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Le récit de l'Orloeuvre

TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

 DERRIDEX

Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, la loi                     Derrida, la loi
Sources (*) : Les mots de Jacques Derrida               Les mots de Jacques Derrida
Pierre Delain - "Les mots de Jacques Derrida", Ed : Galgal, 2004-2013, Page créée le 3 août 2007

[Derrida, la loi, le droit]

Autres renvois :
   

Derrida, père et fils

   

Derrida, le jugement

   

Derrida, la tora

Derrida, "Il faut"

                 
                       

Dès l'origine, la loi est double (incalculable et calculable) :

1 (hétéronomie - l'incalculable). C'est la décision d'un autre, extérieur à ce qu'il instaure. Cette décision peut toujours arriver. Elle se présente comme un coup de force, un événement imprévisible, irréductible à la pensée de l'être, irracontable. Le droit qui en résulte est incalculable. Il excède, il disloque, il altère. Il n'a pas d'histoire, de genèse, de dérivation possible : c'est la loi de la loi, une loi qu'on ne peut ni approcher, ni représenter, dont on ne peut pas connaître l'origine, et pourtant qui s'impose, qui s'"enforce", comme on dit en anglais (to enforce the law), dont la légitimité tient à une force interne, performative, mystique, à la fois justifiée et injustifiable.

Sa structure est tautologique : il faut la violence de la loi pour séparer le légal de l'illégal.

De là surgit le "il faut" qui est au-delà du droit et dont nous avons à répondre. S'il faut du tout-autre, du juste, s'il faut donner, c'est parce que l'exappropriation humaine implique qu'il faut aussi de la distance (ou qu'il faille, car cette loi met en défaut).

(lieu vide). Nous sommes soumis à une injonction contradictoire (un double bind) : Je t'ordonne de ne pas venir jusqu'à moi, dit la loi. Cet ordre est antinomique. D'une part la loi est insensée, vide, infiniment étrangère. Elle est folle, comme la langue. Il nous est interdit de la comprendre. Mais d'autre part elle exige de nous que nous la déchiffrions. Elle est comme un titre qui se tient à distance du texte, mais y introduit. Un double mouvement est déclenché, celui de l'auto-immunité : d'une part, comme sujet, tu dois revenir devant la loi; mais d'autre part, devant la menace de la loi, tu diffères indéfiniment l'arrivée au but.

Dans le lieu vide où s'impose la loi de l'hymen, l'étrange loi de la dissémination déconstruit l'ordre symbolique. Le mouvement de l'archi-écriture est inarrêtable.

 

2 (droit positif - calculable). Un spectre (ou archonte), que nous ne pouvons pas regarder dans les yeux, nous observe et nous surveille. Son droit de regard est absolu, dissymétrique. Nous le respectons. Nous savons qu'il est du côté du discours, du droit et de la norme. Il s'accorde à la vérité, qui est toujours celle du père : la voix de la conscience, porteuse du cogito et du commandement divin, qui agit toujours au présent. En Occident, cette vérité s'ordonne par l'écriture phonétique (voire le trait du dessin). Une logoarchie s'installe (dont une des règles de fonctionnement est l'analogie).

L'archonte préside à la possession, à l'objectivation. Tout ce qui vient en plus (la supplémentarité, le pharmakon), il l'inverse et le transforme en droit positif. Dans cette opération performative, la police et la politique sont toujours impliquées. Mais la garde de l'archive, qui enregistre la mémoire et anticipe l'à-venir, enjoint aussi de mettre à mort le porteur de la loi (l'archonte).

 

3 (au-delà de la loi).

(apories)

- d'un côté, la justice est incalculable, mais d'un autre côté, toute décision singulière est l'application d'une règle de droit. Il en résulte que tout appel à la justice est une expérience de l'impossible, une expérience aporétique.

- d'un côté, la justice est un impératif universel, mais d'un autre côté, il ne peut y avoir justice que si on en invente chaque fois la règle, pour chaque situation unique.

(supplémentarités). La supplémentarité insiste. Depuis le commencement, l'autre loi doublait celle du père. Si je vise la vérité (ce qu'un philosophe ne peut pas éviter de faire), je fétichise et je légalise le logos, mais "il faut" aussi que je démystifie la vérité, que je dissémine. Ainsi la loi est-elle au plus proche, et aussi toute-autre.

 

4 (un autre droit?).

Après la loi de l'humanisme vient la promesse - qui rejoint la loi de la loi. Dépourvue de contenu défini à l'avance, elle obéit à la loi du texte : la disjonction, et répond à la loi de l'autre homme, celle d'une justice messianique (sans messianisme), qui pose des principes, comme celui de l'hospitalité inconditionnelle, pas des règles.

