, toute écriture altère la parole vive - qu'elle prenne la forme d'une tablette, d'un livre ou d'un site Internet, qu'elle soit écrite à la main ou à la machine à écrire. Dans toute écriture se greffent des citations.

[L'écriture de l'époque] : La méditation contemporaine va au-delà de l'homme, de la raison, et aussi de la science. Elle ne peut s'écrire dans la forme traditionnelle du livre (totalité signifiante), ni dans celle de la logique (avec ses propositions), ni dans un horizon limité à la philosophie, ni même selon la ligne (écriture linéaire).

[Vérité] : Dans la turbulence générale, une rupture a soustrait le texte à l'autorité de la vérité, clôturant une époque (la clôturant, mais ne l'achevant pas, car elle continue). Cette mutation affecte la mémoire, dans ses rapports au psychisme et au simulacre.

[Orloeuvre] : l'Orloeuvre, comme tout texte contemporain, affirme son dehors. Puisqu'à l'intérieur de l'objet-livre, il y a déjà du hors-livre, à l'intérieur du site, il y a du hors-site et aussi du hors-web, de l'Orloeuvre, de l'hétérogène au réseau. L'expérience même du lieu en est affectée. Pendant qu'une opération textuelle consume le texte, nous lisons. Ainsi opère la dissémination.

[Projet] : La trace, mise en réserve dans des machines, s'extériorise. Rien ne peut la border de l'extérieur, tout est trace. Plutôt que de l'exorciser, il faut répondre à la demande de déconstruction, avancer des propositions qui s'interprétent les unes par les autres, proposer à l'espace public de nouvelles normes.

[Ethique] : On ne peut pas hiérarchiser la pensée. Il n'y a pas de dissociation entre pensée et technique, mais continuité.

[Mise en garde] : Pour ne pas fonctionner comme un théologiciel (c'est-à-dire un logiciel prétendant au savoir absolu) ou comme une machine d'écriture métaphysique, l'Orloeuvre doit laisser sa chance à l'événement. Pour préserver l'incalculable, il doit rester un jeu. Chaque proposition est performative : elle cite, elle répète des modèles, mais en même temps elle est absolument singulière. Elle est fidèle à la source, mais ne se contente pas de citer.

[Constat] : Par structure, l'Orloeuvre juxtapose les sources, les auteurs et les textes. Sachant qu'il est impossible de travailler sur un seul d'entre eux, nous travaillons sur tous à la fois, même quand ils sont incompatibles. Le processus est incontrôlable et intempestif. Il est philosophique, mais aussi perdu pour la philosophie.

[Leçon du maître] : Tout livre de philosophie pure peut être lu sur les marges ou n'importe où. Il n'est pas nécessaire de suivre l'ordre imposé ni de respecter sa construction logique. Moyennant quoi on peut donner l'exemple d'une autre écriture (exemple d'exemple : Foi et savoir).

[Dislocation des idéologies] : l'Orloeuvre prend acte de l'effacement des frontières et des territoires (notamment académiques). Il s'inscrit dans la dislocation du "topolitique". Les technologies dont il se sert sont celles à partir desquelles peut se penser la possibilité d'une nouvelle alliance.

[Une langue inouïe] : L'écriture prend une forme axologique, celle de la philosophie, mais les greffes, transformations et expropriation altèrent la langue, la dérégulent. Entre l'universel et l'idiomatique, l'écart s'agrandit.

[Fidélité] : De même que Jacques Derrida voulait rester fidèle à l'oeuvre de l'autre en tant qu'elle arrive, imprévisible, et qu'il la contresigne, l'Orloeuvre se voudrait fidèle à ce qui, dans l'écriture de Jacques Derrida, fait irruption - et lui reste à jamais hétérogène.

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Propositions

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Tout commence dans le pli de la citation

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Ecrire veut dire greffer : incisions violentes de citations dans le texte, qui en contaminent le contenu

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Toute écriture est aphoristique

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La forme du livre est désormais soumise à une turbulence générale : en l'interrogeant pratiquement, le procès d'écriture doit aussi la démonter

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L'altérité absolue de l'écriture altère du dehors, en son dedans, la parole vive

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Les machines électroniques procèdent de l'extériorisation de la trace qui élargit la différance et la possibilité de la mise en réserve

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Dans le mot "déconstruction", les portées grammaticale, linguistique ou rhétorique sont associées à une portée machinique

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L'évolution technique (ordinateur, Internet, images de synthèse) entretient une demande de déconstruction inégalée

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En dénonçant le retrait de la main qui s'opère avec la machine à écrire, Heidegger dénonce l'essence même du geste d'écrire et de l'écriture

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Ni la littérature ni la pensée ne peuvent exorciser la machine

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Aucun programme, aucune machine logique ou textuelle ne fermera la veine qui laisse sa chance à l'événement

