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TABLE des MATIERES :

Mode d'emploi des moteurs IDIXA.

                            NIVEAUX DE SENS :

 
   
Qu'est-ce que l'art?                     Qu'est-ce que l'art?
Les oeuvres transforment l'art               Les oeuvres transforment l'art  
Nicu Oracinescu - "Vers l'inéluctable défaite des artimaticiens", Ed : Galgal, 2007, Page créée le 20 octobre 2005

[Qu'est-ce que l'art?]

Autres renvois :
   

Jacques Derrida, l'art, l'oeuvre

   

Kant et l'esthétique

   
                 
                       

Le simple fait de poser la question laisse entendre que l'objet d'art est indéfinissable. Alors pourquoi la poser? Soit nous ressentons la dimension artistique, soit nous ne la ressentons pas. Dans les deux cas, chercher la définition ne sert à rien, sauf si cette recherche apporte une part de la jouissance. Car nous aimons les énigmes. J'ai du plaisir à voir cette chose, le fait de ne pas savoir pourquoi augmente mon plaisir, et le fait de m'interroger sur ce plaisir l'augmente encore plus.

 

Indécidable.

On peut dire que le concept d'art est indécidable. C'est un peu facile, et aussi un moyen d'échapper à ses responsabilités. L'art serait-il une sorte de jeu? Une fiction qui marche d'autant mieux que de puissantes institutions s'appuient sur elle? Une circularité où l'art justifie les oeuvres, et les oeuvres justifient l'art? Une collection de pratiques artistiques diverses et variées, dont le seul point commun est d'être nommées art ou d'être exhibées dans les musées ou les galeries?

Dire qu'une oeuvre d'art a pour caractéristique de n'être pas ce qu'elle est est un peu plus précis. L'oeuvre nous entraîne dans un mouvement, un au-delà dont nous avons la charge. Elle dépasse ses propres définitions. L'incertitude qu'elle ouvre est celle du rapport au tout-autre. Elle s'enrichit sans limite de toutes les définitions contradictoires ou incompatibles qu'on lui fait porter.

(On peut en dessiner le cercle.)

 

Une force primordiale, l'inconnu en nous.

L'artiste recueille une énergie qu'il ne cherche pas à connaître. Il joue sur le non-savoir, sur l'inconnu, sur une force qu'il livre toute entière à la jouissance. Il fait venir des forces démoniaques, incontrôlables, magiques. Il nous plonge dans une crise, nous éblouit.

L'oeuvre est par ce qu'elle déclenche en nous et que nous ignorons. Nous faisant régresser vers un état primitif, elle nous incite à une méditation silencieuse, une prière. Elle rend licite une autre modalité du voir que nous évitons d'habitude. Nous contemplons en elle nos propres expériences vécues, notre tragédie, notre symptôme. Nous nous abîmons en elle. Elle nous protège contre ce que nous ne maîtrisons pas.

Pour le meilleur ou pour le pire, elle fait émerger des symptômes qui ne se seraient pas manifestés autrement. Elle dérange notre culture usuelle en renvoyant à un centre tu, enfoui.

 

Emotion, vécu, sensibilité, expérience.

L'oeuvre (si c'est une oeuvre) révèle une dimension encore méconnue de la sensibilité. Elle localise les tensions, les accroît, les catalyse, les réveille. Elle déchire l'ordinaire de l'expérience. Elle suscite une émotion que personne n'avait encore désignée.

Nous en tombons amoureux, comme d'une personne.

En captant notre émotion, l'oeuvre nous évite le dégoût.

 

Forme, figure, mimesis.

L'art commence avec la renonciation à la ressemblance parfaite. Cette ressemblance étant impossible, la conquérir est une tâche infinie.

Aucune oeuvre n'échappe à la question de la forme, pas même les plus conceptuelles. Même l'art le moins figuratif s'expose à la figurabilité.

 

Idée, symbole.

Par l'intermédiaire du visible, l'art montre une idée, une activité de l'esprit, un jugement. Il imite l'invisible, il en est l'iconographie.

L'oeuvre ne renvoie à aucun référent spécifique, au contraire elle en éloigne. A la place des objets, elle met des signes, des symboles qui résistent aux interprétations. Il invite au sens, mais ne fige aucun sens.

