Derrida
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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

                     
                     
Le cinéloft du Quai                     Le cinéloft du Quai
Sources (*) : Les récits danéliens (recueils et recueillements)               Les récits danéliens (recueils et recueillements)
Ouzza Kelin - "Les récits idviens", Ed : Guilgal, 1988-2018, Page créée le 23 mai 2014

 

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Page créée le 23 mai 2014.

Le retour de Danel Qilen

[Le cinéloft du Quai]

Le retour de Danel Qilen
   
   
   
                 
                       

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Dans le vaste bâtiment qu'on avait pris l'habitude d'appeler le loft, il y avait deux cours. Elles ont dû, à un moment, être quasiment identiques, voire symétriques. L'une d'entre elles était restée ouverte sur l'extérieur. Le soleil y pénétrait par de vastes baies vitrées, dont la forme avait été conservée depuis le 17ème siècle (c'est là que se trouvait le bâtiment d'origine, qui avait été transformé en loft et donnait son nom à l'ensemble). Après quelques aménagements, cette cour avait fini par être entièrement recouverte, de sorte qu'aucune lumière naturelle ne pouvait y pénétrer (vu de haut, c'était un toit d'ardoise, mais vu d'en-dessous, on pouvait repérer différentes strates). Dans cette zone se situaient la plupart des salles actives. On pouvait y pénétrer par l'entrée principale (sur le quai), mais aussi par une entrée secondaire qui donnait derrière, sur la rue. La porte cochère, surmontée par une enseigne où l'on reconnaissait un profil de jeune fille, ouvrait sur un couloir qui distribuait plusieurs escaliers qui ne portaient aucun nom ni numéro, mais se diversifiaient nettement par leur forme, leur disposition, leur couleur, leur éclairage. Selon l'escalier qu'on choisissait, on arrivait à différents couloirs qui desservaient des pièces dans lesquelles il était toujours possible d'entrer, car aucune des portes ne fermait à clef. Il y avait aussi des passerelles qui conduisaient aux autres parties du bâtiment. L'ensemble devait avoir une hauteur de sept ou huit étages, peut-être un peu plus que l'immeuble moyen parisien.

Quelque part vers le milieu de la cour, à moins que ce ne soit sur un bord, on trouvait un espace plus grand, d'un seul tenant, morcellé par des écrans dont on n'arrivait pas à savoir s'ils pendaient ou si un mystérieux système magnétique les stabilisait en l'air. En tous cas ils étaient opaques (ce qui se projetait d'un côté ne se voyait pas de l'autre), de différentes tailles, et articulés à des planchers apparemment faits de la même matière que les écrans, mais capables de supporter des poids conséquents, car de nombreuses personnes s'y trouvaient, assises par terre, sur des briques ou sur des chaises improvisées, vautrées, couchées, étalées les unes près des autres ou encore se levant, marchant, échangeant quelques mots avant de revenir à leur point de départ ou de choisir un autre lieu, une autre toile où porter leurs regards. Certains écrans semblaient vides, blancs ou inertes, tandis que sur d'autres on repérait de loin des images sans pouvoir deviner exactement leur contenu. Il y avait aussi des personnes qui portaient des casques ou des écouteurs, mais pas toutes. Certaines regardaient les images qui défilaient sur les écrans, tandis que d'autres, un peu plus loin, semblaient discuter avec animation.

Comment cette partie du loft s'était-elle transformée en ce multiplex étrange et labyrinthique? Posez la question, vous n'aurez pas toujours la même réponse. Selon les uns, le mouvement a été lent, progressif. Il fallait, dans ce vaste espace, trouver des lieux séparés pour accueillir les controverses qui ne cessaient de jaillir. Comment faire pour préserver un minimum (maximum) d'intimité dans un espace ouvert? Ainsi serait née l'idée de l'écran, et c'est seulement dans un second temps qu'on y aurait projeté des films. Selon d'autres, il y aurait eu à un certain moment un événement, quelque chose comme une décision, celle de faire du loft un lieu de projection. Le cinéloft aurait été imaginé comme un cinémonde; et les controverses, la résonance verbale ou textuelle de ce cinémonde.