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Ce qui se donne aujourd'hui à penser - une méditation de l'écriture qui passe l'homme, la raison, la science - ne peut s'écrire selon la ligne et le livre

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Les livres de Derrida mettent en question l'unité du livre, par une opération textuelle qui se consume dans la lecture d'autres textes

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La citation cesse d'être une citation, dès lors qu'elle se laisse travailler au corps même du texte

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[L'Orloeuvre, dont nul ne répond (récit d'Ouzza Kelin, 2007)] [PGF]

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La pensée n'est à personne car, depuis le commencement, le texte est citation

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L'expérience de la pensée est sans charte ni carte, elle est exposée à l'événement, à la venue du radicalement autre

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Le champ textuel marqué par la déconstruction est groupé : un seul auteur est incapable d'y pratiquer l'écart de la dissémination, il est impossible d'y "faire le point"

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Entre la pensée et la technique, il n'y a ni dissociation, ni hiérarchie

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Dans l'écriture, la place du sujet est prise par un autre, elle est dérobée

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L'émergence d'une écriture non phonétique inaugure la déconstruction de toutes les significations du logos, dont celle de vérité

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La prodigieuse mutation d'aujourd'hui oblige à repenser la mémoire, pas seulement quantitativement, mais dans ses rapports au psychisme, à la vérité et au simulacre

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Le texte de Mallarmé est exemplaire d'une rupture, une dislocation qui soustrait à l'autorité de la vérité

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Rien ne borde de l'extérieur l'expérience de la trace : tout est trace, il n'y a ni limite au renvoi, ni hors-texte

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[Derrida : Un énoncé performatif ne peut réussir que si sa structure est double : conforme à un modèle itérable (citation) ET événement absolument singulier]

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Pour qu'elles me survivent, il faut que les choses soient imprévisibles

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La dissémination (ou différance séminale) se constitue en programme non formalisable, tenant à la chute incessante d'un supplément de code

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[Par son oeuvre, Jacques Derrida reste fidèle à ce qui arrive : l'oeuvre de l'autre, dont il contresigne l'événement]

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Il y a entre l'écriture déconstructive et le cinéma un lien essentiel : couper, coller, composer, monter des textes et des citations

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On doit à la fidélité de citer et à la mémoire de ne pas se contenter de citer

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La possibilité du jeu est le point où, à l'intérieur des machines, le calcul trouve sa limite

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Pliée entre l'universel et l'idiomatique, entre le schème normatif et l'événement, la langue est accessible aux greffes, transformations et expropriations les plus radicales

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Hegel, interprète de toute l'histoire de la philosophie, n'a jamais pu penser une machine qui fonctionnerait en pure perte

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La fin de l'écriture linéaire est bien la fin du livre

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[Derrida, le quatre, le texte quatrième (hors-livre)]

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Avancer qu'il n'y a pas de hors-texte, ce n'est pas postuler l'identité à soi du texte, c'est observer que le texte, par la transformation de son concept, affirme le dehors

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Tout discours a la forme d'une structure d'interprétation, dans laquelle chaque proposition se laisse interpréter dans une autre proposition

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Les télétechnologies déplacent les lieux et disloquent le "topolitique", ce qui détache la démocratie de la citoyenneté

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Le développement accéléré du cyberespace, de la nouvelle topologie du virtuel, affecte l'expérience du lieu et produit une déconstruction pratique du politique

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La chaussée sur laquelle cheminent les pensées est comme la série des chaussures de Van Gogh : jamais lacées, elles n'adhèrent pas au sol

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L'idéal aristotélicien, auquel la philosophie n'a jamais renoncé, est de maîtriser le langage en limitant à un seul le sens des mots - ce qui rejette la dissémination hors du langage

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Le texte philosophique fonctionne comme une machine d'écriture dans laquelle des propositions typées et enchaînées représentent l'intention de l'auteur

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Sous l'angle de la critique, on peut en droit accéder de n'importe où, dans n'importe quel ordre, dans un livre de philosophie pure

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On ne peut pas traduire la phrase d'Artaud en proposition (= un certain rapport de représentation entre le sujet, l'objet et le subjectile)

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Transformer l'espace public oblige à travailler dans un autre temps où la perspective est renversée, où il faut compter avec l'intempestif

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Il faut se battre non pas contre les télétechnologies ou l'Internet, mais pour que ces médias laissent une plus grande place aux normes proposées par les citoyens ou intellectuels

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La possibilité de prélèvement ou de greffe citationnelle appartient à la structure de toute marque, parlée ou écrite

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L'idée du livre, qui renvoie à une totalité signifiante, est profondément étrangère à l'énergie aphoristique et destructrice de l'écriture

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La singularité de notre temps, c'est que la nouvelle alliance ou Internationale ne peut se développer que sur les réseaux télé-technologiques qu'elle combat

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Un texte circoncis se passe du corps et de sa part incirconcise - il évite les citations qui seraient des incorporations

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