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| Le récit de l'Orloeuvre | |||||||||||||||||
TABLE des MATIERES : |
NIVEAUX DE SENS : | ||||||||||||||||
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Derrida, la responsabilité | Derrida, la responsabilité |
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| Sources (*) : |
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Les mots de Jacques Derrida | Les mots de Jacques Derrida |
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| Pierre Delain - "Les mots de Jacques Derrida", Ed : Galgal, 2004-2013, Page créée le 27 avril 2008 | [Derrida, responsabilité] |
Autres renvois : | |||||||||||||||
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Derrida, jugement, décision |
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Comme beaucoup d'autres mots, figures ou concepts, la responsabilité selon Jacques Derrida est (au moins) double. 1. Il y a d'abord la responsabilité humaniste, celle qui implique de s'acquitter, de manière adéquate et authentique, de ses droits et devoirs dans un système de valeurs, de normes et d'oppositions hiérarchisées. Elle repose sur une parole vraie, vivante, qui fournit les questions et les réponses. C'est alors le tout autre qui répond (re-spondere) et fait la loi. C'est l'une des dimensions de la religion. 2. Nous sommes, chacun d'entre nous, dès la naissance - et même avant la naissance - engagés par ceux dont nous héritons. Nous pouvons vivre cela comme une chance, un destin ou une malédiction (à la façon d'Hamlet), mais dès lors que nous acceptons l'héritage [et il suffit de parler pour qu'il soit accepté], il nous faut prendre avec lui la faute, la tragédie et la blessure, il nous faut répondre d'un rapport à l'autre (répondre à l'autre, et aussi pour l'autre). Avant toute autonomie du sujet, il y a, dans le texte et l'écriture, une instance qui engage, acquiesce, interroge. Ce "qui", déjà singulier mais pas encore identifié à un sujet, répond avant même de formuler une question. Sa responsabilité est indéniable, inséparable de la croyance et de la foi. Mais l'autre étant imprévisible et hétérogène, elle est aussi impossible. C'est dans cet écart qu'elle s'exerce. 3. Une décision qui "advient", dont le champ s'ouvre effectivement, n'est pas déterminée par un calcul. Pour qu'elle soit responsable, il faut qu'elle soit exposée à l'épreuve de l'indécidable, de l'hétérogène ou de l'incalculable. Cet indécidable n'est pas un pathos, une indécision; c'est la reconnaissance d'une possibilité irréductible, celle d'un sans réponse. S'il y a possibilité de responsabilité, c'est que le mal ou la mort peuvent, eux aussi, advenir. Nous sommes seuls avec la loi, le devoir, l'éthique, etc... L'autre ne répondra pas à notre place, nous ne pouvons pas répondre à sa place mais, depuis un lieu inconnu, il nous provoque, il lance un appel. Entendre cet appel, c'est ouvrir une responsabilité démesurée, pour laquelle il n'y a peut-être pas de concept adéquat. 4. Avec la déconstruction, la responsabilité ne peut plus dominer comme valeur. On pourrait, comme Artaud, revendiquer une irresponsabilité radicale. Mais ce n'est pas la voie choisie par Derrida. Ecartant la bonne conscience, la morale ou le consensus, il propose : - une double tâche : rappeler l'histoire, les présupposés et les limites historiques du concept de justice ainsi que d'autres qui lui sont associés (la loi, l'intention, le sujet, la décision, etc...); par un travail sur le concept lui-même et à un appel à plus de justice, ouvrir la possibilité d'une transformation juridico-politique. - sans rien soustraire aux questions déconstructrices, inventer un lieu de rencontre, une médiation ou un compromis unique entre l'indécidable et un système de normes. Alors pourrait opérer comme loi régulatrice la singularité de l'idiome intraduisible. Cela vaudrait dans la langue, dans l'image, dans l'espace public, une sorte d'exception culturelle devant les mutations techniques, commerciales et juridiques d'aujourd'hui. L'idée qu'on puisse, avant tout contrat, tout langage, toute histoire, être pris dans la logique d'en endettement originaire, est inexplicablement couplée avec celle du Juif. Accepter cette sorte d'élection, la sauver, ne peut se faire selon Derrida que par le déracinement.
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-------------- Propositions -------------- -Il y a, dans le texte ou l'écriture, une instance qui engage, acquiesce, interroge, un "Qui" d'avant toute autonomie possible du sujet : ni subjectif, ni humain -Dès la naissance, on porte la responsabilité du crime de l'autre, d'un mal que personne ne saurait avouer, sauf à se confesser en confessant l'autre -La responsabilité, qui ne se règle ni sur le principe de raison, ni sur un calcul subjectif, porte en elle une démesure essentielle -Le système de la "parole vraie et authentique" s'appuie sur la responsabilité dans son sens le plus humaniste : s'acquitter adéquatement de ce qu'on doit (devoir et dette) -Dans la religion, le tout autre fait la loi et prescrit la réponse et la responsabilité -La responsabilité de la déconstruction est double : 1/ devant la mémoire; 2/ devant le concept de justice -Responsabilité et foi vont ensemble : toutes deux doivent répondre d'un rapport à l'autre, dans le risque absolu, au-delà de toute norme et de tout savoir -L'exercice de la responsabilité, théorique et éthico-politique, prescrit de ne rien soustraire a priori aux questions déconstructives -Toute décision est structurée par l'expérience de l'indécidable - sans l'épreuve de l'hétérogène et de l'incalculable, aucune décision responsable ne pourrait advenir -L'éthique derridienne de la responsabilité exposée à l'indécidable repose sur une méfiance à l'égard des distinctions, oppositions et frontières -Le premier effet de la dissémination, c'est que les valeurs de responsabilité ou d'individualité ne peuvent plus dominer -La responsabilité est indéniable car pour répondre de soi, il faut répondre pour l'autre; mais elle est impossible car ce qui lui donne une chance est indécidable -Pour que la responsabilité soit possible et signifiante, il suffit que la possibilité du "sans réponse" (le mal, la mort) soit irréductible -"Tout faire pour sauver, dans la langue et dans l'image, la singularité de l'idiome intraduisible" - tel est le souci principal, la responsabilité à prendre -Depuis l'effacement de la machine à dogmes, nous ne pouvons plus nous détourner de notre responsabilité : "Il n'y aura pas d'avenir sans la mémoire et l'héritage de Marx" -La parole d'Artaud est radicalement irresponsable -La responsabilité consiste à inventer un lieu de rencontre unique, un compromis entre l'émergence poétique de l'hospitalité et un système de normes -L'idée d'un être-endetté originaire (culpabilité, responsabilité), avant tout contrat, est inexplicablement couplée avec celle du juif -"Je suis le dernier des Juifs" : le plus indigne par son déracinement, et aussi le plus Juif, car le seul survivant qui puisse sauver la responsabilité devant l'élection |
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Création
: Qylal |
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Idixa
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Derrida DerridaResponsabilite AA.BBB DerridaCheminementsRE.SPO BE_DerridaResponsabiliteGenre = - |
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