L'espace de dissémination est mouvement. Cette tendance est apparue dès le début du 19ème siècle : il ne s'agit pas de la représentation du mouvement, mais du mouvement lui-même comme acte de peindre (ou toute autre forme d'art). Dans la vie, dans la peinture, au cinéma, dans l'Internet, un mouvement incessant est directement présent.
Ce genre de mouvement n'est pas direct, linéaire. Fondé sur des discordances, des impossibilités, il désoriente, mais nous ne pouvons pas nous en passer.
Il y a deux sortes de mouvements :
- le "vrai" mouvement comme celui d'une automobile, que croyaient entrevoir les futuristes;
- l'autre mouvement, étrange, en-deça du déplacement, à peine visible. Il éloigne la croyance en la solidité du monde et fait trembler les écarts. Les peintres le perçoivent indirectement, par l'incertitude ou par l'ironie.
Notre époque fuit le statique ou l'immobile. Ils font peur. Il faut quelque part au moins un geste, un souffle, un bougé, car si l'espace se figeait, on ne serait plus nulle part (il n'y aurait plus d'espace).
|