[Ozzy : Tu es au cinéma, dans une salle obscure, face à l'écran. Tu as décidé de ne t'attendre à rien, comme si tu ne savais absolument rien du film qui va bientôt commencer. Son titre? Ses personnages? Son thème? Tu veux l'ignorer, car tu penses que cette ignorance stimulera ton plaisir et ton intellect, t'excitera, te troublera (Troubler au point de faire perdre à quelqu'un ses moyens, le décontenancer, le mettre dans l'impossibilité de répondre), te confondra. Confondre quoi? Cette scène, la seule qui chaque fois commence, absolument vierge].

Passant d'un couloir à l'autre, d'une passerelle à l'autre, ne faisant absolument pas attention à la signalétique à laquelle il ne comprend rien, Danel découvre avec étonnement cet étrange labyrinthe où l'on passe d'un espace à l'autre sans même s'en rendre compte. Il s'arrête parfois, regarde quelques minutes d'un film et continue. Le cinéma l'attire, il s'y laisse toujours prendre avec plaisir. Puis il en a marre de marcher en évitant ici un corps étendu, là une chaise oubliée. Il s'installe sur un coussin, son dos appuyé contre un mur. Il ne sait pas ce qu'il voit. Peut-être un documentaire, peut-être pas. Il sent ses jambes se détendre.

 

 

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Propositions

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[(CinéAnalyse) : En invitant, chaque fois, à un nouveau commencement]

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[(CinéAnalyse) : En témoignant de la présence, dans le temps même où elle est brisée]

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[(CinéAnalyse) : En montrant ce dont on ne revient pas : la mort]

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[(CinéAnalyse) : En faisant de la mort un événement "live", vécu en direct, dans le film, par le spectateur]

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[(CinéAnalyse) : En disant : "Je suis mort"]

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[(CinéAnalyse) : En reconnaissant sa dette à l'égard de la mort]

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[(CinéAnalyse) : En appelant au deuil, inarrêtable et infini, d'une trace qui s'efface]

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[(CinéAnalyse) : En nouant indissociablement la vie et la mort]

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[(CinéAnalyse) : En prenant acte du sort nouveau de l'humanité : nous sommes tous orphelins, et il faut faire avec

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[(CinéAnalyse) : Shoah : En témoignant d'un deuil inconcevable, inouï, inénarrable]

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[(CinéAnalyse) : En répondant à la hantise du référent par tous les artefacts et moyens disponibles]

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[(CinéAnalyse) : En acceptant le risque de perdre le référent - ce qui génère une productivité infinie]

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[(CinéAnalyse) : En laissant persister la photographie, dans le cinéma même]

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[(CinéAnalyse) : En pleurant, implorant, sans rien connaître de ce qu'on implore]

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[(CinéAnalyse) : En portant à l'écran l'impossibilité du deuil]

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[(CinéAnalyse) : En s'écrivant à même la Khôra, à même le subjectile]

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[(CinéAnalyse) : En venant à la place d'une origine qui n'a jamais existé]

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[(CinéAnalyse) : En offrant aux spectres l'occasion d'une survie]

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[(CinéAnalyse) : En tentant, par fantasmes et fantasmagories, de faire tenir ensemble l'inconciliable]

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[(CinéAnalyse) : En recouvrant l'amnésie]

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[(CinéAnalyse) : En archivant l'écrit, la mémoire, l'image et le son]

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[(CinéAnalyse) : En ruinant les autorités, légitimes ou pas, qui pourraient soutenir, protéger ou sauvegarder l'archive]

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[(CinéAnalyse) : En circulant d'un film à l'autre, on parcourt le langage du monde]

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[(CinéAnalyse) : En démultipliant les parerga]

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[(CinéAnalyse) : En recueillant le testament d'une date]

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[(CinéAnalyse) : En laissant s'exercer la puissance du nom]

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[(CinéAnalyse) : En disant "Il faut que je te porte" (dans la singularité)]

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[(CinéAnalyse) : En cédant à un film : en se laissant traverser, transformer par lui]

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[(CinéAnalyse) : En diffractant la signature]

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[(CinéAnalyse) : En racontant ma vie, en me racontant : auto-bio-graphie]

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[(CinéAnalyse) : En faisant de la vie de l'autre une autre vie - qui est aussi la mienne : hétéro-bio-graphie

