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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

 DERRIDEX

Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, l'origine                     Derrida, l'origine
Sources (*) : [La] matrice derridienne (ce qui s'en restitue)               [La] matrice derridienne (ce qui s'en restitue)
Pierre Delain - "Les mots de Jacques Derrida", Ed : Guilgal, 2004-2017, Page créée le 24 février 2006 L'oeuvre supplée l'origine

[Derrida, le commencement, l'origine]

L'oeuvre supplée l'origine Autres renvois :
   

Derrida, le rien, Khôra

   

Derrida, l'invention

   
[La] matrice derridienne (ce qui va s'en dire) [La] matrice derridienne (ce qui va s'en dire)
                 
                       

1. Impossibilité.

On peut dire que toute l'œuvre de Derrida est une interrogation sur l'origine. Même s'il la relativise, s'il la déplace, s'il l'efface et s'il efface son effacement et l'effacement de sa trace, s'il s'en décharge sur la métaphysique, il ne cesse d'y renvoyer, Les occurrences du mot dans son œuvre sont innombrables. Il n'est pratiquement pas un de ses textes qui ne s'y réfère. En ce point comme en beaucoup d'autres, sa philosophie visite ses marges. Que vaut l'origine? Elle vaut, justement, de n'être rien.

Si tout commence dans le pli de la citation, si tout texte consume un autre texte, l'efface, est contaminé de l'extérieur par un texte qui joue en lui, si tout texte est l'histoire de réinscriptions dans des ensembles qui le débordent, on peut dire qu'il est impossible de commencer; mais il est impossible aussi de ne pas en faire un point focal de son interrogation. On a pu dire que la tâche d'un philosophe, c'est de pousser l'analyse aussi loin que possible, jusqu'au moment où il toucherait à l'arrivant; et c'est justement pour cela, peut-être, que Jacques Derrida ne se pose pas comme philosophe.

Contrairement à la philosophie, l'écriture ne commence pas. A partir d'elle, se met en question la requête d'un commencement absolu.

 

2. Duplicité, supplémentarité.

Tout texte, dès le commencement, se fait l'écho d'autres textes. Dans le champ de la philosophie, l'exemple le plus célèbre est Platon. Apparemment c'est lui qui écrit, mais il tient à présenter son écriture comme une reproduction de dialogues plus anciens. Qui écrit? Est-ce lui, ou est-ce Socrate? Ce dispositif peut être généralisé. Ce qui se propose comme première insémination, origine singulière, n'est pas arraché à une appartenance première, mais en plus, germiné, marqué de duplication, d'écho, de miroir. Le commencement est déjà dissémination, doublure - et une doublure peut toujours, elle aussi, se dédoubler.

Faute de degré zéro de l'écriture, d'origine simple, on retient un point parmi d'autres qui supplémente l'origine. Il faut un commencement pour différer, suturer la différance, mais celle-ci ne se clôture pas, elle est seulement suspendue. Au commencement, il y a le "et", où la conjonction, l'association, ne se sépare pas de la disjonction ou de la dissociation. Tout commence par des points de suspension qui exposent au danger de liaisons / déliaisons hétérogènes (contiguité, conséquence, consécution, etc.), incontrôlables, imprévisibles (cf : le "vav" hébraïque). Ce qui déclenche une série peut aussi transformer la série, y résister.

 

3. Don, acquiescement.

Il n'y a pas d'origine, l'origine n'est rien, et pourtant quelque chose arrive avant l'origine. Il faut, pour soutenir cette assertion paradoxale, aporétique, partir de l'autorité des lois. Si on les reconnaît pour légitimes, si l'on y croit, si l'on y obéit, c'est parce qu'il y a en elles une qualité particulière, une force au sens du mot anglais enforceability, qui ne tient ni à un rapport de pouvoir, ni à la domination sociale, ni à un souci utilitaire, mais au langage lui-même. Cette force performative interne à la loi est vécue comme fondatrice, institutrice, inauguratrice. Aucun droit préalable, antérieur, ne la garantit ni ne la justifie. C'est un coup de force, un acte violent, mystique, à la limite du langage, un événement décidé par l'autre, qui n'appartient pas à ce qu'il institue. S'il apparaît comme fondateur, historique, c'est parce qu'il est reconnu comme tel. Il faut pour cela un acquiescement, un oui originel, sans lequel la loi n'aurait aucune légitimité.

