J'ai donné ici quelques définitions de l'art contemporain, là je l'ai pris sous l'angle d'une perspective que j'ai appelée perspective immédiate, là j'ai présenté la thèse selon laquelle il est n'importe quoi. Ici j'essaie, à partir de la dissémination et des dissemences actuelles, de décrier un espace.
On a laissé à l'art un libre jeu. Toutes les formes ont conquis leur égalité. Aucune pratique n'est exclue a priori de l'histoire de l'art. Celle-ci, quelle que soit sa crise, ne rejette rien et absorbe tout, du plus banal au plus sophistiqué, du plus présentiste au plus anachronique. Notre oeil n'a plus de point fixe. Il baigne dans des étendues hétérogènes ou coexistent des blocs représentatifs soumis à la mimesis et des portions d'espace régulées par d'autres logiques décalantes, dissociantes, destructrices ou défigurantes. Il n'y a plus de cadre, de légende, ni de borne qui délimite la place de l'art : tout objet peut se faire oeuvre, aucune n'arrête automatiquement la différance.
En se détachant, la voix a ouvert l'espace de dissémination dont la loi a été fixée par Van Gogh : celle de l'excès.
Insatisfait des catégories et des classements usuels, j'ai inventé les miens, au nombre de sept : l'artChose, l'artCri, l'artDit, l'artGramme, l'artDiscord, l'artPresence, l'artSansVoix.
|