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TABLE des MATIERES :

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L'espace de dissémination                     L'espace de dissémination
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Pierre Delayin - "Buées blanches sur le quai de l'Idve", Ed : Idixa.net, 1988-2008, Page créée en 1988

[L'espace de dissémination]

Autres renvois :
   

Derrida, la dissémination

   

Sur la perspective actuelle et ses effets dans l'art

   
                 
                       

Prenons comme point de départ une idée banale, presque un cliché. Supposons, à la suite de Panofsky, qu'une nouvelle perspective, la perspective actuelle (dite aussi perspective immédiate) prenne la suite de la perspective classique, illusionniste, celle de la Renaissance. Pour décrire cette nouvelle perspective, reprenons les concepts de Jacques Derrida : le spectral, l'espacement, la différance, la dissémination. Relisons sous cet angle des pans entiers de la critique d'art.

L'espace contemporain a deux versants. Il est double, bifide, duplice. Appelons espace vocal sa face logocentrique et espace de dissémination l'autre face (l'envers). Supposons que les deux dimensions aient toujours existé mais que la première ait été seule lisible, jusqu'à ce que la seconde émerge sous une poussée inimaginable. (Avec son regard sourd, Goya se trouve à la croisée des deux). Admettons qu'elles se supportent l'une l'autre, malgré leur rivalité.

L'espace de dissémination a sa propre syntaxe : celle du plus. Un supplément hétérogène y fait irruption, le rendant indécidable, y produisant une perspective qui ne se laisse ni classer, ni cadrer. Les bornes que l'art officiel avait su imposer à la différance sont caduques. Le mouvement est incessant. Autorisée, voire prescrite, la dissémination est le nouveau terrain de jeu de tous les expérimentateurs. Voici Manet puis Cézanne : un réel qui n'imite pas. Il fut un temps où l'émergence d'une telle chose provoquait l'indignation.

On peut aussi présenter l'espace de dissémination en partant de l'autre côté. L'espace vocal est le genre de spatialité dans lequel, aujourd'hui, nous nous trouvons. Dans toutes les religions, des voix se sont révélées quelque part, et notre culture a tendance à tout commenter (insistance du logos). Depuis le tournant 19ème/20ème siècle, il se passe quelque chose de nouveau. La voix se sépare du corps. Sa portée s'étend démesurément. L'espace se remplit de voix qui ne sont plus sacrées, mais banales, usuelles. Cette tendance a été ressentie avant même l'émergence de la radio et du téléphone. Avec la télévision, le cinéma, la diffusion massive de la musique, Internet et quelques autres gadgets et/ou technologies en cours de développement, la tendance atteint une ampleur sans précédent. Ces voix échappent à leur propre présence. Elles deviennent enveloppantes, anonymes, obsédantes, elles creusent un envers qui troue l'espace, marque hétérogène dans le tissu vocal, dissémination de points inaudibles et imprononçables, déchets dans un monde que nous ressentons soit comme vide de voix (acousmatique), soit comme excessivement vocalisé. Elles font tenir l'espace et viennent à la place des images. C'est là que nous retrouvons l'espace de dissémination, c'est dans cette tension là que nous avons à vivre.

 

J'ai accumulé les propositions. Un jour, j'ai décidé le principe d'un coming-out - c'était plus facile à décider qu'à accomplir. Si j'emploie ce mot, coming-out, c'est que l'aveu ne portait pas seulement sur le concept, mais sur un contexte qui justifiait de présenter au public les deux versants incompatibles. J'ai imaginé un mode de présentation (devenu Idixa), une méthodologie, puis, partant de quelques notes et de mes auteurs préférés (dans la crainte de ne pas être à leur hauteur, de les trahir), j'ai commencé à écrire. Le résultat, c'est cela, Idixa.net.

J'ai gardé le mot espace vocal, j'ai ajouté eVocal pour désigner l'effet produit par son retournement, et j'ai emprunté à Derrida un troisième mot, Dissemences, pour l'autre versant.

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Propositions

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[La dislocation du logocentrisme ouvre un espace de dissémination]

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Du hors-discours fait événement dans l'espace

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[L'espace contemporain est le recollement d'un monde disjoint, désajointé, bifide]

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J'entends par "événemant" une déchirure ou déhiscence qui a bouleversé le 20ème siècle et nous bouleverse encore

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La perspective de l'espace de dissémination ne se laisse ni classer, ni cadrer

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[J'entends par "perspective immédiate" celle qui semble procurer la présence la plus proche]

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[Dans l'art moderne/contemporain où l'objet se fait oeuvre, il est impossible d'arrêter la différance]

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[Dans l'espace de dissémination, l'oeuvre contient l'effondrement de son propre cadre]

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Nous vivons dans un espace sans bord

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[Le mouvement se dissémine]

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[L'art contemporain, terrain de jeu de la dissémination]

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[Dans l'art contemporain, la perspective immédiate est mise en oeuvre(s)]

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Au moins deux types de visions coexistent : celle qui se dit et l'autre, si difficile à dire

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La perspective immédiate tend à reproduire les sensations de la perception immédiate (espace psychophysiologique)

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[Les points de fuite de l'espace de dissémination sont des points d'angoisse]

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Le sujet s'est effacé de la perspective immédiate

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La perspective immédiate interpose un plan opaque entre le sujet et le monde

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[L'Art moderne / post-moderne indigne les contemporains car ils se sentent menacés de dissémination]

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La voix s'est disséminée

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[La télé-technique entretient les spectres qui font tenir et minent l'espace contemporain]

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Des voix sont les points-sources du monde actuel

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Dans l'espace-temps de la trace, l'espace de dissémination se forme autour de restes de voix

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[Le Grand Livre de l'Espace Vocal]

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L'espace vocal est une formation de compromis entre la poussée de facteurs hétérogènes et la figuration d'un monde habitable

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Une voix singulière s'extrait de l'espace vocal

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Hurlements dans la perspective!

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Des déchets vocaux envahissent l'espace

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L'espace de la dissémination est marqué par une syntaxe indécidable du plus

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La teneur conceptuelle de la dissémination, c'est que la force et la forme de sa disruption crèvent l'horizon sémantique

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La crise actuelle est spatiale

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L'humanité s'est égarée dans l'espace

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L'événement mallarméen décrit la structure même du texte : son contenu n'est autre que l'espace de l'écriture

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La trace du cinéma parasite notre perception et se dépose dans les formes les plus courantes

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[L'"impression de réalité" telle que suscitée par le cinéma infléchit le régime de la représentation dans le sens d'une perception plus active du désir inconscient]

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L'art moderne/contemporain s'interpose dans la faille apparue au 20ème siècle entre le logos et la voix

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L'art contemporain subit l'attraction/répulsion d'un trou esthésique

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L'art abstrait exprime une voix qui n'articule aucune parole

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Avec la surdité de Goya (1792) commence un nouveau regard sur le monde, et aussi sur la fonction de l'artiste

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La modernité de Goya se traduit dans la duplicité de sa peinture

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Cézanne enfante un nouvel espace vers 1880

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Pour exister, il faut qu'Internet soit vécu comme un espace

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Il faut laisser la dissémination se déployer dans l'espace public

     


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