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Pierre Delayin - "Buées blanches sur le quai de l'Idve", Ed : Idixa.net, 1988-2008, Page créée le 5 février 2008
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L'espace de dissémination |
[Dans l'art moderne/contemporain où l'objet se fait oeuvre, il est impossible d'arrêter la différance] |
L'espace de dissémination |
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A partir de la formulation issue de Jacques Derrida, Il y a oeuvre d'art quand la différance est impossible à arrêter, on peut essayer de réinterpréter l'histoire de l'art moderne. C'est une gageure, mais pourquoi pas? Selon la méthode idixienne, partons des oeuvres et des artistes plutôt que des classements et nomenclatures en usage. Il a fallu qu'eux-mêmes (les artistes) se dégagent de leur milieu pour aller dans cette voie (en témoignent Goya, Manet, Van Gogh). Les contemporains l'ont ressenti comme une insupportable impudeur. Certains ont ri, d'autres ont ressenti un profond dégoût, d'autres encore ont, dès le départ, compris que l'enjeu était la relance du désir. Entretenir l'art par accroissement des tensions plutôt que par leur atténuation ou leur épuisement dans la rhétorique ou la beauté apparaissait comme une nouveauté radicale. Quelle en est la cause? Dans certains cas, elle est repérable : des événements historique (Goya) ou des conflits mentaux (Van Gogh). Mais sans le contexte historique général (ce que nous avons appelé l'événemant), rien de tout cela ne serait arrivé.
Chronologiquement et ontologiquement, le point de départ est la photographie. Elle ne dit rien, mais exprime plus que ce qu'elle montre. C'est le début du défaut de maîtrise qui envahira de larges secteurs de l'art et le rendra inassimilable. |
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Propositions
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- [Il y a oeuvre d'art quand la différance est impossible à arrêter]
- La peinture est, pour Van Gogh, un acte d'intelligence supérieure qui lui permet de prévenir l'effondrement qui approche
- En offrant une prime de plaisir, l'image d'art génère une tension supplémentaire qui maintient le désir
- La valeur biologique de l'art, c'est que chaque création provoque un accroissement du disparate et un renforcement de la tension des expériences vécues
- L'oeuvre photographique est une mise en demeure qui commande le silence : devant elle, il faut savoir se taire
- [La peinture de Van Gogh est apparue aux contemporains comme extraordinairement impudique, car plus rien n'arrête l'oeil]
- Les oeuvres d'art sont des barrières provisoires et vaines à des événements non maîtrisables qui risquent de les dissoudre
- Un art non-logocentrique occuperait la même place que le dégoût : insubstituable, irreprésentable, innommable, impossible à arrêter, même par le mot qui le désigne
- Un art impossible à arraisonner ne se laisserait ni questionner, ni nommer : comme celle du tout-autre, son énergie resterait inassimilable et absolument refoulée
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