Pleurer (comme rire) peut être considéré comme l'essence de l'homme. Les yeux sont dissociés de leur fonction organique (la vision) afin de pleurer, implorer, déplorer. On peut pleurer sur une personne, sur un événement, et même sur la perte d'un concept. Les larmes surviennent, elles surprennent, elles déstabilisent. Elles débordent. Elles recouvrent comme une rosée.
L'essence de l'oeil humain n'est pas le regard, c'est les larmes. Même aveugle, un oeil implore, il adresse une prière.
Quand je pleure, je ne parle pas. On pleure sur une perte, un manque, un mort qu'aucune voix ne peut rendre. Les larmes écrivent la souffrance, elles portent l'espoir d'une restauration. Elles sont la voix de ce qui se dit sans mots.
Si le juif écrit, c'est à la place des larmes : il pleure la voix perdue. |