| Tout texte ou toute oeuvre a des bords, des limites. Pour les désigner, Jacques Derrida se sert du mot grec parergon. Le titre, le cadre, la légende, sont des formes conventionnelles de parergon. Leur place est paradoxale, car d'une part ils sont soumis à la loi générale selon laquelle Il n'y a pas de hors-texte, mais d'autre part ils sont en surplomb, dans une certaine hétérogénéité par rapport au texte. Ils délimitent le texte, mais le disséminent, comme une préface.
On peut rapprocher la fonction du titre de celle du cartouche, qui explique le texte et le cadre. Mais en plus, le titre est un nom propre. ll s'autodéfinit : Je suis le titre. C'est un événement, un coup de force, une performance qui promet le sens et le vrai et contribue à garantir l'identité du texte. Mais comment pourrait-il réussir, puisqu'il fait partie de ce qu'il garantit? Cette domination est fragile. Le titre contribue à arrêter le texte, mais le texte résiste au titre.
Jean-Luc Nancy a intitulé son commentaire du portrait qu'a fait Adami de Jacques Derrida A plus d'un titre. A plus d'un titre, le titre ruine le titre. |