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[(CinéAnalyse) : En me racontant à travers la vie d'un autre : auto-hétéro-bio-graphie]

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[(CinéAnalyse) : En me mettant à la place d'un autre pour raconter, comme si j'étais vivant, ma propre mort : "Auto-thanato-graphie"]

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[(CinéAnalyse) : En portant la mort de l'autre qui est aussi ma mort (hétéro-thanato-graphie)]

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[(CinéAnalyse) : Etant virtuellement déjà mort, je peux raconter la mort d'un autre comme mienne, ou ma mort comme celle d'un autre : auto-hétéro-thanato-graphie]

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[(CinéAnalyse) : En restant paralysé, quelque part entre vie et mort, à l'arrêt devant une différance dangereuse : auto-hétéro-bio-thanato-graphie]

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[(CinéAnalyse) : En disant "oui', en acquiesçant au "oui" de l'autre]

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[(CinéAnalyse) : En laissant l'autre, l'étranger, l'hétérogène, venir en soi, chez soi]

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[(CinéAnalyse) : En accueillant l'errant de l'espace, l'égaré du temps]

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[(CinéAnalyse) : En portant, sur la beauté, un tout autre jugement]

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[(CinéAnalyse) : En reconnaissant à l'acte filmique des effets au-delà du film]

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[[CinéAnalyse) : En se soumettant à l'exigence d'un amour d'avant l'amour, un archi-amour]

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[(CinéAnalyse) : En répondant au oui de l'autre par aimance, amitié]

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[(CinéAnalyse): En découvrant autrui comme absolument autre]

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[(CinéAnalyse) : En se laissant infecter, hanter ou saluer par le tout autre]

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[(CinéAnalyse) : En accueillant l'autre, en s'adressant à lui, par le biais de l'oeuvre]

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[(CinéAnalyse) : En restant irréductiblement étrange, inintégrable, irrécupérable, incalculable]

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[CinéAnalyse : en soutenant la singularité d'un désir, unique, irréductible aux clichés et aux fantasmes de plénitude]

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[(CinéAnalyse) : En dispersant l'Oedipe]

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[(CinéAnalyse) : En se réfugiant dans l'inceste, où s'arrêtent l'échange, la différence, la substitution]

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[(CinéAnalyse) : En fermant le cercle, en clôturant l'échange, en suturant l'héritage]

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[(CinéAnalyse) : En faisant proliférer la mimesis]

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[(CinéAnalyse) : En collectant, accueillant, portant - au risque de la trahison ou du plagiat]

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[(CinéAnalyse) : En faisant confiance au hasard, sans attente ni promesse]

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[(CinéAnalyse) : En montrant le moment crucial de la décision venue de l'autre]

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[(CinéAnalyse) : En se laissant emporter par les ambiguités du pharmakon]

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[(CinéAnalyse) : En ne s'isolant pas de ce qui parasite]

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[(CinéAnalyse) : En rencontrant la rencontre]

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[(CinéAnalyse) : En ajoutant encore à ce qui n'en finit pas de se disséminer]

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[(CinéAnalyse) : En ajoutant à ce supplément qu'est le film un supplément de supplément]

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[(CinéAnalyse) : En vivant avec l'irréparable]

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[(CinéAnalyse) : En citant, réitérant les codes et les marques]

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[(CinéAnalyse) : En transformant, transmuant et métamorphosant les Quois en Quis et réciproquement]

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[(CinéAnalyse) : En jouant du sacrifice, pour y succomber]

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[(CinéAnalyse) : En témoignant d'un impardonnable - et aussi d'un indéfectible désir de pardon]

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[(CinéAnalyse) : En brouillant les limites, en perturbant les codes]

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[(CinéAnalyse) : En privilégiant le meurtre comme figure-limite entre la loi et le hors-la-loi]

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[(CinéAnalyse) : En montrant, sans alibi, la violence]

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[(CinéAnalyse) : Sur la cruauté - indestructible, indéracinable, impérissable, mais pas indépassable]

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[(CinéAnalyse) : En voulant jouir, par sadisme, de l'absolue souveraineté]

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[(CinéAnalyse) : En trouvant dans le désir pervers une source de régulation]

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[(CinéAnalyse) : Sur la peine de mort]

