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TABLE des MATIERES : |
NIVEAUX DE SENS : | ||||||||||||||||
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La suspension de la voix | La suspension de la voix |
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| Source : |
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L'espace de dissémination |
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L'espace de dissémination |
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| Pierre Delayin - "Buées blanches sur le quai de l'Idve", Ed : Idixa.net, 1988-2008, Commencé le 12 août 1994 |
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Dissemences | La voix s'est disséminée |
Dissemences |
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Il y a ceci : La radio inaugure lère de la dissémination. Je parle ici de lessence de la radio, pas du phénomène historique qui va de son invention (vers 1895) à sa généralisation (vers 1920). Lessence de la radio anticipe largement sa découverte. Tout le 19ème siècle y concourt. Mais quelle est cette essence? Cest cela : les voix sont dispersées. Et si chaque voix légifère à sa façon, si chaque voix ne sautorise que delle-même, alors la cacophonie menace le monde. Peut-être, un jour lointain, à une certaine époque, il ny aurait eu quune loi. Peut-être... mais désormais les lois sont multiples. Il ny a plus une seule communauté à laquelle les rapporter, mais au moins quelquesunes, voire beaucoup, voire (plus probablement) un nombre indéterminé. Si le nombre de lois (cest-à-dire de logiques susceptibles de fonder des lois) est indéterminé, alors peut-il en être autrement du nombre de voix? Eh non, et le nombre de voix est aussi devenu indéterminé, entre zéro et linfini, ce qui laisse grand ouvert le nombre Un, celui de la voix unique. On se trouve en pleine confusion. Le nombre de voix nest plus en rapport avec le nombre dâmes, et ça, cest une tragédie. Il y a parfois plus de voix que dâmes (en comptant celles de la radio), et parfois moins (certaines âmes partagent la même voix : celle de la radio, justement, ou celle de la télévision, ce qui ne vaut guère mieux). Il ny a pas quune puissance légiférante, il y en a des ribambelles, et aucune nest disposée à céder du terrain! Alors, les voix prolifèrent, et La voix tente den profiter pour se réserver un chemin trouble. Voilà qui nous mène loin! Un certain inventeur génial appelé de Forrest (qui a découvert la triode, cet objet qui sert damplificateur et aurait été le point de départ de lélectronique) a trouvé le terme adéquat pour désigner leffet dont je parle : broadcast. Cest ce quon traduit en français par radiodiffuser. Mais en anglais, originellement, broadcast, cest : semer à la volée. Cette précieuse semence quest la voix, au lieu de lutiliser précautionneusement conformément aux règles séculaires de lhumanité, cette semence vocale, on la sème à tout vent. Nimporte quel souffle peut sen emparer. Ça ne se passe plus entre quelquun et quelquun; ça se passe un peu partout, entre quelquun et tout le monde, voire, et cest bien pire, entre tout le monde et tout le monde. Voilà qui semble superficiel; mais chacun dentre nous en est intimement bouleversé. Chacun est écartelé entre ces multiples semences stériles ou fécondes indépendamment de toute volonté. Chacun perd sa voix et récupère un nombre indéterminé de voix, un échange dont le bilan global nest ni positif ni négatif, mais bousculant, comme on bouscule une jeune fille. |
Lorigine du phénomène remonte à la nuit du savoir. Déjà, les sirènes promettaient lacquisition dun savoir cosmique. Cétait une bande de nymphes (une sorte de Big Band musical) qui chantait en groupe avec une harmonie parfaite. Cette harmonie les rendait séduisantes et donnait aux marins de passage lenvie de se joindre à elles. Nul ne leur résistait, mais nul nignorait leur dangerosité. On pouvait les éviter ou sattacher aux mâts. Leur concert se dévoilait explicitement comme concert dans des conditions de temps et de lieu prévisibles à lavance, ce qui permettait de prendre les précautions adéquates. Aujourdhui, on sait quil ny a pas de savoir ultime; et par conséquent, si aucun savoir nest le dernier, sil y a toujours un savoir après lautre, alors aucune voix nest originelle. La communauté des sirènes sest effondrée sous ce coup de butoir. Elles se sont dispersées dans la nature, dans la culture et dans la ville. Il y en a dans tous les coins. Elles ne prennent même plus la peine de se déguiser en nymphes ni dharmoniser leur chant. A quoi bon? Chaque savoir en recouvre un autre, et tous les savoirs sont valides. Elles chantent sur le modèle du réseau Internet, mais lunivers entier est leur réseau. Elles arrivent sans prévenir. On peut les toucher de partout. Leur séduction na pas de limite, elles vous agrippent. Il y en a pour tous les goûts et couleurs, tous les déguisements sont acceptables et toutes les ruses sont permises. Ulysse aurait-il résisté à une telle dissémination? Cette dissémination, je lappelle aleph. Elle donne à la lettre un autre statut, qu'on peut observer dans la peinture. Le fondement se dissémine au risque de ne plus être perçu comme fondement. |
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Création
: Qylal |
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Idixa
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PDel MQiVoixDetachement FC.GIO MQiEDissRA.LAI MQiDissemencesDC.IKL |
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