Ce qui vaut pour une loi vaut pour le langage. Il y aura eu avant la parole un serment, un acte de confiance, un don qui semble ne rien donner - sauf la possibilité du lien fiduciaire. Ce moment plus originaire (ou archi-originaire) que la révélation, que la révélabilité même, indépendant de toute religion, est le lieu d'émergence de la foi. ll aura fallu ce lieu désertique, d'extrême abstraction (Khôra), pour ouvrir l'autre, mais ce lieu où se fonde tout crédit, la foi, la science et aussi la loi, n'y aura pas préexisté. On peut dire, suivant Blanchot, que ce lieu ne peut pas être pensé à partir de, mais seulement depuis un "venir de partir" qui n'entre dans aucune économie.

 

4. Trace.

Prenons le cas du dessin. Il semble que le modèle vienne en premier, et qu'ensuite le dessinateur le reproduise. Mais dessiner, c'est mettre à mort ce modèle. Pour que le dessin advienne, il aura fallu que le modèle soit déchu de son privilège, qu'il se retire et qu'il nous hante, comme un paradigme que nous croyons premier. Toute œuvre commence ainsi : par une ruine. Le dessinateur commence par retirer son regard. Il en appelle à la mémoire, il se crève les yeux. Pour réaliser l'œuvre, il propose à la vue ce qui n'a jamais été présent. S'il dessine un autoportrait, ce n'est pas lui-même qu'il représente, c'est un autre, irréductible. Ce qui persiste de l'origine n'est que le vestige d'une répétition, d'un effacement, une archi-trace qui a déjà disparu. La thématique du dessin rejoint celle de l'archi-écriture ou de l'archi-trait qui entame l'espace. La trace, déjà raturée avant d'être saisie, prend la place d'une origine qui n'a jamais été constituée. Et quand la trace se perd, quand la croyance se dérobe, il n'y a pas d'autre recours que la religion. La différance est à la fois un mouvement qui disloque l'origine, la barre, et un désir eschatologique d'originarité; l'archi-origine est en même temps hétérogénéité absolue, altérité, et restauration du même. Séparée d'elle-même, elle est plus et moins qu'une origine.

Avec les mots, l'origine revient, et aussi la perte inéluctable de l'origine. Dans l'expérience poétique, les mots renvoient à un lieu introuvable, crypté, à un deuil impossible. Le commentateur ou le psychanalyste qui cherche à les déchiffrer en appelle à un événement pré-originaire, mythique, qui est aussi une écriture poétique.

Peut-être l'art n'est-il que l'étrange familiarité de ce retour.

 

5. La fable de l'origine.

D'un côté, il y a de la demande de vérité, du désir d'origine, et il faut répondre à cette demande. D'un autre côté, là où le texte se déclenche, la présence n'est jamais présente. Ce qu'on raconte n'est qu'un événement de langage. C'est une fable qui se réfléchit sur elle-même, un acte inaugural, une archive qui invente, sur le mode fantasmatique, le récit de son invention.

Pour qu'il y ait récit, il faut que la scène d'origine soit interrogée par plusieurs forces ou instances. Elles l'exigent, elles adressent à l'autre une demande sur la vérité de ce qui a eu lieu. Le récit porte cette mise en scène. Il raconte, avec les mots du discours, au présent, le lieu d'origine qui ne peut, par structure, que rester invisible. La scène de sur-vision qui émerge est une scène d'aveuglement, où l'autre qui raconte est divisé, disséminé en plusieurs instances. Et pourtant il faut raconter, il faut produire du récit, il faut faire voir la vue, faire voir le jour, au-delà du visible.

Le mot grec "arkhè" nomme à la fois le commencement (l'originaire) et le commandement (l'autorité). Là où les choses sont supposées commencer, la loi commande. Dans l'arkhéïon grec, les archontes déposent les archives dont ils sont les gardiens. Eux seuls peuvent les mettre en réserve, les interpréter. Celui qui produit l'origine est aussi celui qui assiste, qui force à dire "je". Il oblige à dire, à faire proliférer le texte.

