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Le récit de l'Orloeuvre
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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

 DERRIDEX

Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
L'Orloeuvre / mouvance derridienne                     L'Orloeuvre / mouvance derridienne
Sources (*) : Où l'Orloeuvre demeure               Où l'Orloeuvre demeure
Pierre Delayin - "Buées blanches sur le quai de l'Idve", Ed : Idixa.net, 1988-2011, Page créée le 23 janvier 2006 Le projet de l'Orloeuvre

[Le projet de l'Orloeuvre dans la mouvance de Jacques Derrida]

Le projet de l'Orloeuvre Autres renvois :
   

Derrida, l'Internet

   
   
Oeuvres : répondre de l'unique Oeuvres : répondre de l'unique
                 
                       

Comment Jacques Derrida aurait-il réagi devant ce projet? On n'en saura jamais rien. Nous cheminons dans ce que nous pensons de sa pensée : elle n'appartient à personne, elle s'expose à l'événement, au radicalement autre. La chaussée est instable, elle n'adhère pas au sol. Certains diront que nous lui volons ses idées (par chance, il nous en avait déjà fait don). S'il y a vol, c'est celui d'une place dont il avait anticipé la disparition, celle d'un sujet-auteur. Il soutenait qu'une "citationnalité générale" travaillait tout texte et tout acte de langage. C'est par là que l'écriture commence, c'est par là qu'elle se fait montage ou greffe. Il usait lui-même beaucoup de la citation, au corps de son texte : transformations, déplacements légitimes et illégitimes, immixtion des textes cités et/ou traduits dans le sien et réciproquement (comme dans Glas), qui font de son écriture un acte de déconstruction. Lorsque Geoffrey Bennington a écrit, sans citation, sa Derridabase, il a exprimé à la fois son appui et ses réserves - mais il n'a pas hésité à partager avec lui la publication dans un livre sobrement intitulé : Jacques Derrida, par Geoffrey Bennington et Jacques Derrida.

[Auteur] : En tant que personne, Jacques Derrida n'a eu aucune part à la composition ni à l'écriture de l'Orloeuvre - et pas seulement parce que ce projet a été mis en oeuvre après sa disparition. Comme il le signalait lui-même à propos du fim D'ailleurs, Derrida réalisé par Safaa Tafhy, il ne faut jamais oublier que le personnage dont il est question dans l'Orloeuvre, sous le nom de Derrida, est un personnage fictif, le résultat d'un montage, d'une composition dont on sait (d'un savoir absolu) qu'il est infiniment éloigné de ce qu'a été le Derrida réel.

[Postulat] : Toute écriture est aphoristique, toute écriture altère la parole vive - qu'elle prenne la forme d'une tablette, d'un livre ou d'un site Internet, qu'elle soit écrite à la main ou à la machine à écrire. Toute écriture prélève ailleurs des éléments qu'elle reproduit, une autre fois. Quelque chose de nouveau a lieu.

[Evénement] : L'événement d'une écriture ne se produit pas sur le champ. Il a lieu après-coup, dans un autre temps, quand une autre lecture ou des [télé-]technologies le transforment. Mais alors, après-coup, on se rend compte que c'est une loi qui a été mise en oeuvre, une loi de production spécifique, singulière, inventée pour l'occasion. Il en est ainsi pour l'Orloeuvre, qui par son acte a (performativement) produit une loi de ce genre, qui perdure tant qu'elle perdure.

[Citation] : L'Orloeuvre s'inscrit dans l'"autre logique" de la citation inaugurée par la nymphe Echo : chaque fragment répété d'une phrase la transforme et invente, à son tour, une autre phrase (ou une autre figure, comme le fait Colette Deblé). Ce n'est pas une redite, c'est un engendrement.

[Abandon] : L'écriture orlovienne est orpheline depuis le début. Qu'elle prenne l'aspect d'une lettre, d'un courriel, d'une correspondance ou d'une page, qu'elle se présente avec ou sans signature, c'est toujours un envoi sans expéditeur (ni père ni auteur), sans destinataire, sans adresse ni chemin assuré, un voyage sans retour. Elle n'a pas connu ses destinataires et ne peut les déduire ni les dériver d'aucune logique.

[L'écriture de l'époque] : La méditation contemporaine va au-delà de l'homme, de la raison, et aussi de la science. Elle ne peut s'écrire dans la forme traditionnelle du livre (totalité signifiante), ni dans celle de la logique (avec ses propositions), ni dans un horizon limité à la philosophie, ni même selon la ligne (écriture linéaire).

