| Derrida a expliqué un jour que son athéisme (qu'il ne conteste pas) et la déconstruction des discours religieux dans laquelle il est engagé, n'impliquent pas le moindre désir de détruire ou de disqualifier la culture abrahamique. C'est au contraire la marque d'une fidélité. Il a lu ces textes comme ceux de nombreux philosophes : les déconstruisant dans le geste même où il recueillait leur héritage. Il ne s'interdit pas de parler de dieu, de l'alliance ou de la tora.
Que Dieu parle pour ne rien dire ou que le messianique soit sans contenu ne les invalide pas (au contraire) car, même absent, dieu est le témoin absolu. Dans la violence du vide, seul son nom subsiste.
La différance n'en est pas moins irréductible à toute théologie, qu'elle soit chrétienne ou techno-scientifique, qu'elle proclame ou non la mort de dieu. Elle pose la question d'un athéisme radicalement désenchanté.
La modernité, commandée par l'absence du dieu juif, est insituable.
Pour un écrivain, ne pas croire à sa propre survie implique une dénégation - car écrire, c'est envisager sa propre survie.
Lire la Cabale comme dissémination, c'est mettre le texte à la place de dieu. Pour un athéisme radical, il faut aller encore plus loin.
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