Pour s'imposer, il faut que le souverain s'exagère, qu'il s'augmente, qu'il ajoute une dimension phallique au pouvoir de l'archonte. Mais il s'augmente de quoi? D'un rien qui fait exception, qui fait naître sans engendrer (Khôra).

La tradition métaphysique exige une origine fixe, un centre, un point de présence à la structure. Ce centre l'équilibre, l'organise. Il en limite le jeu. En ce point, il y a de l'interdit. Le sens répond à une nécessité de système. Mais paradoxalement, ce signifié "originaire", fictif, auquel nul autre point ne peut se substituer, échappe à la structuralité. Il exprime la force d'un désir, d'une certitude rassurante qui serait soustraite au jeu. N'ayant pas de lieu naturel, il autorise à l'infini substitutions de signes et systèmes de différences.

 

6. Héritage.

La formulation Qu'est-ce que... ? domine l'histoire de la philosophie depuis Platon. La déconstruction interroge ce qui, dans cette pensée de l'origine, commande l'histoire de l'Occident. Pour elle, le Cogito n'est pas un logos, c'est le lieu où se rejoignent le sens et le non-sens, la raison et la folie. Si aucun père vivant ne vient faire du pharmakon un pharmako-logos (remède, antidote ou philtre de connaissance), il lui faut trouver une source de vérité ailleurs, par exemple dans l'écriture ou dans l'émergence de la loi.

Nous avons tendance à assigner une origine aux traditions dont nous sommes légataires. Certains philosophes affirment que le droit, la philosophie ou la démocratie ont une "origine" gréco-romaine. Pour valoir comme telle, se conserver, elle doit porter une promesse d'héritage ou de tradition. Quand d'autres cultures s'en emparent, ces traditions apparaissent comme bâtardes, greffées, polyglottes. Originarité et itérabilité sont liées dans une même structure où l'altérité s'introduit dans la répétition : la marque.

Jacques Derrida a longuement analysé la marque retenue par Heidegger : Ein Geschlecht, le lieu où l'imprononcé de la langue germanique se rassemble, oriente les forces, se dissocie du départ sans destination de l'Etranger solitaire. Le coup initial, qui promet le retour d'une origine simple, intacte, c'est l'ultime fondement du nationalisme. Heidegger n'aura cessé, par sa manière, son style, son recours au vieil allemand, de penser cette origine, ce heimat qui redonne un nouvel élan au pays, à la nation, en la débordant.

 

7. L'arrivant absolu.

Y a-t-il un absolu originaire? Dès son premier texte, l'Introduction à l'origine de la géomatrie de Husserl, rédigé en 1961, Jacques Derrida n'y croit pas. S'il y en avait un, il ne pourrait pas rester stable, il se différerait sans relâche (expression utilisée avant l'invention de la différance). C'est un point de départ pour lui, une sorte d'axiome. Il expliquera plus tard, dans De la grammatologie (publiée en 1967), que la différance est plus originaire encore que la différence ontico-ontologique de Heidegger. Et pourtant, dira-t-il, il y a de l'arrivant absolu. Quoi? Qui? Sa première figure, à l'origine d'un monde, c'est l'enfant qui naît. Sa venue est un événement qui arrive en une seule fois, un point zéro, une altérité irréductible. Et il y en a d'autres : par exemple le point singulier de Roland Barthes, dans la photographie, ou le surgissement d'un génie, ou d'une œuvre. A chaque fois, il ne s'agit pas d'une remontée à la source, mais d'un événement neuf, imprévisible.

 

8. L'origine à venir.

La structure de la lettre selon Derrida, par opposition à celle de Lacan, c'est que sans la menace de ne pas arriver à destination, elle ne commencerait pas son trajet. N'ayant aucune place fixe, ni trou, ni manque, ni droit chemin, elle se différencie, se dissémine, dérive interminablement, sans retour possible. Elle ne peut se retrouver que dans la différence d'avec soi, un nouveau départ, un recommencement, une origine qui n'existe pas encore (comme, par exemple, celle de l'Europe). Il n'en reste qu'un supplément, un texte à venir.