[Vérité] : Dans la turbulence générale, une rupture a soustrait le texte à l'autorité de la vérité, clôturant une époque (la clôturant, mais ne l'achevant pas, car elle se poursuit). Cette mutation affecte la mémoire, dans ses rapports au psychisme et au simulacre. Elle désorganise et déstabilise l'université.

[Orloeuvre] : l'Orloeuvre, comme tout texte contemporain, affirme son dehors. Puisqu'à l'intérieur de l'objet-livre, il y a déjà du hors-livre, à l'intérieur du site, il y a du hors-site et aussi du hors-web, de l'Orloeuvre, de l'hétérogène au réseau. L'expérience même du lieu en est affectée. Pendant qu'une opération textuelle consume le texte, nous lisons. Ainsi opère la dissémination.

[Projet] : La trace, mise en réserve dans des machines, s'extériorise. Rien ne peut la border de l'extérieur, tout est trace. Plutôt que de l'exorciser, il faut répondre à la demande de déconstruction, avancer des propositions qui s'interprétent les unes par les autres, proposer à l'espace public de nouvelles normes.

[Oeuvre] : L'Orloeuvre est une oeuvre - cela va sans dire, pense-t-on, mais est-ce bien sûr, si l'Orloeuvre est hors l'oeuvre? Disons plutôt que l'Orloeuvre est l'hors d'oeuvre de l'oeuvre, c'est-à-dire son bord, sa préface, son seuil. Car l'oeuvre au sens de Derrida, celle qui s'engendre au-delà du travail, en ces temps de mutation et de déconstruction, est un acte de langage très particulier, un performatif impossible qui ne reposerait sur aucune autorité reconnue. Comme la pensée, l'Orloeuvre résiste à toute tentative de réappropriation.

[Ethique] : On ne peut pas hiérarchiser la pensée. Il n'y a pas de dissociation entre pensée et technique, mais continuité.

[Mise en garde] : Pour ne pas fonctionner comme un théologiciel (c'est-à-dire un logiciel prétendant au savoir absolu) ou comme une machine d'écriture métaphysique, l'Orloeuvre doit laisser sa chance à l'événement. Pour préserver l'incalculable, elle doit rester un jeu. Chaque proposition est performative : elle cite, elle répète des modèles, mais dans le même mouvement elle est absolument singulière. Elle s'aventure hors de la source à laquelle elle est fidèle.

[Constat] : Par structure, l'Orloeuvre juxtapose les sources, les auteurs et les textes. Sachant qu'il est impossible de travailler sur un seul d'entre eux, nous travaillons sur tous à la fois, même quand ils sont incompatibles. Le processus est incontrôlable et intempestif. Il est philosophique, mais aussi perdu pour la philosophie.

[Leçon du maître] : Tout livre de philosophie pure peut être lu sur les marges ou n'importe où. Il n'est pas nécessaire de suivre l'ordre imposé ni de respecter sa construction logique. Moyennant quoi on peut donner l'exemple d'une autre écriture (exemple d'exemple : Foi et savoir).

[Dislocation des idéologies] : l'Orloeuvre prend acte de l'effacement des frontières et des territoires (notamment académiques). Il s'inscrit dans la dislocation du "topolitique". Les technologies dont il se sert sont celles à partir desquelles peut se penser la possibilité d'une nouvelle alliance.

[Une langue inouïe] : L'écriture prend une forme axologique, celle de la philosophie, mais les greffes, transformations et expropriation altèrent la langue, la dérégulent. Entre l'universel et l'idiomatique, l'écart s'agrandit.

[Fidélité] : De même que Jacques Derrida voulait rester fidèle à l'oeuvre de l'autre en tant qu'elle arrive, imprévisible, et qu'il la contresigne, l'Orloeuvre respecte l'axiome benjaminien de la traduction : On ne peut pas toucher à l'original. Aussi fidèle que nous nous proclamions, celui-ci reste extérieur, hétérogène. Il arrive toujours comme une stupéfiante étrangeté. Il nous divise, comme la différence de l'autre en soi.

[Signature] : L'Orloeuvre est signée : le Scripteur. Cette signature est infiniment imitable et recopiable - comme toute signature. Pourtant l'Orloeuvre est inimitable.