Qu'elle les accepte ou les refuse, l'oeuvre met en rapport avec des règles, un idéal d'harmonie vis-à-vis duquel elle est toujours en défaut.

En tant que source d'idées, l'art se substitue à la métaphysique en plein effondrement.

 

Humanisme.

L'idée d'art est inséparable de l'humanisme. Qu'il réponde ou non à un besoin, l'art exprime d'abord l'humain dans sa dignité la plus nue, en tant qu'il s'arrache à la nature, qu'il imite l'acte divin, qu'il crée, etc... Le propre de l'homme, c'est qu'il est capable de produire librement des oeuvres. Certains y croient tellement qu'ils imaginent que l'art leur apportera le salut.

 

Question, vérité.

Faite pour résoudre une question (la question ponctuelle de l'artiste), l'art en pose d'autres. Il est, par essence, interrogatif.

 

Singularité, autonomie.

Une oeuvre d'art est un objet singulier. Elle est une monade à considérer comme telle, dans son unicité, indépendamment des critères habituels de l'histoire de l'art : styles, courants, artistes, etc... Elle s'interprète elle-même, elle génère ses propres lois (ce qui justifie son prix). Autonome, elle n'est conditionnée que par ses propres règles de production. Elle n'est réductible à aucun genre.

Elle semble unique, mais son principe même est d'être reproduite. Sans ces substitutions, il ne pourrait pas y avoir de marché de l'art.

 

Du retrait à la Chose.

Dans l'art, quelque chose se retire mais reste présent. De quoi s'agit-il? Qu'est-ce qui est à l'oeuvre dans ce paradoxe apparent? Est-ce une vérité, le dévoilement d'une origine, l'ouverture d'un monde, la production d'un évenement par l'acte même de la création? Cela provient-il de l'oeuvre même, ou d'une altérité? Il nous appartient de ne pas escamoter cette mise en jeu, de nous en faire les gardiens.

 

Supplémentarité et limite.

Plus l'art moderne se veut autonome, plus il est porteur d'altérité. Chaque style, chaque genre, chaque oeuvre porte à sa façon cette antinomie. Van Gogh disait que l'art, c'est l'homme ajouté à la nature. On peut généraliser sa proposition : l'art est toujours en plus, l'oeuvre déborde tout arrêt, toute halte. Chaque oeuvre trouve en elle-même la vérité qui repousse ses limites. Il lui faut entretenir les écarts et les borner, jouer des tensions et les arrêter. Il y va de cette ambiguité dans toute beauté : l'oeuvre affronte l'altérité sensible, en la mettant à notre portée.

 

Une fabrication de l'histoire de l'art.

Les historiens de l'art se sont donné pour tâche de classifier les styles et les objets, de les organiser, les structurer. Ce travail peut conduire à une tyrannie du visible qui masque les oeuvres, il peut jouer comme obstacle à leur réception.

 

Un objet, une marchandise.

Tout ce qui est demandé, n'importe quoi, peut devenir oeuvre d'art, s'il répond à une demande et s'il est susceptible de réifier la parole. Pour les clients et les utilisateurs, ce sont des fétiches, et pour les marchands, ce sont des valeurs d'échange.

 

Une condensation du temps, de l'histoire.

Même si on ne peut pas l'enfermer dans les catégories de l'histoire de l'art, toute oeuvre porte l'empreinte de son temps. Elle le monte et le démonte, comme un jeu. Comme le poème, elle est une ouverture dans la langue. Elle frémit d'un avenir inconnu, même pour elle.

Elle est traversée par la technique. Certains croient qu'elle peut aider l'homme à s'en sauver.

 

L'acte de l'artiste.

L'art apparaît avec l'artiste, et toute oeuvre d'art est une affirmation de présence d'un artiste (des artistes, et des institutions qui vont avec). Avec la performance, la dimension artistique se concentre dans l'art et le corps de l'artiste.

  

Rite, mythe.

Soit l'oeuvre sert dans un culte ou un rite, soit elle s'expose, elle s'exhibe. Muette comme une idole, elle nous enferme dans son mythe, elle fige le temps en un destin. En elle est sensée résonner la totalité de l'univers, ce qui ne peut être qu'une falsification.

