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Le récit de l'Orloeuvre

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de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, la Cabale                     Derrida, la Cabale
Sources (*) : Les mots de Jacques Derrida               Les mots de Jacques Derrida  
Pierre Delayin - "Les mots de Jacques Derrida", Ed : Idixa, 2004-2009, Page créée le 13 décembre 2005 Derrida, sa Cabale cachée

[Derrida, la Cabale]

Derrida, sa Cabale cachée Autres renvois :
   

La Cabale cachée de Jacques Derrida

   

Derrida, le judaïsme

   
                 
                       

Il semble que Jacques Derrida, respectant sur ce point la tradition, ait commencé à s'intéresser à la Cabale vers l'âge de 40 ans. Elle ouvre la possibilité d'affirmer un certain athéisme sans s'éloigner de la tora ni du judaïsme, Il lui arrive de l'évoquer assez directement :

- le Pardès, avec ses quatre niveaux de connaissance, il dit l'avoir dans le sang.

- depuis l'enfance, il s'adressait en imagination à un dieu juif (masculin); plus tard, athée, mieux informé de la tradition juive, il s'est adressé à la chekhina (féminine).

- la colonne des nombres - avec ses permutations - veille dans son présent le plus secret, son for intérieur.

- s'il y a création, ce n'est pas à partir du verbe, c'est ex nihilo, car la voix et le temps s'auto-produisent à partir de rien.

- le texte se génére par l'espacement, qui est une sorte de tsimtsoum généralisé.

- on peut lire la Cabale de façon athée, comme dissémination. Son centre [dieu] n'est alors plus une unicité, c'est un texte avec sa polysémie et sa multiplicité.

- la permutation des lettres est une autre logique comparable à l'orphisme, et aussi à l'écriture mallarméenne. Pour une part, l'écriture de Derrida met en oeuvre cette autre logique.

Il lui arrive aussi de ne l'évoquer que de manière implicite (selon la lecture que nous en faisons) : ce que nous appelons sa Cabale cachée.

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Propositions

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Le modèle quaternaire du discours paradisiaque de la "rationalité" juive (pshat - Remez - Drash - sod), je l'ai dans le sang

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La dissémination passe par une colonne transparente, réfléchissante - phallus vidé de lui-même ou tour de Babel - où se joue le déplacement des marges

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Un retrait (tsimtsoum) maintient à jamais l'espacement qui génère le texte

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Derrida déconstruit, comme Aboulafia, le nom commun de dieu (Adonaï) pour construire le nom indicible (Yhvh)

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Lire la Cabale comme dissémination, c'est-à-dire de façon athée, c'est la réduire à sa textualité, en ruiner le centre hégémonique, en subvertir l'autorité comme l'unicité

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La permutation cabalistique des lettres, logique "intérieure supérieure", coopère à une explication orphique de la terre

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A travers la figure du dieu juif (lui en moi), ma prière s'adresse à une présence divine ou chekhina (elle en moi) qui emplit l'espace dans lequel mon athéisme peut se déplacer

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Qu'en est-il de la voix et du temps? Tous deux reproduisent l'auto-affection pure, qui n'est engendrée par rien

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Autour de l'âge de 40 ans, Derrida lit la Cabale comme elle n'a jamais cessé d'être lue : une sorte d'athéisme

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