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Derrida, la trace                     Derrida, la trace
Les mots de Jacques Derrida               Les mots de Jacques Derrida  

Page créée par le scripteur le 14 septembre 2005.

[Derrida, la trace]

Autres renvois :
     

Sur la trace

     
     
 
                   
                         

Il faudrait faire la généalogie de la trace. Derrida dit l'avoir empruntée à Lévinas, mais elle a d'autres sources, dans la philosophie et en-dehors. Même si le concept derridéen (l'archi-trace) lui appartient aussi spécifiquement que la différance ou la déconstruction, il n'a pas les mêmes soubassements.

La trace est originaire, mais elle a disparu (comme la trace mnésique de Freud). Elle n'existe plus, sauf comme espacement, écart, mouvement dynamique qui ouvre l'extériorité - trace qui trace. Elle est dans le monde, dans un dehors irréductible, inexpugnable, scellée, innommable, une archi-écriture où elle reste hétérogène. Elle nous confronte à l'angoisse de la disparition. L'histoire du logocentrisme se confond avec celle de sa réduction.

Dès la première trace, le texte est double.

Elle peut s'instituer, se constituer en système de renvois, en espace-temps. C'est là que nous habitons, dans des limites temporelles, mais ce système n'est jamais totalement présent. Il procède, lui aussi, de l'extériorisation. Il renvoie à l'absence, il annonce le tout-autre.

Au départ, Derrida opposait la voix et la trace. La voix réduit l'extériorité de la trace, elle subordonne la lettre au discours, elle abrite le sujet dans la présence, tandis que la trace est incompatible avec la présence. Mais il a atténué cette opposition, jusqu'à l'effacer quand la voix est devenue spectrale. Laisser venir la trace, ce pourrait être aussi laisser revenir d'autres voix, au-delà de certaines oppositions discursives.

Au cinéma, la trace survit par l'image et la parole.

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Propositions

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L'archi-trace est la trace originaire : celle qui, à l'origine de l'origine, a disparu

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Une archi-écriture de la trace est à l'oeuvre à l'origine du sens

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La trace (pure) est la différance

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L'auto-affection laisse une trace de soi dans le monde : un signifiant inexpugnable dans une extériorité irréductible

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Le jeu de la trace, qui appartient à l'âge de la différance, est "plus vieux" que la vérité de l'être

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La différance est innommable et son inscription impensable car sa trace s'efface elle-même; imperceptible, elle a disparu dans l'oubli

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La trace elle-même n'existe pas

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La trace est l'ouverture énigmatique de la première extériorité

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La dissémination est la préférence pour une trace déposée au-dehors

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Dans la trace, le tout autre s'annonce comme tel dans ce qui n'est pas lui

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La textualité intervient dès la première trace, qui déjà se marque de duplication, d'écho, de miroir

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La trace est l'unité d'un double mouvement de protention et de rétention

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La déconstruction est le processus même de l'"avoir-lieu" : l'enregistrement de cette "chose", la trace qui trace, là où l'événement affecte l'expérience du lieu

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La trace est l'angoisse de la disparition irrémédiable, de l'effacement de soi

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La trace, différance ou écriture en général, est la racine commune de la parole et de l'écriture

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Dans le texte sans voix de la métaphysique, la trace est scellée, innommable; on ne peut que l'affirmer dans un certain rire, partout et toujours

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J'ai élargi la notion de trace jusqu'à y inclure la voix elle-même

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La dissémination ouvre un lieu où aucune forme de présence n'agraphe plus la trace, où aucun point n'arrête l'écriture au nom de la loi

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La déconstruction derridéenne est le renversement de la subordination de la lettre/trace à la voix par la généralisation de l'écriture

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La trace instituée est rétention de la différence dans une structure de renvoi où la différence apparaît comme telle

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La trace est itinérante, elle produit sa route avec retard et se fraye un chemin qu'elle ne reconstitue qu'après-coup

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La pensée déconstructrice de la trace se porte au-delà de l'opposition entre le travail vivant et le spectre

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Le tournant de Derrida résulte d'une exigence interne à la déconstruction : envisager la trace de l'autre dans le même

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La thématique du fantôme ou plutôt du revenant traverse la plupart de mes textes, elle n'est pas loin de se confondre avec celle de la trace même

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On n'a jamais rien pensé d'autre sous le nom de temps que les limites dans lesquelles le gramme et la possibilité de la trace sont compris

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Nous habitons a priori l'espace-temps de la trace

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La trace au cinéma est le "ça a eu lieu là" du film, la survivance de l'oubli, du sans-trace

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Derrida propose de laisser venir la trace

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Il faut radicaliser la pensée freudienne de la trace

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L'histoire de la métaphysique, qui se confond avec celle du logocentrisme, se produit tout entière comme réduction de la trace

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Les concepts d'archi-trace et de différance ne sont ni freudiens ni heideggeriens

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Les machines électroniques procèdent de l'extériorisation de la trace qui élargit la différance et la possibilité de la mise en réserve

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Derrida emprunte son concept de "trace" à Lévinas, Heidegger, Nietzsche, Freud

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Derrida associe l'archi-trace à deux passages de la bible où il est question de manger la loi écrite

     


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