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de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, Heidegger                     Derrida, Heidegger
Sources (*) : Derrida, communauté               Derrida, communauté
Jacques Derrida - "Geschlecht III - Sexe, race, nation, humanité", Ed : Seuil, 2018, p128

 

Martin Heidegger, cheminement dans la foret -

Derrida, l'origine

Le style de Heidegger, sa manière, recourt à ce qu'il nomme "notre langue" : la signification supposée originelle, intraduisible, de mots en haut et vieil allemand

Derrida, l'origine
   
   
   
Derrida, l'héritage Derrida, l'héritage
Derrida, la langue               Derrida, la langue  
                       

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Le style de Heidegger, sa manière, sa mise en œuvre (ou manœuvre, ou maniement) de la langue allemande, dans le prolongement de son rapport privilégié à la main, passe par le recours à des ressources idiomatiques intraduisibles, celles du haut ou vieil allemand où il croit trouver une signification originaire du mot. Il parle alors de notre langue (unsere Sprache) comme il parle de notre appartenance ou généalogie (unsers Geschlecht). Derrida fait la liste de ces mots intraduisibles, impartageables dans d'autres langues :

- Geschlecht, le mot le plus souvent employé, pour nommer un vaste champ sémantique : famille, racines, rejetons ou différence sexuelle.

- Ort, le lieu, la situation (Erörterung), avec sa valeur de rassemblement (Versammlung), qui fait tout converger vers une pointe unique, indivisible. Il faut, dans l'axiomatique de Heidegger (Geschlecht III p47) ce lieu originel, univoque, cette langue primitive, pour résister aux forces de dissémination et de dislocation.

- Geist, l'esprit qui soulève, transporte hors de soi, comme une flamme qui permettrait de se retirer de la tradition platonicienne, occidentale, de l'opposition chrétienne entre le spirituel et le temporel.

- Fremd, l'Etranger de Trakl, dans sa solitude, son isolement, son Abgeschiedenheit qui peut signifier aussi décès ou mort. Fremd est le lieu de l'ailleurs, mais chez Heidegger cet ailleurs est intérieur à la langue allemande. L'étranger est en mouvement, il pérégrine, mais ce n'est pas une errance. Il fait son chemin vers un lieu qui lui est propre, une destination qui ne doit surtout pas être dehors.

- Wahnsinn, qui signifie folie, ne doit pas être entendu comme l'insensé, le dément, mais comme celui qui se sépare des autres quant au sens. Il en serait ainsi de l'Etranger : il frayerait un autre chemin sans les autres. Il s'agit encore d'un renvoi au haut allemand, où wana signifie sans.

- Land, qu'on peut traduire par pays, mais qui renvoie à notre pays, un mot de notre langue, un lieu habité porteur d'une promesse, autre chose qu'une simple terre.

- et Gedicht. D'après Heidegger, tout grand poète n'est poète qu'à partir d'un Gedicht unique, ce terme ne renvoyant pas à un dire ou un dit mais à un silence, un imprononcé, un non-dit, un lieu où entrent en résonance un idiome, des mots parmi lesquels ceux qui sont listés ci-dessus.

Il y a un style de lecture heideggerien qui n'est pas une procédure, une méthode, mais un certain type de cheminement. Derrida insiste sur ce mot, typtein en grec (Geschlecht III p38), qu'il rapproche de Schlag (donc Geschlecht). C'est un coup de lecture, une frappe, une série de sauts, de singularités, un rythme qui signe sa lecture. Il écoute le texte, d'une manière qui n'est ni philosophique, ni philologique, ni critique, ni herméneutique, etc. Ce n'est pas une question de savoir, c'est une question d'écoute, de situation, de lieu. Heidegger suit son "propre" chemin de pensée, il recherche son lieu "propre", son idiome, son habitat, son site - et ce site, dans la langue allemande, est en rapport avec das Geschlecht.

 

 

Ce renvoi insistant aux sources supposées de la langue allemande, qui exclut les autres langues (notamment le latin), neutralise l'opposition entre intérieur et extérieur. Il s'agit d'un mouvement vers le propre, d'un retour vers le chez soi, vers l'intériorité de la langue. Tel serait pour Heidegger le but, la pointe, la destination de l'homme occidental. En cherchant, dans sa lecture de Trakl, un lieu où habiter, une terre à sauver, il reproduit l'ambiguité des discours nationalistes.

Dans d'autres textes, Derrida a signalé d'autres mots qui sont, eux ou leurs dérivés, difficilement traduisibles : Kampf (combat), Volk (peuple), Weg (chemin), Geschick (envoi), Gewalt (violence), etc.

 


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