 

Retour à l'indécidable.

Aucun concept ni définition n'exprimant complètement l'oeuvre d'art, on conclut qu'elle est en affinité avec l'indéfinissable, qu'elle seule peut représenter l'irreprésentable. Toutes les antinomies s'y concentrent. A ce point, le cercle recommence. Il nous reconduit à un pur nominalisme : Est de l'art ce qui a fait l'objet d'une déclaration : Ceci est de l'art. Mais nous ne sommes pas tout à fait dupes; nous savons que c'est insuffisant.

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Propositions

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Le concept d'art est indécidable

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Est de l'art ce que nous désignons sous ce nom

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Quand on s'interroge sur l'art, on ne peut pas échapper à une circularité : l'art existe par les oeuvres, et les oeuvres par l'art

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L'oeuvre d'art fondamentalement n'est pas ce qu'elle est

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Dessin et couleur sont en eux-mêmes les définitions d'un langage, et l'art commence dès qu'il dépasse ses définitions

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Au-delà de tout genre, l'art suppose, dans un espace quasi-transcendantal, l'éloignement de tout référent perceptible

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Tous les arts sont mis en oeuvre

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Considérer l'art dans sa généralité est une vaste duperie; seules comptent les pratiques artistiques dans leur diversité

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Une oeuvre d'art est, comme le rêve, ce qui la fait être

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Le readymade fait ressortir l'antinomie du jugement artistique : "L'art n'est pas un concept, mais il est un concept"

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L'art n'est pas de l'ordre du voir ni du savoir, mais de l'ordre du jugement

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Quand l'acte de création, en tant qu'événement singulier, ressort de l'oeuvre même, alors il y a création et non production

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La peinture est le lieu d'une auto-affection où l'image s'entend dans la tension d'un silence

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L'art n'existe pas : il se déclare comme l'amour, les droits de l'homme ou la fin de l'art (par le readymade)

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L'histoire de l'art prétend proposer un savoir sur l'objet d'art, alors que l'oeuvre d'art se spécifie par un non-savoir

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Un non-savoir nous éblouit chaque fois que nous posons notre regard sur une image de l'art

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Le readymade est de l'art dans la mesure où il résiste aux interprétations

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Contrairement aux concepts, les oeuvres d'art sont des objets uniques, irréductibles à des lois

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Une idée esthétique est une représentation de l'imagination qui donne à penser, sans qu'aucun concept ni aucun langage ne la rende intelligible ni ne l'exprime complètement

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L'art est une anecdote de l'esprit, la seule possibilité de concrétiser sa vitesse et son silence

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Les oeuvres d'art ne continuent d'agir qu'en tant que centres grouillants de forces ou de croisement d'expériences vécues

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L'image d'art est une mémoire virtuelle de ce qui fait symptôme pour un sujet

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Lorsque, comme aux temps archaïques, la personne du contemplateur redevient inconsciente, l'oeuvre d'art acquiert la force d'un démon ou d'un spectre

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"Fontaine" de Duchamp (1917) est le symbole même de la valeur symbolique et du pouvoir magique du mot art

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L'oeuvre d'art est le miroir dans lequel l'auteur et le spectateur doivent se contempler, retrouver leurs expériences les plus profondes

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Les oeuvres d'art sont des barrières provisoires et vaines à des événements non maîtrisables qui risquent de les dissoudre

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En nous desaisissant des conditions normales de la vision, l'image d'art nous fait revenir à ce qui conditionne le regard : le "visuel"

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Ne me touchent que les photos qui renvoient à un centre tu, enfoui en moi-même (punctum), qui vient déranger ma culture usuelle (studium)

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Le jeu enfantin est la première initiation à l'art

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L'artiste n'imite pas les choses de la nature, mais il imite en tant que sujet-auteur la production de la nature ou l'acte divin

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Sous l'influence de Shaftesbury, le centre de la problématique esthétique s'est déplacé de l'oeuvre d'art (classicisme) ou du sujet (empirisme) vers le processus de création

