Accueil
Projet
Derrida
Œuvrance
Sources
Scripteur
Mode d'emploi
 
         
           
Lire Derrida, L'Œuvre à venir, suivre sur Facebook L'activité du site, suivre le blog

TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

 DERRIDEX

Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Et il faut laisser venir les retraits                     Et il faut laisser venir les retraits
Sources (*) : "Il faut" déconstruire, et il faut...               "Il faut" déconstruire, et il faut...
Pierre Delain - "Pour une œuvrance à venir", Ed : Guilgal, 2011-2017, Page créée le 9 décembre 2016

[Et il faut, en laissant venir les retraits, donner le don - et peut-être aussi l'art, le beau, les matrices silencieuses de l'inconditionnel]

   
   
   
                 
                       

Dans la vie courante, on montre les œuvres, on les expose, on les présente, on les apprécie, on les juge, on les explique. On croit ainsi leur rendre hommage, mais on les trahit - car ce qui fait l'essence de l'œuvre n'est pas la transmission, mais le don. Quand on dit qu'un spectacle est donné, on ne fait allusion ni à l'auteur, ni aux acteurs, ni aux détenteurs des droits. Le spectacle se donne, sans contrepartie, sans échange, sans compensation ni rétribution d'aucune sorte. Il déchire la trame du temps, nous désintéresse des causalités habituelles. Ce qui se donne n'est pas ou pas seulement un contenu, c'est le don comme tel. Dans la pensée derridienne, le principe inconditionnel le plus enveloppant est l'hospitalité; mais dans la fabrique de son œuvre, dans son œuvrance, c'est le don. En principe, son œuvre ne devrait donner, inconditionnellement que le don, mais s'il en était ainsi, nous n'en aurions aucun souvenir - puisque le souvenir lui-même est une rétribution. Que donne-t-il alors? Qu'est-ce qui est donné par cette œuvre si radicale? Le sans-but, le sans-pourquoi, le sans-savoir, le sans-finalité, c'est-à-dire, dans cette pensée qui tend à excéder le jugement kantien, la beauté. L'œuvre absolument inconditionnelle qui ne serait que la trace d'un "sans" devrait être belle, plus que belle. Et même lorsqu'il n'est pas question de beauté, par exemple lorsqu'il commente ce qui, pour lui, est un chef d'œuvre de la photographie, Droit de regards de Marie-Françoise Plissart, Jacques Derrida privilégie le suspens du discours, le droit au silence. A la question du génie, il répond par un jeu de mots : Qui es-tu? qui peut se comprendre en français comme question sur le silence. Qui est silencieux? Le tu qui est tu et sait se taire, c'est la force du secret. Il faut savoir se taire devant les arts sans voix, les seuls qui ouvrent le cercle infini de la différance. Pour laisser œuvrer l'œuvre, il faut cette série de retraits, qui est la matrice de l'inconditionnel.

L'oeuvre, chez Derrida, n'est pas une tentative de s'acquitter d'une dette. Si la faute à compenser ne peut se solder par aucune compensation, si elle ne peut prétendre à aucune innocence ni aucun salut, alors on ne peut y répondre que par le retrait. A la place du désir d'innocence de Jean-Jacques Rousseau, vient chez Derrida un désir d'élection qui ne peut se satisfaire d'aucun contenu, d'aucun jugement, d'aucune appropriation. Au terme d'un parcours démesuré, disproportionné, il ne reste que cela : le retrait, le retrait en tant que tel.

 

 

--------------

Propositions

--------------

-

[Une oeuvre ne se transmet pas, ni ne s'expose, ni ne se présente, ni ne s'explique : elle se donne]

-

Emmanuel Lévinas (E.L.) ne fait pas oeuvre, il laisse oeuvrer l'oeuvre, il la laisse faire oeuvre par la "sériature", cette série de ratures ou retraits qui inscrit la trace de l'effacement

-

A la question "Qu'est-ce qu'un génie?", on doit répondre à la deuxième personne : "Génie, qui es-tu?", dans le secret du silence : "Qui est tu?"

-

[La beauté se donne comme la trace d'un "sans", la pure dissémination d'un sans-but, d'un sans-pourquoi, d'un non-savoir]

-

L'oeuvre photographique est une mise en demeure qui commande le silence : devant elle, il faut savoir se taire

Pour l'acquérir, cliquez

sur le livre

logo

 

 

 

 


Recherche dans les pages indexées d'Idixa par Google
 
   
   
Follow @pdelayin

 

 

 

 

 

   
 
     
 
                               
Création : Qylal

 

 
Idixa

Marque déposée

INPI 07 3 547 007

 

Delain
RetraitOeuvrer

AA.BBB

ArchiOeuvreDecons

VH.LLK

DI_RetraitOeuvrer

Rang = ORetraitOeuvrance
Genre = -