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[(CinéAnalyse) : En mettant en scène ce que, d'un mot, on nomme : "animal"]

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[(CinéAnalyse) : En érigeant la bêtise en valeur souveraine]

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[(CinéAnalyse) : En déployant les fictions, les croyances, les discours et les codes qui font notre quotidien]

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[(CinéAnalyse) : En se gardant de toute appartenance]

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[(CinéAnalyse) : En décelant ce qui, dans les fraternités, entretient les limites fratricides]

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[(CinéAnalyse) : En narrant les mouvements, les forces qui unissent et disloquent la famille]

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[(CinéAnalyse) : En passant de langue à langue, sans qu'aucune ne suffise]

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[(CinéAnalyse) : En exigeant de traduire l'intraduisible]

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[(CinéAnalyse) : Sur l'incohésion des lignées et des généalogies]

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[(CinéAnalyse) : En altérant les identités]

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[(CinéAnalyse) : En répondant - "Me voici!"]

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[(CinéAnalyse) : En gardant l'intact, en préservant la chose immune]

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[(CinéAnalyse) : En sécularisant le christianisme par les thématiques de la faute, la dette, la culpabilité, le châtiment et le salut]

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[(CinéAnalyse) : En posant, sans préjugé aucun, la question du salut]

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[(CinéAnalyse) : En donnant à Dieu d'autres visages, d'autres voix, d'autres noms]

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[(CinéAnalyse) : En réifiant la trace pour en faire l'artefact du réel]

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[(CinéAnalyse) : En laissant oeuvrer la trace]

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[(CinéAnalyse) : En expérimentant le "female gaze"]

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[(CinéAnalyse) : En disloquant le phallogocentrisme]

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[(CinéAnalyse) : En privilégiant l'amour lesbien]

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[(CinéAnalyse) : En revenant toujours et encore, par supplément et dissémination, à la question du sexe]

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[(CinéAnalyse) : Sur la prédilection du cinéma pour le rapport sexuel]

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[(CinéAnalyse) : En faisant du droit au plaisir une maxime irrécusable]

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[(CinéAnalyse) : En privilégiant le droit au plaisir, au risque de disloquer tout autre discours]

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[(CinéAnalyse) : En situant les droits humains dans la position première, irréductible]

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[(CinéAnalyse) : En laissant l'hymen se déplier, se déployer, se replier, se déchirer ou se consumer, en un mouvement inarrêtable]

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[(CinéAnalyse) : En se laissant liquéfier par un doux flux inarrêtable]

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[(CinéAnalyse) : En préservant, malgré tout, l'ouverture de l'avenir]

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[(CinéAnalyse) : En attendant l'Apocalypse, entre une absence d'avenir et un avenir inconnu]

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[(CinéAnalyse) : En laissant les dettes insoldées]

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[(CinéAnalyse) : En exhibant le pouvoir, sa défaillance, sa faillite]

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[(CinéAnalyse) : Sur l'imbrication ou l'enchevêtrement des pulsions de pouvoir et des pulsions sexuelles]

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[(CinéAnalyse) : En se sentant tenu par un but politique]

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[(CinéAnalyse) : En proférant/entendant le "Il faut" qui fonde la loi, le commandement, l'obligation]

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[(CinéAnalyse) : En donnant voix à l'exception souveraine]

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[(CinéAnalyse) : En situant ou en se situant dans la position du voyou]

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[(CinéAnalyse) : En scrutant les émanations, émissions et déjections nazies de notre propre culture]

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[(CinéAnalyse) : En se laissant entraîner, sans répondre, vers le fond sans fond]

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[(CinéAnalyse) : En recueillant ce qui, du secret du secret, a migré vers le cinéma]

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[(CinéAnalyse) : En se faisant gardienne de ce qui se dérobe]

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[(CinéAnalyse) : En faisant appel à la confiance, à l'encontre de tout raisonnement et de tout calcul]

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[(CinéAnalyse) : En témoignant du fiable, du crédible, et de leur incertitude]

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[(CinéAnalyse) : En regardant ce qui, dans le regard, ne me regarde pas]

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[(CinéAnalyse) : En appelant, par un regard-caméra, au témoignage à venir d'un vivant]