 

 

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Propositions

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L'écriture ne commence pas : au contraire, à partir d'elle on met en question la requête d'un commencement absolu

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Il n'y a ni degré zéro ni origine simple, car le commencement est toujours déjà un supplément d'origine

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La textualité intervient dès la première trace, qui déjà se marque de duplication, d'écho, de miroir

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L'origine est produite sur le mode fantasmatique d'un contingent restant

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Toutes les oppositions qui tiennent à la distinction entre l'originaire et le dérivé perdent leur pertinence dès lors que tout commence par le vestige

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L'archi-trace est la trace originaire : celle qui, à l'origine de l'origine, a disparu

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La structure restante de la lettre, c'est que sans la menace de ne pas arriver à destination, son circuit n'aurait même pas commencé

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Le commencement est un déclenchement de texte, où la présence n'est jamais présente

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A l'origine de toutes les différences, ouvertures et failles, le mouvement actif de la différance est différé, refermé, suturé

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La différance, concept économique désignant la production du "différer", est plus originaire que la différence ontico-ontologique

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Le concept d'origine n'est, comme l'inceste, qu'une fonction inscrite dans le système de signification inauguré par l'interdit

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Un point de non-remplacement dans le système des significations est le point fictif d'origine des langues, de prohibition de l'inceste et de naissance de la société : la différance

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L'absolu originaire n'est présent qu'en se différant sans relâche

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Tout commence dans le pli de la citation

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- Et au commencement, il y a le "et"

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La conjonction "et", comme le "vav" hébraïque, introduit par avance l'"heteros" dans ce qu'elle conjoint

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Il n'y a pas de première insémination ni d'origine singulière : le commencement est déjà dissémination, avant laquelle il n'y a rien

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Loi de la dissémination : tout commence par une doublure

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Il est impossible de commencer

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Khôra situe le mouvement, elle fait place à l'espacement, elle fait naître sans engendrer

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Khôra est le lieu où commence la dissémination

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L'origine, pour valoir comme telle, doit s'altérer, selon la structure paradoxale de l'itérabilité

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Entre nous, tout n'a-t-il pas commencé par une reproduction? [Devant Platon, qui montre la voie, c'est Socrate qui écrit]

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La pensée n'est à personne car, depuis le commencement, le texte est citation

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La structure disséminale, c'est qu'il n'y a pas de retour possible de la lettre

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La tâche d'un philosophe, c'est de pousser l'analyse aussi loin que possible jusqu'au moment où l'on touche à l'arrivant

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En un lieu désertique, d'extrême abstraction, s'ouvre la possibilité du lien à l'autre en général, du lien fiduciaire qui précède toute communauté ou religion positive

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La première figure de l'arrivant absolu, de l'origine d'un monde, c'est la naissance d'un enfant

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Le Cogito est un point-zéro où la raison et la folie, le sens et le non-sens se rejoignent en une origine commune

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Une révélabilité, plus originaire que la révélation, indépendante de toute religion, est peut-être le lieu d'origine de la foi

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Un lien entre singularités (relegere) fait de scrupule et de respect précède toute religion positive qui lie les hommes entre eux ou avec Dieu (religare)

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En photographie, l'effet de réel tient à l'irréductible altérité d'une autre origine du monde dont émane un regard, en un point zéro de l'apparaître

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Un Oui originaire, acquiescement donné à quelque présentation de soi, survit à toutes les négativités

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Avant le commencement, avant la parole, avant la loi, il y a un premier partage, un don qui semble ne rien donner

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L'archi-originaire de la religion se tient en un lieu de retrait où tout crédit se fonde : désert dans le désert, origine qui est la duplicité même, entre khôra et messianisme

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Dès le commencement, le discours d'assistance qui force à dire "je" (simulacre d'identité) prolifère avec le texte

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La loi de la loi, c'est qu'elle doit être sans histoire, sans genèse, sans origine, sans dérivation possible, elle ne doit donner lieu à aucun récit

