Projet
Derrida
Art
Sources
Scripteur
Mode d'emploi
         
 
         
Le récit de l'Orloeuvre

TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

 DERRIDEX

Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, la promesse                     Derrida, la promesse
Sources (*) : Les mots de Jacques Derrida               Les mots de Jacques Derrida
Pierre Delain - "Les mots de Jacques Derrida", Ed : Galgal, 2004-2013, Page créée le 5 juillet 2009

[Derrida, la promesse]

Autres renvois :
   

Derrida, l'à-venir

   

Derrida, eschatologie, messianique

   
                 
                       

Tout texte - et tout langage - est mis en mouvement par une structure plus "vieille" que la parole, une archi-promesse qui engage et promet le vrai ou le nouveau. Il faut promettre. Même si on ne peut pas tenir la promesse, on peut la renouveler comme acte, comme performance, comme archive, réserve de pensée ou de mémoire.

L'essence de la promesse est qu'elle vient en plus, en trop. Pour rester une promesse, il faut que l'avenir qu'elle ouvre soit insaturable, indéterminable, il faut que soit préservé le secret qu'elle garde. Car l'à-venir qu'elle annonce est, comme celui du Démiurge, déroutant, imprévisible. Elle informe toute parole, mais ne garantit pas ce qu'elle propose, et ne fixe pas d'horizon à l'attente. Aucune communauté ne peut la prendre en charge.

La promesse est le lieu où s'inscrit la possibilité du politique, de l'éthique, du droit, de l'histoire, de l'enseignement et aussi de la religion. En principe, on ne peut promettre que du bien (la promesse appartient à l'ordre de la bénédiction) - mais on ne peut exclure la possibilité d'une promesse non sérieuse ou menaçante.

On a pu dire que l'homme était l'être capable de promesse. Cette formule promet beaucoup, elle invite à de nouvelles Humanités, à condition de ne pas la figer dans un "propre de l'homme".

Cette structure obéit à une loi de disjonction (ou d'aporie). La promesse doit être en même temps finie dans son principe - car à promettre indéfiniment, on ne promet pas; et infinie, incalculable, intenable, car une promesse ne peut pas se figer dans un programme. Elle suppose à la fois un désoeuvrement et un endettement, un acte et une déconstruction. C'est la loi du texte : impossible de se rassembler dans la présence. La promesse est, à tout instant, prise dans le battement des portes de l'avenir.

Dans la promesse intervient l'unique axiome de la déconstruction : ouverture de l'avenir. Chaque fois que j'ouvre la bouche, je promets une langue inouïe. Même quand elle s'annonce comme réparation, désir de restaurer une langue originaire qui aurait laissé sa marque, la promesse n'a pas d'autre contenu qu'une structure formelle, vide mais messianique.

On ne peut pas en jouir directement, mais on ne peut pas non plus jouir d'autre chose que d'une promesse.

 

 

--------------

Propositions

--------------

-

En tout langage, une structure d'archi-promesse est irréductible : c'est le moment du nom, de la parole ou du titre qui depuis son insignifiance promet le sens ou le vrai

-

Une structure immanente de promesse ou de désir, une attente sans horizon d'attente, informe toute parole

-

Une avant-première langue, toute autre, laisse sa marque dans la langue - mais comme un dehors absolu, hors-la-loi, une promesse, un appel à venir

-

La loi de la promesse est la loi du texte : la disjonction, qui interdit le rassemblement de l'être dans la présence

-

La promesse est un acte impossible, mais le seul digne de son nom : on ne peut pas la tenir, mais on peut la renouveler

-

L'archive garde en elle un poids d'impensé qui engage l'histoire du concept, son ouverture à l'avenir, sa promesse messianique

-

Une promesse doit être en même temps infinie, incalculable, intenable - et finie dans son principe, car à promettre indéfiniment, on ne promet plus

-

Dans la structure d'une promesse s'annonce une aporie, un paradoxe : dans l'acte d'un désoeuvrement, le temps s'endette auprès d'un autre

-

Dans l'événement aporétique, la parole s'affecte du dehors, sa valeur d'acte et de vérité se déconstruit

-

On promet toujours trop - et ce "trop" est l'essentiel de la promesse

-

Une promesse propose - rien à l'horizon ne l'assure ni ne la garantit : la pro-position mise en oeuvre ne peut être connue absolument

-

La promesse est déjà là, dans le langage, comme une étrange mémoire dont on ne se rappelle aucun souvenir

-

L'axiome de la déconstruction, ce à partir de quoi elle s'est toujours mise en mouvement, c'est l'ouverture de l'avenir

-

La promesse ouvre, dans le présent, un futur non saturable, l'avance d'un à-venir qui fait place à l'autre et que rien ne saurait fermer

-

Promettre, c'est s'engager pour l'avenir à garder un secret

-

Les nouvelles "Humanités" à venir, sur lesquelles il faut travailler, traitent d'une idée ou d'un "propre" de l'homme qui implique toujours la promesse

-

La promesse du Démiurge laisse place à un "nous" indérivable, sans rassemblement assuré ni intersubjectivité, sans communauté ni réciprocité

-

Chaque fois que j'ouvre la bouche, je promets : et cette promesse annonce l'unicité d'une langue inouïe, à venir

-

En l'absence de langue maternelle, quand le passé est indisponible, surgit le désir d'écrire pour restaurer une langue originaire - comme promesse d'une langue à venir

-

Une promesse appartient à l'ordre de la bénédiction : je ne peux promettre que du bien

-

A-t-on jamais joui d'autre chose que d'une promesse?

-

Dans la religion comme dans la raison, un "Je promets la vérité" est toujours à l'oeuvre, où déjà la place de Dieu - celle du témoin - est invoquée ou convoquée

-

"Professer" est toujours un acte de parole performatif : c'est s'engager, par une promesse publique, à témoigner de son savoir

-

S'il y a une religion, c'est celle par laquelle, en héritant du Démiurge, "nous nous promettons" d'y survivre

-

[Instituer un démiurge, lui élever un tombeau, c'est ériger et garder notre monde en tant que promesse]

-

Le messianique en général (sans contenu) est la structure formelle, indéconstructible, de la promesse émancipatoire, qui conditionne un autre concept du politique et de la démocratie

-

Il y a trois portes à l'avenir : promesse, indétermination, affirmation inconditionnelle

logo

 

 

 

 


Recherche dans les pages indexées d'Idixa par Google
 
   
   
Follow @pdelayin

 

 

 
   
 
     
 
                               
Création : Qylal

 

 
Idixa

Marque déposée

INPI 07 3 547 007

 

Derrida
DerridaPromesse

AA.BBB

DerridaCheminements

PR.OME

AP_DerridaPromesse

Rang = zQuois_Promesse
Genre = -