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L'idée d'une radicalité de l'art suppose une puissance singulière de présence, d'apparition et d'inscription, capable de déchirer l'ordinaire de l'expérience

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Le chef d'oeuvre artistique ou esthétique est ce qui parvient à susciter une émotion qui n'avait jamais été désignée auparavant

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L'art est, en son essence, une origine

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Il s'agit de ne plus escamoter dans l'oeuvre d'art sa mise en jeu de l'origine

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L'oeuvre d'art répète le drame du retrait obligé de la "véritable image" derrière l'image-objet voilée de mystère

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En concevant l'oeuvre par son intelligence organisatrice, en la composant avec justesse, l'artiste révèle et objective sa sensibilité

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Il s'agit, dans l'art, d'affronter l'altérité de la matière sensible comme immatérialité

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La sensibilité à l'art et le jugement esthétique sont des actes d'amour

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Antinomie du modernisme : plus on accentue le "propre de l'art", plus on est conduit à assimiler ce "propre" à l'expérience d'une altérité radicale

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L'essence de l'art est de contenir ses propres limites, qu'il repousse toujours

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[Face à l'objet d'art ou de culte, nous faisons halte; mais l'oeuvre déborde]

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L'art n'a d'autre caractère général que de signifier qu'un sens est possible

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L'essence de l'art, c'est la vérité se mettant elle-même en oeuvre

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Dans l'oeuvre d'art, c'est la vérité qui est à l'oeuvre

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L'oeuvre d'art nous fait savoir ce qu'est en vérité la chose

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L'art commence historiquement quand la ressemblance parfaite, c'est-à-dire l'empreinte (imago), est abandonnée

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L'art est la reconquête de la ressemblance perdue

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Pour une image d'art, la ressemblance est impossible car elle fait symptôme : cri, mutisme ou jaillissement de la vérité dans l'image supposée parlante

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L'art répond à un besoin fondamental de l'homme en général

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Le fond de l'oeuvre d'art est l'identité de l'humain

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La dignité morale du readymade est d'exposer dans sa nudité la misère de l'artiste

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L'art est une fiction humaniste

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L'art marque un des seuils où les humains s'arrachent à leur condition de nature et où leur univers se met à signifier

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L'art récupère la métaphysique en plein effondrement : au lieu de s'idéaliser à travers ses dieux, l'homme trouve dans l'oeuvre d'art la compensation de ses échecs

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L'artiste contemporain explore la jouissance dans son lien à l'horreur et au néant

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L'oeuvre d'art est un spectre qui s'est accaparé l'énergie du sujet et l'immortalise

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Un art ouvre l'incertitude infinie du rapport au tout-autre

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Seule une oeuvre d'art peut représenter la choa, car seule une oeuvre d'art peut représenter l'irreprésentable

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L'art contemporain est une iconographie de l'invisible projetée dans le vide

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L'art est une aventure qui nous emmène dans un monde inconnu

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Celui qui contemple une oeuvre d'art dévie son énergie vers elle, comme celui qui prie

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Une oeuvre d'art est "totale" dans la mesure où elle prétend exprimer, en tant que fragment, l'essence de l'univers

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L'art est un travail sur la figurabilité

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L'art a la noble mission de faire pénétrer une forme dans la matière rebelle

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La valeur biologique de l'art, c'est que chaque création provoque un accroissement du disparate et un renforcement de la tension des expériences vécues

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Tout art est défectueux

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L'oeuvre d'art est un cristal de crise ouvert au traumatisme psychique

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On accède au "contenu" de l'oeuvre d'art par un questionnement sur son symptôme

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[Il y a oeuvre d'art quand la différance est impossible à arrêter]

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Celui qui se recueille devant une oeuvre d'art s'y abîme; au contraire, celui qui se distrait recueille l'oeuvre en lui

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Une oeuvre d'art est importante dans la mesure où elle marque son temps et en porte l'empreinte

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Toute oeuvre d'art fige l'instant en un destin que plus aucun élan vital ne peut animer

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L'oeuvre d'art n'a de valeur que dans la mesure où elle frémit des réflexes de l'avenir

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Les catégories d'art et d'histoire sont des obstacles épistémologiques pour l'historien d'art

