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Derrida, le deuil                     Derrida, le deuil
Les mots de Jacques Derrida               Les mots de Jacques Derrida  

Page créée par le scripteur le 13 décembre 2006.

[Derrida, le deuil]

     
     
     
 
                   
                         

Il faut bien que nous croyions aux fantomes, car ils ne cessent d'apparaître : multiples voix qui viennent du passé, des media ou de l'inconscient. Que faire avec ces voix? Trois positions sont possibles :

- les incorporer. Elles parlent alors, elles continuent à parler sans qu'il soit possible d'en faire son deuil. Il faut les conjurer, en espérant que cette conjuration contribuera au deuil. C'est l'idéologie, l'idéal, le fétiche. Ces voix sont dans la technique, au cinéma, dans l'image. Marx les dénonce, mais il en fabrique d'autres, car il est incapable de dépasser cette dimension.

- les introjecter, c'est-à-dire en faire son deuil (au sens freudien), savoir qui elles sont. Nous nous identifions aux voix spectrales, Elles déterminent notre être (ontologie). C'est ce qui se produit au cinéma, quand les images sont magnifiées.

- réduire ces voix à des traces, au-delà du deuil. C'est la tâche de la déconstruction (désidentification intempestive, hantologie) : tâche impossible, infinie, derridéenne, qui est le privilège de la parole poétique. Je me résigne à l'exappropriation, j'accepte que l'autre reste l'autre en moi.

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Propositions

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Le travail du deuil, c'est rendre présents les restes, les ontologiser, identifier les dépouilles pour savoir qui c'est et où il est

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Trois choses concernent le spectre : le deuil, les générations, le travail de l'esprit

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Une conjuration fait son propre deuil : ceux qui font peur se font peur à eux-mêmes et conjurent le spectre qu'ils représentent

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Une tâche derridéenne : "Vis-à-vis du spectre, aller au-delà du travail de deuil"

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Au-delà du deuil, une désidentification intempestive fait craquer les signes, les modèles et les figures de la croyance

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L'exappropriation est la condition du sens, du désir, de l'amour, du deuil

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Pour que l'autre reste l'autre en moi, il faut que le deuil soit impossible : ni incorporation, ni introjection

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Le privilège de la parole poétique dans l'art tient à un travail de deuil qui transforme l'hétéro-affection en auto-affection

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Le cinéma est un deuil magnifié où s'impressionnent les moments tragiques ou épiques de la mémoire

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La logique spectrale envahit tout, partout où se croisent le travail du deuil et la tekhnè de l'image

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Cinéma, médias et télé-technologies mettent en scène des spectres dont on ne peut pas faire son deuil

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Marx prend peur devant le caractère spectral de l'humain, il renonce à faire son deuil du propre de l'homme

     


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