 

 

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Propositions

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Tout commence dans le pli de la citation

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Ecrire veut dire greffer : incisions violentes de citations dans le texte, qui en contaminent le contenu

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Toute écriture est aphoristique

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Une certaine pratique de l'itération, à ne pas confondre avec la citation, altère aussitôt ce qu'elle paraît reproduire : "Quelque chose de nouveau a lieu"

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Dès sa naissance, l'écriture est orpheline, coupée de l'assistance de son père, abandonnée par l'auteur-scripteur à sa dérive

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L'altérité absolue de l'écriture altère du dehors, en son dedans, la parole vive

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La forme du livre est désormais soumise à une turbulence générale : en l'interrogeant pratiquement, le procès d'écriture doit aussi la démonter

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Les machines électroniques procèdent de l'extériorisation de la trace qui élargit la différance et la possibilité de la mise en réserve

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Dans le mot "déconstruction", les portées grammaticale, linguistique ou rhétorique sont associées à une portée machinique

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L'évolution technique (ordinateur, Internet, images de synthèse) entretient une demande de déconstruction inégalée

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Les télétechnologies transforment de fond en comble la structure du contenu archivable, dans ses événements et dans son rapport à l'avenir

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En dénonçant le retrait de la main qui s'opère avec la machine à écrire, Heidegger dénonce l'essence même du geste d'écrire et de l'écriture

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Ni la littérature ni la pensée ne peuvent exorciser la machine

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Dans la machine d'écriture joycienne (le "joyciciel"), on est d'avance inscrit; on ne peut la lire qu'à s'aventurer hors d'elle, à se projeter ailleurs à partir d'elle

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Aucun programme, aucune machine logique ou textuelle ne fermera la veine qui laisse sa chance à l'événement

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Ce qui se donne aujourd'hui à penser - une méditation de l'écriture qui passe l'homme, la raison, la science - ne peut s'écrire selon la ligne et le livre

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Les livres de Derrida mettent en question l'unité du livre, par une opération textuelle qui se consume dans la lecture d'autres textes

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Il n'y a pas de performatif pur, car tout acte de langage est travaillé par une "citationnalité générale"

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La citation est une traversée, un travail en vue de la naissance, un engendrement

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Dans une "autre logique" de la citation, le fragment répété invente, il fait oeuvre à son tour - comme Echo répétant Narcisse

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En les signant de son nom, Echo réussit à transformer des fragments de phrases de Narcisse en paroles nouvelles qu'elle invente

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La citation cesse d'être une citation, dès lors qu'elle se laisse travailler au corps même du texte

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[Colette Deblé fait écho aux corps féminins de l'histoire de l'art; par le travail des citations elle les fait naître à nouveau, au-delà de la voix]

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[L'Orloeuvre, dont nul ne répond]

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La pensée n'est à personne car, depuis le commencement, le texte est citation

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L'expérience de la pensée est sans charte ni carte, elle est exposée à l'événement, à la venue du radicalement autre

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Le champ textuel marqué par la déconstruction est groupé : un seul auteur est incapable d'y pratiquer l'écart de la dissémination, il est impossible d'y "faire le point"

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Entre la pensée et la technique, il n'y a ni dissociation, ni hiérarchie

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Les sources d'une "oeuvre" ou d'une "pensée" étant plurielles et hétérogènes, on ne peut y "revenir" qu'en s'en écartant, en se laissant diviser par la différence de l'autre -

Dans l'écriture, la place du sujet est prise par un autre, elle est dérobée

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L'émergence d'une écriture non phonétique inaugure la déconstruction de toutes les significations du logos, dont celle de vérité

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La prodigieuse mutation d'aujourd'hui oblige à repenser la mémoire, pas seulement quantitativement, mais dans ses rapports au psychisme, à la vérité et au simulacre

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Inventer une écriture, c'est créer, dans chaque situation, la loi d'un événement singulier

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Le texte de Mallarmé est exemplaire d'une rupture, une dislocation qui soustrait à l'autorité de la vérité

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En ces temps de mutation et de déconstruction, il faut interroger ce qui arrive dans l'université, l'énigme du concept d'"oeuvre"

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"Comme si la fin du travail était à l'origine du monde" : tout se passe aujourd'hui comme si, virtuellement, l'engendrement des oeuvres devait remplacer le travail réel

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L'"indépendance" inconditionnelle de l'université l'expose aux forces du dehors; se dissociant du fantasme de souveraineté indivisible, elle oeuvre aux limites de l'autorité performative

