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Derrida, la trace                     Derrida, la trace
Source : Derrida, la tora               Derrida, la tora
Jacques Derrida - "L'écriture et la différence", Ed : Seuil, 1967, p340 Derrida, la loi

Derrida associe l'archi-trace à deux passages de la bible où il est question de manger la loi écrite

Derrida, la loi
     
     
     
     
                   
                         

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En conclusion finale de son intervention sur Freud intitulée "La scène de l'écriture", Derrida cite deux passages bibliques :

- Nombres (5.23-24). Il parle de "la femme assoiffée buvant la poussière d'encre de la loi". Il s'agit d'un passage étrange de la bible où Dieu ordonne à Moïse de faire subir à la femme soupçonnée d'adultère un test où elle doit boire un liquide préparé à partir de l'effacement d'un texte (le texte est un serment de malédiction, son encre est mélangée à de l'eau et à de la poussiière). Cette ordalie pose la question de la filiation.

- Ezéquiel (3.1-3) dont voici le texte : "Et il me dit : Fils de l'homme, mange ce que tu trouves là, mange ce rouleau et va parler à la maison d'Israël. J'ouvris la bouche, et il me fit manger ce rouleau. Et il me dit : Fils de l'homme, tu nourriras ton ventre et rempliras tes entrailles de ce rouleau que je te donne; je le mangeai et il devint dans ma bouche aussi doux que du miel". Derrida parle de "ce fils de l'homme qui remplit ses entrailles du rouleau de la loi devenu dans sa bouche aussi doux que du miel".

Les deux textes portent sur le rapport entre la voix, l'écriture et la loi. Leur interprétation est difficile, et Derrida ne s'y risque pas. Il se contente d'y faire allusion.

Pour André Neher, la parole de Dieu a deux versants : le davar (parole), qu'on peut rapprocher du logos (sagesse et raison), et la ruah (esprit), plus équivoque, énigmatique et secrète, qui demande à être déchiffrée, interprétée. La "logophagie" (le fait de manger une parole) signifie qu'elle envahit le prophète, qu'il la ressent comme opérant une altération inconnue en lui-même. Tout se passe comme si le souffle d'une parole inattendue (ruah) excédait le discours courant (davar). L'origine de cet excès, effacée pour nous, serait l'archi-trace derridéenne.

     


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