| Il faut bien que nous croyions aux fantomes, car ils ne cessent d'apparaître : multiples voix qui viennent du passé, des media ou de l'inconscient. Que faire avec ces voix? Trois positions sont possibles :
- les incorporer. Elles parlent alors, elles continuent à parler sans qu'il soit possible d'en faire son deuil. Il faut les conjurer, en espérant que cette conjuration contribuera au deuil. C'est l'idéologie, l'idéal, le fétiche. Ces voix sont dans la technique, au cinéma, dans l'image. Marx les dénonce, mais il en fabrique d'autres, car il est incapable de dépasser cette dimension.
- les introjecter, c'est-à-dire en faire son deuil (au sens freudien), savoir qui elles sont. Nous nous identifions aux voix spectrales, Elles déterminent notre être (ontologie). C'est ce qui se produit au cinéma, quand les images sont magnifiées.
- réduire ces voix à des traces, au-delà du deuil. C'est la tâche de la déconstruction (désidentification intempestive, hantologie) : tâche impossible, infinie, derridéenne, qui est le privilège de la parole poétique. Je me résigne à l'exappropriation, j'accepte que l'autre reste l'autre en moi. |