Derrida
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Derrida, ses livres                     Derrida, ses livres
Sources (*) :              
Jacques Derrida - "Le monolinguisme de l'autre, ou La prothèse d'origine", Ed : Galilée, 1996,

Le monolinguisme de l'autre, ou La prothèse d'origine (Jacques Derrida, 1996) [LMDA]

   
   
   
                 
                       

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Ce texte, publié en 1996, a été prononcé dans une première version, plus brève et différente dans sa forme, lors d'un colloque organisé par Edouard Glissant et David Wills, du 23 au 25 avril 1992, à l'université d'Etat de Louisiane (Baton Rouge) (136 pages).

 

Prière d'insérer.

p13 : 1.

p21 : 2.

p29 : 3.

p39 : 4.

p53 : 5.

p63 : 6.

p75 : 7.

p115 : 8.

p131 : Epilogue.

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Il y aurait une période autobiographique de Jacques Derrida avec deux textes, Circonfession, rédigé entre janvier 1989 et avril 1990, et Le monolinguisme de l'autre, prononcé pour la première fois en avril 1992. Dans le premier, Jacques Derrida parle de sa mère mourante, et dans le second, il évoque sa langue maternelle absente. Il ne parle presque jamais de son père, et quand il évoque sa généalogie, "judéo-franco-maghrébine", c'est en termes généraux. Il se situe comme Juif maghrébin, et non pas comme fils, petit-fils ou arrière-petit-fils d'Untel.

Jacques Derrida n'a qu'une langue, le français. Mais cette langue n'est pas la sienne, elle n'est pas sa langue maternelle. C'est la langue de l'autre, celle de la puissance coloniale et de la culture. Même s'il peut s'exprimer en d'autres langues, il est monolingue. Il ne peut parler que cette langue-là (son idiome), et en même temps il lui faut plus d'une langue (une définition de la déconstruction). Ce réseau de contradictions, d'antinomies, situe l'expérience insituable dans laquelle il est né. Depuis toujours (avant même sa naissance), il s'est fait le gardien d'une langue qui renvoyait à un ailleurs, un dehors absolu.

La langue, comme la mère, est l'unique irremplaçable - mais qu'il faut remplacer. On la vit comme sienne, mais chaque fois qu'on ouvre la bouche, on promet une autre langue. Tout se passe comme si une marque, tracée à même le corps, obligeait à accueillir un hôte incompréhensible, à parler autrement, à greffer, à transformer cette langue qu'on respecte. Comment s'approprier l'inappropriable? Par l'écriture, l'invention linguistique, la poésie. La langue n'en revient pas. Certes, c'est une folie, mais une folie messianique par laquelle j'adresse mon salut au tout-autre.

 

 

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Formulations à partir de ce texte (les têtes de chapitre sont entre crochets) :

 

[Une langue qui garderait le pouvoir de nommer - langue sacrée ou fantasme de langue maternelle - pourrait précipiter dans l'abîme : folie, catastrophe, apocalypse, mal radical]

L'hospitalité est l'essence du chez-soi - car si l'ipséité était la loi, elle rendrait fou

Le "je" de Jacques Derrida s'est formé dans une expérience insituable de la langue : un interdit qui renvoyait ailleurs, à l'autre, à une autre langue

La langue obéit à deux lois antinomiques : 1/ on ne parle jamais qu'une seule langue 2/ on ne parle jamais une seule langue

Une avant-première langue, toute autre, laisse sa marque dans la langue - mais comme un dehors absolu, hors-la-loi, une promesse, un appel à venir

Avant tout discours, l'expérience de la marque articule dans la langue, à même le corps, les traumas singuliers et la structure désappropriante de la loi (re-marque)

La mère, comme lieu de la langue, est l'unique irremplaçable - qu'il faut remplacer car l'insuppléable est la folie même, toujours à l'oeuvre

Avec la déconstruction, quelque chose arrive à la langue : jouissant d'elle-même, elle accueille un hôte incompréhensible qui l'oblige à parler autrement

Une structure immanente de promesse ou de désir, une attente sans horizon d'attente, informe toute parole

La langue institue le phénomène irréductible du "s'entendre-parler pour vouloir-dire" - mais elle l'institue comme langue de l'autre, fantasme ou spectralité

La langue est inappropriable, et cette exappropriation - qui la rend folle - est seule à pouvoir ouvrir à une politique, un droit et une éthique

En l'absence de langue maternelle, quand le passé est indisponible, surgit le désir d'écrire pour restaurer une langue originaire - comme promesse d'une langue à venir

Pliée entre l'universel et l'idiomatique, entre le schème normatif et l'événement, la langue est accessible aux greffes, transformations et expropriations les plus radicales

La folie de la loi loge dans son auto-hétéronomie : je dois me l'approprier comme une langue, mais elle vient d'ailleurs

Le monolinguisme de l'autre, c'est d'abord le pouvoir souverain de nommer, qui témoigne de la structure coloniale de toute culture

Chaque fois que j'ouvre la bouche, je promets : et cette promesse annonce l'unicité d'une langue inouïe, à venir

Je me rends à la langue - la mienne et celle de l'autre -, mais avec l'intention de faire qu'elle n'en revienne pas

Nouvelle internationale : Poètes-traducteurs, révoltez-vous contre le patriotisme, faites pousser une autre langue!

Derrida : "J'ai été le premier à avoir peur de ma voix, comme si elle n'était pas la mienne" - car le barrage devant son rythme, son timbre et son intonation risque toujours de céder

La messianicité est l'ouverture structurelle de la parole : dépouillée de tout, elle adresse son salut au tout-autre

Jacques Derrida : "Je n'ai qu'une langue, et ce n'est pas la mienne"

Ce qui met Jacques Derrida en mouvement - la promesse d'un tout-autre, ailleurs, dans l'attente d'une langue - est inexplicable sans sa généalogie judéo-franco-maghrébine

Le nazisme a montré que la langue pouvait devenir folle - et entraîner avec elle la loi et l'origine du sens

Certains penseurs juifs, ashkénazes ou séfarades, se rejoignent dans leur rapport problématique à une langue maternelle dont ils se détachent, qui leur reste étrangère

Le monolinguisme de l'autre, ou La prothèse d'origine (Jacques Derrida, 1996) [LMDA]

 


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Sources
DerridaBiblio

1996_LMDALM

YYA.1996.Derrida.Jacques

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