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Par son inventivité et ses oeuvres, la pensée - dans l'université ou dans tout autre lieu - résiste à toute tentative de réappropriation

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Rien ne borde de l'extérieur l'expérience de la trace : tout est trace, il n'y a ni limite au renvoi, ni hors-texte

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Pour qu'elles me survivent, il faut que les choses soient imprévisibles

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La dissémination (ou différance séminale) se constitue en programme non formalisable, tenant à la chute incessante d'un supplément de code

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[Par son oeuvre, Jacques Derrida reste fidèle à ce qui arrive : l'oeuvre de l'autre, dont il contresigne l'événement]

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On a toujours le droit - mais on n'a jamais le droit - de prélever une proposition dans un texte

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Par le mot "retrait", Derrida se confronte à la pensée heideggerienne du chemin et propose un voyage inouï, un "envoyage" (envoi sans dérivation, cheminement, ni retour)

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Il y a entre l'écriture déconstructive et le cinéma un lien essentiel : couper, coller, composer, monter des textes et des citations

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Le montage est l'imposition d'un ordre, en après-coup, à la dispersion des perspectives

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On doit à la fidélité de citer et à la mémoire de ne pas se contenter de citer

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La possibilité du jeu est le point où, à l'intérieur des machines, le calcul trouve sa limite

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Pliée entre l'universel et l'idiomatique, entre le schème normatif et l'événement, la langue est accessible aux greffes, transformations et expropriations les plus radicales

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Assumer ou dénier la castration, cela revient au même : c'est donner un sens au phallus, lequel n'a ni lieu, ni trajet, ni signification, ni aucune possibilité de relève

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Hegel, interprète de toute l'histoire de la philosophie, n'a jamais pu penser une machine qui fonctionnerait en pure perte

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La fin de l'écriture linéaire est bien la fin du livre

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[Derrida, le quatre, le texte quatrième (hors-livre)]

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Avancer qu'il n'y a pas de hors-texte, ce n'est pas postuler l'identité à soi du texte, c'est observer que le texte, par la transformation de son concept, affirme le dehors

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Tout discours a la forme d'une structure d'interprétation, dans laquelle chaque proposition se laisse interpréter dans une autre proposition

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Les télétechnologies déplacent les lieux et disloquent le "topolitique", ce qui détache la démocratie de la citoyenneté

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Le développement accéléré du cyberespace, de la nouvelle topologie du virtuel, affecte l'expérience du lieu et produit une déconstruction pratique du politique

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Aujourd'hui, une nouvelle étape de la virtualisation déstabilise la communauté universitaire et désorganise ses lieux

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La chaussée sur laquelle cheminent les pensées est comme la série des chaussures de Van Gogh : jamais lacées, elles n'adhèrent pas au sol

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L'idéal aristotélicien, auquel la philosophie n'a jamais renoncé, est de maîtriser le langage en limitant à un seul le sens des mots - ce qui rejette la dissémination hors du langage

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Le texte philosophique opère comme machine d'écriture, où des propositions typées et enchaînées représentent cette autre pièce de la machine : l'"intention" de l'auteur

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Sous l'angle de la critique, on peut en droit accéder de n'importe où, dans n'importe quel ordre, dans un livre de philosophie pure

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On ne peut pas traduire une phrase d'Antonin Artaud en proposition

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Transformer l'espace public oblige à travailler dans un autre temps où la perspective est renversée, où il faut compter avec l'intempestif

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Il faut se battre non pas contre les télétechnologies ou l'Internet, mais pour que ces médias laissent une plus grande place aux normes proposées par les citoyens ou intellectuels

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La possibilité de prélèvement ou de greffe citationnelle appartient à la structure de toute marque, parlée ou écrite

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L'idée du livre, qui renvoie à une totalité signifiante, est profondément étrangère à l'énergie aphoristique et destructrice de l'écriture

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"On ne peut pas toucher à l'original"; il faut cet axiome - qui garantit la pureté de l'original - pour interpréter, déplacer, traduire et inventer

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La singularité de notre temps, c'est que la nouvelle alliance ou Internationale ne peut se développer que sur les réseaux télé-technologiques qu'elle combat

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Un texte circoncis se passe du corps et de sa part incirconcise - il évite les citations qui seraient des incorporations

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Une signature est essentiellement imitable; on peut l'imiter et "elle s'imite"

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L'Orloeuvre s'inscrit dans la déconstruction post-derridienne, dont nul ne sait comment elle va évoluer

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