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Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
"Je suis mort", commencement derridien                     "Je suis mort", commencement derridien
Sources (*) : "Je suis mort", et "Je me dois à la mort"               "Je suis mort", et "Je me dois à la mort"
Pierre Delain - "Pour une œuvrance à venir", Ed : Guilgal, 2011-2017, Page créée le 6 octobre 2016 La déconstruction, contre elle - même?

[Jacques Derrida part de la déclaration folle, inouïe : "Je suis mort", pour pointer un "hors code", au-delà du deuil et de la mélancolie]

La déconstruction, contre elle - même?
   
   
   
[La] matrice derridienne (ce qui peut s'en dire) [La] matrice derridienne (ce qui peut s'en dire)
Derrida, le deuil               Derrida, le deuil    
                       

1. Valdemar.

Selon Jacob Rogozinski (Cryptes de Derrida, p68), la formulation centrale de Jacques Derrida, son point de référence, peut s'écrire "Je-suis-mort", ou "Je vous dis que je suis mort", une formulation qui reprend la déclaration de Valdemar dans la nouvelle d'Edgar Poe, La vérité sur le cas de M. Valdemar : "- Oui, - Non, - j'ai dormi, - et maintenant, - maintenant, je suis mort". Prise comme telle, cette déclaration reprise en exergue de "La Voix et le Phénomène" est paradoxale, aporétique. Un vivant ne peut pas dire, sans mentir, "Je suis mort"; Inversement seul un vivant peut parler, donc seul un vivant peut proférer de sa bouche "Je suis mort". En prononçant ces mots, il témoigne nécessairement de sa vie. Dans la nouvelle d'Edgar Poe, ce témoignage est en quelque sorte confirmé par la putréfaction soudaine du corps de Valdemar. Selon le narrateur, cette dissolution brutale du corps, juste après la déclaration, prouverait qu'il était vraiment, déjà, mort. Ce récit est une sorte de paradigme de la pensée thanatologique, selon laquelle la mort précède la vie.

 

2. Une "devise" derridienne.

Toujours selon Rogozinski, l'expression "Je suis mort" est privilégiée par Derrida, c'est le coeur de sa théorie de l'écriture, sa devise. Dès qu'il écrit, le sujet est mort, ce qui témoigne à la fois d'une destitution de l'ego (égicide) et d'un nouage de la vie et de la mort sous le primat de la mort (thanatologie). Ce point de vue est partagé par d'autres auteurs comme Heidegger ou Lacan : nous sommes à l'époque du je-suis-mort. On peut s'interroger sur l'utilisation du mot "mort". En effet l'expression ne renvoie ni à la mort effective ni à la mort à venir d'un sujet écrivant, mais à l'absence comme condition de l'écriture. La restance de la marque, son espacement, son itérabilité, présupposent le suspens du sujet. Dès que j'écris, je m'absente, je m'éclipse. Si Jacques Derrida insiste sur le mot "mort", si l'écriture est, dans ses textes, la mort à l'oeuvre, c'est par nécessité stratégique. Situer l'écriture du côté de la mort, c'est situer le logos du côté du présent vivant, de la vie - c'est-à-dire de la conscience, du moi et de la métaphysique. Pour déconstruire la métaphysique, il faut en appeler à une non-présence radicale de la subjectivité. Mais cette stratégie est porteuse d'un risque : se laisser envahir par la mort, avec un deuil impossible (comme l'a peut-être été le souvenir de son père ou de la Shoah), ce serait chuter dans la mélancolie. Mais en est-il vraiment ainsi?

 

3. Mort et vie.

Dans ses ouvrages ultérieurs (Le moi et la chair, Introduction à l'ego-analyse, 2006; Guérir la vie, 2011), Rogozinski appellera à se déprendre de la thanatologie, à en finir avec la destruction de l'ego, il appellera à suivre la tentative d'Artaud pour se réapproprier la vie. Il proposera de dépasser l'aporie derridienne par un nom inouï, celui du messie, en tant qu'il porte une promesse de résurrection. Ce messianisme, qui appelle à un retour de la vie comme telle, comme pure auto-affection, sans altérité, se distingue du messianisme derridien, qui appelle, comme dans l'interprétation que propose Roland Barthes du "Je suis mort", une ouverture inouïe de l'avenir, un événement inanticipable. Quand Derrida parle d'un "plus que la vie", il ne s'agit pas d'une vie qui ferait retour (la résurrection), mais d'un autre surgissement, d'une oeuvrance indéterminée, une apocalypse qui pourrait porter autre chose que la vie, autre chose que l'ego. On peut soupçonner dans le messianisme de Jacob Rogozinski un reliquat téléologique. Même sans contenu objectal, même altéré par le restant, il s'oriente vers la "délivrance" du sujet.

 

 

 

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Propositions

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Il y a chez Derrida une mélancolie de la déconstruction : portant le deuil de la métaphysique qu'il garde incorporée en lui, il affirme : "Je vous dis que je suis déjà mort"

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On ne fera jamais son deuil ni d'un fantôme, ni de la singularité unique, irremplaçable, d'un mort

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De la Shoah, on ne peut parler qu'en silence, sans en parler, dans l'expérience extrême d'un deuil impossible

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Derrida nomme "écriture" la non-présence radicale du sujet, sa mort à l'oeuvre, et aussi la promesse de sa résurrection

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Dire : "Maintenant, je suis mort", c'est mettre en scène une énonciation impossible, un "Je parle" fou, inouï, qui profère en même temps la mort et la vie

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L'auto-affection derridienne est toujours habitée par une hétéro-affection plus vieille, plus originelle qu'elle

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Avec les écrits apocalyptiques, la vérité de la révélation s'annonce exemplairement comme condition transcendantale de tout discours

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Peut-être la prévalence de la question du deuil dans l'œuvre derridienne est-elle liée au nom de son père, "Aimé Haïm Derrida", dans lequel la vie est inscrite

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[On ne peut faire le deuil du deuil, en dépasser l'aporie, que par un nom inouï : celui du messie]

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