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La tyrannie du visible est un écran qui s'interpose devant les oeuvres d'art

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L'art participe d'une economimesis : économie pure où le propre de l'homme se réfléchit dans sa productivité

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Dans la décoration des passages parisiens, l'art se met au service du marchand

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L'art moderne se donne des finalités (l'art pour l'art, la politique, l'esthétique ou l'éthique) qui masquent son seul impératif absolu : "Sois libre et fais n'importe quoi"

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L'art, c'est l'homme ajouté à la nature (Van Gogh, Paysan creusant, 1882)

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Aujourd'hui, l'oeuvre d'art ne se présente pas autrement que comme une valeur commerciale; mais son prix, elle le reçoit d'un rapport privilégié de valeur à la jouissance

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L'oeuvre d'un art nous dérobe cet art en même temps qu'elle nous le présente, parce qu'elle est à la fois moins et plus que lui

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Il y a marché de l'art car, l'oeuvre étant détachée de tout référent, il n'y a pas de limite à la surenchère substitutive

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Il est du principe de l'oeuvre d'art d'avoir toujours été reproductible

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Depuis que la photographie a été employée pour reproduire les oeuvres d'art, l'art lui-même est devenu photographique

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Il y a trois sortes d'art : l'art qui se sert de la chose, l'art qui la fabrique, l'art qui l'imite

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Pour permettre à l'oeuvre d'art d'être une oeuvre, il lui faut des gardiens qui répondent de ce qui advient en elle comme vérité

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Le musée et la galerie sont des espaces clos, préservés, qui incitent au recueillement ou à la méditation

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La prévalence de la valeur d'exposition sur la valeur cultuelle de l'oeuvre d'art se traduit par un changement qualitatif qui affecte sa nature même

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Le propre de l'oeuvre d'art est sa présence se suffisant à elle-même

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Walter Benjamin aura marqué son entrée dans l'histoire de l'art en disant qu'elle n'existe pas : chaque oeuvre est une monade à considérer comme telle

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Dans le projet moderniste d'autonomie de l'art, l'art est défini par sa réduction progressive à ses conditions nécessaires et suffisantes

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Les oeuvres sont en général les premiers interprétants des oeuvres

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L'oeuvre d'art fait du spectateur un Soi silencieux (Selbst) enfermé en lui-même, en lequel résonne sa propre singularité

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Tout art, qu'il soit prosaïque ou poétique, ne revêt-il pas aux yeux d'un juif qui y regarde d'assez près les traits d'une falsification?

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Quand l'oeuvre d'art en elle-même se dresse, alors s'ouvre un monde, dont elle maintient à demeure le règne

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[La performance est une action accomplie par un "performer" en présence d'un public afin de s'assurer de sa place en tant qu'artiste dans la société]

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L'image d'art est le lieu d'une tension entre mimesis et methexis

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L'art peut représenter sans dégoût la laideur ou l'horreur

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Le rôle de l'art est de représenter le tragique (Valerio Adami, 1976)

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Comme la science, l'art met les signes des objets à la place des objets; il ne se distingue d'elle que par l'usage qu'il en fait

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Le tableau est une idée pensée à fond, par l'intermédiaire de laquelle sont véhiculés des messages prophétiques et éthiques

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L'iconologie laisse entendre que les images de l'art imitent l'invisible autant que le visible

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L'oeuvre d'art est symbole, qui réunit une chose à "autre chose"

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Tout art demeure sous la loi du monde mythique

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Tout art est essentiellement Poème : union intime avec la langue et la parole

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Prenant exemple sur la géométrie, l'esthétique classique refuse de fonder l'art sur l'imagination, et privilégie les rapports et les règles

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L'oeuvre d'art est une réification de la parole

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On peut rêver de l'humanité d'un monde dans lequel étudier l'image nous sauverait de toute violence

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L'idée d'art a un sens obligatoirement interrogatif

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En tant que dévoilement producteur, l'art peut sauver l'homme de l'arraisonnement par la technique moderne

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"Art juif" est indéfinissable, car "art" est indéfinissable, et "juif" aussi

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L'art religieux était pratiqué comme un rite; si le canon était enfreint, l'oeuvre d'art perdait son efficacité magique

     


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