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[(CinéAnalyse) : En laissant travailler la vérité, jusqu'au point de non-savoir]

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[(CinéAnalyse) : En entendant, dans un film, l'archi-scène, la trace inconsciente]

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[(CinéAnalyse) : Sur l'oblique, l'oblicité]

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[(CinéAnalyse) : En fissurant la crypte]

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[(CinéAnalyse) : En laissant voir et entendre le discord inouï (Walten)]

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[(CinéAnalyse) : Sur le cinéma se saisissant lui-même par sa mise en abyme (métacinéma)]

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[(CinéAnalyse) : Sur le monde se saisissant lui-même par sa mise en abyme]

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[(CinéAnalyse) : En pensant le monde en se pensant]

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[(CinéAnalyse) : En incarnant la différance, en tant qu'elle est inarrêtable]

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[(CinéAnalyse) : En donnant à voir et entendre l'expérience de l'impossible]

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[(CinéAnalyse) : En acquiesçant à la hantise d'un "avant"]

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[(CinéAnalyse) : En mettant en jeu les schèmes ou archi-schèmes qui conditionnent notre être dans le monde]

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[(CinéAnalyse) : En faisant venir ce dont on ne peut rien dire]

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[(CinéAnalyse) : En me sentant tenu de répondre à l'énigme, à l'appel adressé à l'inconnu]

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[(CinéAnalyse) : En exposant la responsabilité à l'incalculable]

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[(CinéAnalyse) : En vivant la perte, le départ, l'effondrement d'un monde]

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[(CinéAnalyse) : En disant : "il faut que je te porte" (dans l'être]

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[(CinéAnalyse) : En disant : "Il faut que je te porte" (au-delà de l'être)]

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[(CinéAnalyse) : En acquiescant à l'inconditionnel]

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[(CinéAnalyse) : En érigeant l'inconditionnalité comme principe de justice]

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[(CinéAnalyse) : En rompant, sans réserve ni condition, avec toute économie]

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[(CinéAnalyse) : En donnant à voir ce qui, dans le don, est dépourvu d'échange]

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[(CinéAnalyse) : En gardant, précieusement, le silence]

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[(CinéAnalyse) : En frayant, sans préméditation, le chemin pour d'autres éthiques]

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[(CinéAnalyse) : En laissant venir, sans calcul aucun, l'éthique même]

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[(CinéAnalyse) : En se défaisant de toute possession, de toute propriété et de toute valorisation du propre]

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[(CinéAnalyse) : En se retirant, sans raison ni calcul]

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[(CinéAnalyse) : En considérant avec lucidité la duplicité du mal : réparable et irréparable]

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[(CinéAnalyse) : En donnant figure à ce qui excède, abolit toute figure : le mal radical]

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[(CinéAnalyse) : En répondant à ce qui, irréductiblement, ne répond pas : le pire]

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[(CinéAnalyse) : En donnant corps à un "pas au-delà" de l'être]

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[(CinéAnalyse) : En parcourant le lieu désertique, aporétique, où surgit l'oeuvre]

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[(CinéAnalyse) : En laissant se faire la déconstruction]

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[(CinéAnalyse) : En prolongeant ma vie par celle d'un autre qui m'aura entendu et parlera à la première personne : oto-bio-graphie]

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[(CinéAnalyse) : Je suis à l'écoute d'un mort qui n'est pas moi mais que je porte en moi : oto-thanato-graphie]

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[(CinéAnalyse) : En laissant venir le pas qui délie de toute dette, de tout engagement]

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[(CinéAnalyse) : Il s'agit, quand le monde s'en va, de mourir vivant]

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[(CinéAnalyse) : En s'aventurant pour plus que la vie]

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[(CinéAnalyse) : En montrant l'impossibilité du concept moderne de l'art pur, souverain]

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[(CinéAnalyse) : À la poursuite d'un juif errant, qui aurait reçu un don irrémissible]

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[(CinéAnalyse) : En préservant un lieu pour l'étude (Idvi)]

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[(CinéAnalyse) : En portant une alliance d'un autre type]

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[(CinéAnalyse) : En s'engageant dans plus d'une alliance]

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Ereboros, une fabrication orlovienne

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[La voix off de l'écranophile]

 


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