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Derrida, la lettre                     Derrida, la lettre
Les mots de Jacques Derrida               Les mots de Jacques Derrida  

Page créée par le scripteur le 9 octobre 2006.

[Derrida, la lettre]

Autres renvois :
     

Derrida, écriture et archi-écriture

     

L'écriture

     

Derrida, le gramme

 
                   
                         

La lettre derridéenne n'a pas de trajet propre. Dès le commencement, elle est restante. Elle n'a pas non plus de lieu propre, car elle peut toujours manquer sa destination. Elle n'est propre ni à son auteur ni à son destinataire. Elle fait trou. On ne peut rien lui associer avec certitude. Elle pousse à l'espacement - comme le point par rapport au corps de la lettre (i).

Ces caractéristiques la distinguent de la lettre lacanienne qui est (comme le signifiant ou le phallus) unique, indivisible, indestructible et identique à elle-même.

En poésie, la lettre derridéenne morcelle le corps du mot. Dans les arts graphiques, elle se donne à voir comme événement, hors langue. Ce n'est pas elle qui est à la source, mais le supplément, le gramme.

La lettre parasite l'intériorité.

L'histoire du peuple juif - en tant qu'il s'écarte de son propre - s'ancre dans la lettre. Par elle le non-dit devient prononçable - ce qui introduit à une autre logique.

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Propositions

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Le gramme est l'élément irréductible, antérieur à tout système et à tout couple d'oppositions du type humain/anhumain

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La structure restante de la lettre, c'est que sans la menace de ne pas arriver à destination, son circuit n'aurait même pas commencé

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La lettre est restante : elle n'a pas de trajet propre et peut toujours manquer à sa destination

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À la lettre, on ne peut associer avec certitude ni un destinataire, ni un expéditeur, ni un sens - ni une vérité?

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La lettre est toujours volée : elle fait trou car elle n'est jamais propre à son auteur ni à son destinataire

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Le spacieux institue l'espace par espacement de la lettre

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Une lettre parasite la pureté intérieure : elle s'installe pour brouiller l'audibilité de la voix

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La lettre vocale doit être indivisible, toujours identique à elle-même, quels que soient les morcellements de son corps

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La lettre lacanienne, comme le signifiant, est unique, indivisible et indestructible; son trajet propre la reconduit toujours à son point de départ

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Dans l'écriture universelle de la science (algèbre), le supplément est à la source, il n'est précédé par aucune présence ni aucune voix

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Le (i) est la lettre qui s'écarte de son propre

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Dans un dessin ou une peinture, une lettre - trait ou forme - se donne à voir hors langue

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La permutation cabalistique des lettres, logique "intérieure supérieure", coopère à une explication orphique de la terre

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Le juif se situe au point de l'origine radicale du sens, là où l'histoire s'ente dans la lettre

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Mallarmé ne traite pas le mot comme une unité apaisée (vox), mais comme un jeu d'articulations qui en morcelle le corps, le latéralise

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Dans le dessin d'Adami, la lettre fait événement : éclat de parole, elle troue l'espace du tableau, l'articulation du discours et aussi le langage

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La circoncision, castration simulée, fait du point sur le (i) un élément prononçable

     


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