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Depuis qu'on a laissé à l'art un libre jeu, les formes ont conquis leur égalité. Aucun système de légitimation ne peut plus s'imposer à l'ensemble des arts ni à tous les intervenants dans la chaîne de production et d'exhibition (artistes, artisans, spectateurs, professionnels de l'art ou médias). Le monde de l'art se segmente. A chacun, il donne ce qu'il attend. Notre oeil n'ayant plus de point fixe, baigne dans des étendues hétérogènes ou coexistent toutes sortes de blocs, représentatifs ou pas, soumis ou pas à la mimesis, régulés ou pas par d'autres logiques décalantes, dissociantes, destructrices ou défigurantes. Il n'y a plus de cadre, de commentaire, de jugement, de légende ni de borne qui délimite la place de l'art : tout objet peut se faire oeuvre, toute action peut se faire performance. Dans ces conditions, on peut dire que l'art critique est partout; mais il n'est aussi nulle part, car il a fusionné avec le courant central de l'art.
Il en résulte des théories de l'art et des histoires de l'art nouvelle manière qui n'osent plus exclure aucune pratique. Bien que cette discipline universitaire soit en crise quasi permanente ou justement pour cette raison, elle est prête à tout accepter, tout légitimer, du plus banal au plus sophistiqué, du plus présentiste au plus anachronique.
C'est la voix - cet objet inqualifiable - qui, en se détachant et en démultipliant son procès d'auto-affection, a ouvert cet espace de dissémination dont la loi a été fixée par Van Gogh : celle de l'excès. Le mouvement de différance y est sans limite. Aucune règle ni même aucune oeuvre digne de ce nom n'a le pouvoir de l'arrêter. Aucune n'apaise le subjectile dont la présence insiste comme empreinte, trace, indice ou autre.
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Insatisfait des catégories et des classements usuels, j'ai inventé les miens, au nombre de sept : l'artChose, l'artCri, l'artDit, l'artGramme, l'artDiscord, l'artPresence, l'artSansVoix.
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