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Derrida, le signe                     Derrida, le signe
Les mots de Jacques Derrida               Les mots de Jacques Derrida  

Page créée par le scripteur le 5 avril 2008.

[Derrida, le signe]

Autres renvois :
     

Hors-sens ou non-sens

     

Derrida, le signifiant logocentrique

     
 
                   
                         

Dans son usage courant, linguistique, métaphysique, le signe est la marque d'une autorité à laquelle s'ordonne une idéalité invisible. Il exprime un sens. Il y a derrière lui une voix, une personne, un visage, une institution. Il fait signe vers la vérité.

Mais ce qui vaut pour l'écriture vaut aussi pour le signe. En tant que signe arbitraire, il est porteur d'une hétérogénéité absolue : il est monument, tombeau, pyramide. L'âme y est maintenue vivante comme souffle, mais c'est une sépulture. Le signe fonctionne par-delà sa mort.

En tant que langage, il supplée à la nature, à la perception immédiate.

Le logocentrisme repose sur le renvoi indéfini de signe à signe. Pour lier toute la culture par le sens, il faut exclure le texte (le hors-livre), et aussi le problème du cadre et de la signature.

Au-delà du logos, le signe, pris dans le mouvement de la différance, n'est soumis à aucune logique. Il appelle vers un autre texte. Un jeu infini de substitutions prend la place du centre (le signifié originaire).

Dans le moment de la crise, le signe perd son sens, les figures de la croyance craquent, la voix est destituée. La dérive indéfinie des signes pose des questions inouïes.

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Propositions

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La rupture de l'horizon de sens qui vaut pour l'écriture vaut aussi pour tous les langages et tous les ordres de signes, et aussi pour toute expérience

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Le signe marque l'autorité théorique du regard, un "être-en-vue" ordonné à l'idéalité invisible d'un logos qui s'entend-parler au plus proche de lui-même

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Le logocentrisme est le désir irrépressible de mettre un terme au renvoi de signe à signe par un signifié transcendantal

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Pour Husserl, le mot "signe" a un double sens : "expression" ou "indice", mais cela cache une présupposition métaphysique

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Le signe est la sépulture d'un souffle

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Le signe est porteur d'une hétérogénéité, d'une altérité absolue : le tout-autre

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Le corps du signe est un tombeau, une pyramide, un monument dans lequel l'âme est enfermée, gardée, maintenue en vie, présente, signifiée

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Pour Rousseau, le signe, comme l'écriture, est un supplément, une négativité, un mal qui supplée à la nature innocente et bonne

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L'écriture est le nom courant de signes qui fonctionnent malgré l'absence totale de sujet, par (delà) sa mort

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La tâche urgente, c'est d'inscrire une trace dans le texte tout en faisant signe vers un autre texte

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Si le signe précède le logos, il n'est soumis à aucune logique - contrairement à ce que croit la métaphysique

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Le signifié central originaire n'a pas de lieu naturel, il est une fonction où se jouent à l'infini substitutions de signes et systèmes de différences

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Pour construire la scène du signifiant et du signifié, la logique du signe doit exclure le problème du cadre, de la signature et du parergon

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Le système du signifiant entretient un effet de cadre, une logique du quart exclu où se dérobe la restance du texte

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Penser la différance au-delà de la présence ouvre à l'expérience d'une dérive indéfinie des signes comme errance et changement de scènes

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La différance est ce système de relais organiques qui sépare les forces et les dérive vers le signe et la parole articulée

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Le symbole fait toujours signe vers la vérité, dont il se constitue comme le manque

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Le visage ne signifie pas, il s'exprime, il est derrière le signe, il se donne en personne, comme la parole vive ou la voix

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Remettre en question le signifié transcendantal, c'est reconnaître que tout signifié est aussi en position de signifiant; c'est déconstruire, avec le signe, tout ce qui lie notre culture

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Le moment de la crise est toujours celui du signe : et s'il restait vide de sens?

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Au-delà du deuil, une désidentification intempestive fait craquer les signes, les modèles et les figures de la croyance

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Au-delà du savoir absolu, une question inouïe s'ouvre et réclame des pensées à travers de vieux signes

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Dans le théatre d'Artaud, la voix qui commande aux signes est destituée pour celle qui se laisse rythmer par le souffle

     


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