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L'opération qui revient à faire la loi - fonder, inaugurer, justifier le droit - consiste en un coup de force, une violence performative et interprétative

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Pas de droit sans la force : Il n'est pas de droit qui n'implique en lui-même une force autorisée, qu'il est justifié d'appliquer

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La loi est fondée sur un événement performatif, une décision de l'autre dans l'indécidable, qui ne peut appartenir à ce qu'elle institue

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On n'obéit pas aux lois parce qu'elles sont justes, mais parce qu'elles sont lois; c'est le fondement mystique de leur autorité, elles n'en ont point d'autre

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La généalogie ne peut pas commencer par le père - car il n'est d'éducation que dans la loi

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Un récit répond à une demande de vérité : il faut raconter ce qui a eu lieu, une scène de sur-vision qui touche à l'aveuglement, à l'origine invisible de la visibilité

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L'invention s'invente en inventant le récit de son invention : c'est une fable, un événement de langage où adviennent, en une fois, le même et l'autre

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La déconstruction est une pensée de l'origine et des limites de la question : "Qu'est-ce que?"

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L'inversion du pharmakon est à l'origine de l'épistémé, du logos et de la soumission à la loi

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Le logos est un fils dont l'origine est son père, et qui se détruirait sans sa présence

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Dans la tradition métaphysique, le logos est l'origine

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Le mot "arkhè" nomme à la fois le commencement (l'originaire) et le commandement (l'autorité)

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Le souverain est celui qui, par une exaction originaire, a le droit de s'exagérer démesurément, de s'augmenter de rien [création ex nihilo]

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Une crypte ne respecte pas l'ordre commun : à la place d'un premier mot ou objet, elle garde un lieu introuvable - qui n'est pas le premier

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La structure anasémique appelle un récit mythique, poétique : celui d'un événement pré-originaire qui, sans avoir été, aurait eu lieu

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Ni la philosophie, ni le droit, ni la démocratie ne sont assignables à une origine, une langue ou un peuple uniques : ils sont bâtards, greffés et polyglottes

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Le style de Heidegger, sa manière, recourt à ce qu'il nomme "notre langue" : la signification supposée originelle, intraduisible, de mots en haut et vieil allemand

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En pensant l'"allemand" depuis une origine qui le déborde, Heidegger reproduit l'ambiguité de tous les discours nationalistes

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Promettre le retour à la simplicité d'un "coup" initial (Schlag), au frayage matinal d'un Geschlecht, tel est l'ultime fondement du nationalisme

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"Ein Geschlecht", qui oriente l'imprononcé de Trakl selon Heidegger (le lieu du Gedicht), oriente aussi l'imprononcé de Heidegger selon Derrida

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Premier axiome de l'Europe : pour se retrouver, il faut toujours qu'elle reparte, qu'elle recommence (axiome de finitude)

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Le signifié central originaire n'a pas de lieu naturel, il est une fonction où se jouent à l'infini substitutions de signes et systèmes de différences

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Les mots sont des spectres : avec eux revient l'origine, et aussi la perte inéluctable de l'origine

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L'art n'est peut-être qu'une intense familiarité avec l'inéluctable originarité du spectre

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Le dessinateur raconte l'histoire du "modèle" comme celle d'un paradigme qui nous hante parce que nous le croyons "premier"

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Au commencement de l'oeuvre, comme de tout autoportrait, il y a la ruine

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Pour donner lieu à la vérité en peinture, il faut entamer l'espace : le trait commence par se retirer, il ouvre sans initier

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Le mot "génie" connote toujours l'origine, la naissance, la nature, le surgissement du commencement

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Pour Artaud, le lieu du surgissement de l'oeuvre est d'avant le langage, avant même la naissance

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D'une force excessive par rapport à elle-même, la pensée chez Blanchot ne pense pas "à-partir-de", mais reconduit au "venir-de-partir" , avant l'éloignement du proche

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Quand le fondement de la croyance se dérobe, quand il perd la trace de lui-même, la religion ne peut que commencer et recommencer

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La différance, ce désir eschatologique d'originarité, est aussi le mouvement qui disloque et barre l'origine

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