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L'artDiscord est aussi vieux que l'art. Il commence avec les figures du culte, qui doivent, le plus souvent, toucher bas pour viser haut. Il continue (entre autres) avec la peinture chrétienne qui répète la perte originelle de la ressemblance avec dieu - le Christ défiguré dans l'acte même de sa figuration - en n'ignorant jamais que la tâche est impossible. Il se poursuit avec le musée et toutes les formes de l'expérience esthétique, l'art d'avant-garde et l'anti-art, de la Renaissance aux inventions du 20ème siècle. De tous temps on a exhibé le discord avec une complaisance non dissimulée. Tout est bon pour doubler, tripler, quadrupler et répéter encore la mise en abyme. On peut se demander si l'art n'est pas, en son essence, l'expression même de la discordance. Ses avatars récents : sextraire de la représentation (performance), remettre en question les critères antérieurs de l'art (avant-garde), ôter au monde toute signification (surréalisme), égaliser art et anti-art (Duchamp), critiquer le consensus, montrer le bonheur dans l'irréconcilié, etc...., n'en sont qu'un prolongement naturel.
L'artDiscord a d'innombrables héros. Sa figure la plus pregnante est celle de l'artiste maudit. Certains montrent la dislocation, d'autres la perte, d'autres sont plus proches de lartCri. L'artChute est un sous-courant de l'artDiscord, mais sans les connotations moralisantes de l'artDit.
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