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Le récit de l'Orloeuvre
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Derrida, bibliographie                     Derrida, bibliographie
Source (livre) : Derrida, droit de regard               Derrida, droit de regard  
Jacques Derrida - "Lecture du Droit de Regards de Plissart", Ed : Minuit, 1985,

Lecture de "Droit de Regards" de Marie-Françoise Plissart (Jacques Derrida, 1985) [LDRP]

   
   
   
                 
                       

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Il s'agit d'un roman-photo de Marie-Françoise Plissart, sans texte, uniquement des photos, des images, publié sous la forme d'un livre de 36 pages. Le récit est en blanc, à inventer. Au départ, Derrida se fixe comme règle de ne pas raconter d'histoire, de ne pas prendre la place du narrateur. Mais il ne respecte pas cette promesse. L'appareil photographique ne produit-il pas un certain ordre, qui est une rhétorique? Ne faut-il pas fabriquer du récit pour s'interroger sur ce que c'est, une oeuvre - Derrida ne s'en prive pas, quite à nommer arbitrairement les personnages. S'il distingue entre les genres (cinéma, théatre, roman, photographie), c'est pour déconstruire la loi du genre et rattacher ces images à son concept de la différance. Qu'est-ce que le droit de regards? C'est le double droit d'assigner l'image à une rhétorique et de mettre la différance en mouvement.

Si l'on s'intéresse à ce que Derrida a pu dire de l'art, ce texte est peut-être plus important qu'il n'y paraît. Derrida y livre (à sa façon indirecte) une définition de l'art qui fait le lien entre différents aspects de sa pensée. A partir du titre de l'oeuvre de Marie-Françoise Plissart, il y a développe un concept, celui du droit de regard, qu'il a mis en jeu pour d'autres champs. Le droit de regard est un événementla photographie et la psychanalyse se rejoignent, dans la lignée de Walter Benjamin.

 

 

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Formulations à partir de ce texte (les têtes de chapitre sont entre crochets) :

 

Il y a marché de l'art car, l'oeuvre étant détachée de tout référent, il n'y a pas de limite à la surenchère substitutive

Une oeuvre d'art préserve un fonds indéterminé, un espace vide où la différence, tremblante, est mise en mouvement

Le photographe a droit de regards sur tout, tous les droits dans un jeu dont les règles sont celles de la photographie même

Quiconque écrit sur des arts sans voix (peinture, sculpture, musique) est mis en demeure d'adresser des mots, mais à qui?

S'il y a de l'époque, du champ historique, alors psychanalyse et photographie forment un seul événement et posent la même question, celle du droit de regard

La photographie est étrangère à la langue même : son essence est le dehors ou le décor

L'invention de la photographie et l'avènement de la psychanalyse, qui sont contemporains, "conviennent" l'un à l'autre

S'il y a un art de la photographie, il donne droit à l'autre, il l'invente

A-t-on jamais joui d'autre chose que d'une promesse?

La distinction entre imaginaire et symbolique est sans pertinence : un regard n'a pas plus à voir avec la perception qu'avec la loi

La loi qui préside au "droit de regard" de la photographie est la prise de vue comme possession, objectivation, perspective

Un art ouvre l'incertitude infinie du rapport au tout-autre

N'importe qui a "droit de regard" sur une oeuvre : il peut lui prêter des voix, l'interpréter, la développer, en raconter la perspective

L'oeuvre photographique est une mise en demeure qui commande le silence : devant elle, il faut savoir se taire

Dans une oeuvre photographique, à la différence de ce qui se passe dans toute autre image, l'histoire ne précède pas le récit

Nous sommes, nous qui parlons, l'inutile illustration de l'oeuvre

Au-delà de tout genre, l'art suppose, dans un espace quasi-transcendantal, l'éloignement de tout référent perceptible

Par l'appareil photographique se décline une rhétorique : droit de regards qui, par le pouvoir de son objectif et de ses montages, intime un ordre et assigne une place au sujet

Au cinéma, continuellement, on voit parler : la voix est toujours présente comme telle

Il n'y a pas de voix présente dans la photographie, rien qui n'y soit prononcé

S'il y a un art de la photographie, la vérité s'y révèle dans le système d'un appareil optique, sans qu'on puisse en arrêter la jouissance

Dans la photographie, le tout se retire et ne laisse des traces qu'en forme de fragment

Une oeuvre peut être vue comme événement d'auto-affection de la scène primitive

Les photographies sont comme de la pensée, une pensivité sans voix, sans autre voix que suspendue

Le spectral est l'essence de la photographie

L'oeuvre photographique est photographie de photographie, mise en abyme, livre sans mot, sans énoncé, et même sans image

Dans la perspective ouverte par le "droit de regard", l'autre devient objet au travers d'une irréductible tekhnè

Psychanalyse et photographie sont deux religions du détail qui font pièce à un pouvoir totalisant (sauf à magnifier l'art du fragment)

Depuis la photographie, ce qui peut se donner à penser, c'est un tout qui se voit retirer sans se voir

Lecture de "Droit de Regards" de Marie-Françoise Plissart (Jacques Derrida, 1985) [LDRP]

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Sources
DerridaBiblio

1985_LDRPAA

DerridaDroitRegard

ZB.HHB

YYA.2005.Derrida.JacquesGenre = -