| Dans son usage courant, linguistique, métaphysique, le signe est la marque d'une autorité à laquelle s'ordonne une idéalité invisible. Il exprime un sens. Il y a derrière lui une voix, une personne, un visage, une institution. Il fait signe vers la vérité.
Mais ce qui vaut pour l'écriture vaut aussi pour le signe. En tant que signe arbitraire, il est porteur d'une hétérogénéité absolue : il est monument, tombeau, pyramide. L'âme y est maintenue vivante comme souffle, mais c'est une sépulture. Le signe fonctionne par-delà sa mort.
En tant que langage, il supplée à la nature, à la perception immédiate.
Le logocentrisme repose sur le renvoi indéfini de signe à signe. Pour lier toute la culture par le sens, il faut exclure le texte (le hors-livre), et aussi le problème du cadre et de la signature.
Au-delà du logos, le signe, pris dans le mouvement de la différance, n'est soumis à aucune logique. Il appelle vers un autre texte. Un jeu infini de substitutions prend la place du centre (le signifié originaire).
Dans le moment de la crise, le signe perd son sens, les figures de la croyance craquent, la voix est destituée. La dérive indéfinie des signes pose des questions inouïes. |