Il y a au moins deux sortes de responsabilité entre lesquelles il faut trouver le moins mauvais compromis :
- une responsabilité calculable, qui ne s'exerce qu'à certaines conditions et se mesure aux conséquences de nos actes. En général, pour les décisions de la vie courante, nous nous situons sur ce plan. Les sources des maux que nous subissons ne viennent-elles pas de la société?
- une responsabilité de principe, infinie, incalculable, indépendante des circonstances. J'ai la charge d'autrui même si je n'ai commis aucune faute, même si je n'ai aucune prise sur le déterminisme qui s'impose à lui (ce à quoi nous invite Bartleby dans la nouvelle de Melville). C'est moi qui garde le monde, ses oeuvres et ses fautes. Je suis un Abraham - ou un Juda (mais ce n'est pas celui du Christ), sans savoir pourquoi. |