Mais il ne faut pas en rester aux principes. Il est urgent de répondre à l'appel de la justice, de refonder le droit, le transformer, de changer la loi, d'avancer les linéaments d'un nouveau droit (concret), y compris par la lutte, le calcul et la négociation. Avec les nouvelles technologies, c'est tout le champ de l'espace public qu'il faut réélaborer.

Quand Jean-Jacques Rousseau revendique le droit à une fête naturelle et continue, il pointe l'origine sacrée de la loi (la demande de l'autre, l'imploration, la pitié) mais déjà l'excède.

La loi du père est aussi celle de Moïse. Derrida s'est donné pour tâche de la briser, tout en restant son héritier (une autre modalité du juif laïque). S'arrêtant devant elle, il respecte le vide du Saint des Saints (on peut en jouir, et contribuer ainsi à la dissémination). Faut-il manger la loi?

 

 

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Propositions

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L'interdiction de la loi n'est pas une contrainte impérative mais une différance : "je t'ordonne de ne pas venir jusqu'à moi"

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Il y a deux sortes de justice : celle qui fait droit (calculable); celle qui ouvre la dissymétrie infinie du rapport à l'autre (incalculabilité messianique du don)

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A l'origine de la loi, rien n'a lieu, rien de nouveau n'arrive, il est impossible de raconter l'événement qui inaugure l'interdit

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Il faut donner, c'est la loi - et il faut rendre compte de cette loi qui oblige à donner

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L'inversion du pharmakon est à l'origine de l'épistémé, du logos et de la soumission à la loi

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La logique est ce qui revient au père mort comme à la loi et au logos; elle constitue la vérité du logocentrisme

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Le discours se pose en posant la norme ou la valeur du sens, c'est-à-dire l'élément de la légalité en général

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"Il faut la vérité", c'est la loi - disséminatrice et fétichiste

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La loi de la loi, c'est qu'il ne faut pas approcher, représenter ni pénétrer l'origine de la différance

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La loi de la loi, c'est qu'elle doit être sans histoire, sans genèse, sans origine, sans dérivation possible, elle ne doit donner lieu à aucun récit

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L'opération qui revient à faire la loi - fonder, inaugurer, justifier le droit - consiste en un coup de force, une violence performative et interprétative

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La structure fondamentale du droit est tautologique : il se pose en mettant performativement en oeuvre les conventions qui décrètent quelle violence est légale ou illégale

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La loi est un rien qui, dans un lieu vide, diffère incessamment l'accès à soi

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La loi de la promesse est la loi du texte : la disjonction, qui interdit le rassemblement de l'être dans la présence

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Pas de droit sans la force : Il n'est pas de droit qui n'implique en lui-même une force autorisée, qu'il est justifié d'appliquer

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On n'obéit pas aux lois parce qu'elles sont justes, mais parce qu'elles sont lois; c'est le fondement mystique de leur autorité, elles n'en ont point d'autre

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A l'origine du graphein (écriture ou dessin), il s'agit d'observer la loi, d'ordonner la vérité à la dette par la grâce du trait

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Nous sommes, a priori, tenus de répondre devant la loi des préjugés que nous sommes

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En premier lieu, la cause du respect est la loi et non la personne

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Dieu demande la traduction car, pour commander, la loi doit être lue et déchiffrée; il pleure après la traduction de son nom, alors même qu'il l'interdit

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La demande de l'autre - muette, infinie, insupportable - n'est pas seulement une imploration, c'est aussi une figure de la loi qui exige la justice

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Au 17ème siècle, la présence se détermine comme présence à soi, subjectivité, voix de la conscience qui porte en soi la loi divine

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La vérité a pour norme, ordre et loi la présence du présent, soit comme dévoilement de la chose, soit comme accord entre la chose et la représentation

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Dans la société logoarchique, l'analogie est la règle qui soumet le jugement à une loi de supplémentarité

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L'itérabilité transgresse le code ou la loi qu'elle constitue; elle inscrit a priori, de façon irréductible, l'altération dans la répétition

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La dissémination ouvre un lieu où aucune forme de présence n'agraphe plus la trace, où aucun point n'arrête l'écriture au nom de la loi

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L'autre éthique à-venir est "ce qui vient", "ce qui arrive", une hétéronomie où l'autre est ma loi

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"Il faut" la dissémination, car c'est la loi de l'hymen

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Dans sa généralité, l'écriture est assujettie à la loi de l'hymen : écarter la référence

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Axiome de la justice : elle est inconditionnelle et indémontrable, elle engage au-delà du droit, de la norme, du temps

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Loi de la dissémination : tout commence par une doublure

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Par la loi de l'hymen, la théorie derridienne du double prolonge l'inquiétante étrangeté freudienne

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Il n'y a pas de justice sans expérience de l'aporie - car toute décision singulière est l'application d'une règle de droit, tandis que la justice est incalculable

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La langue obéit à deux lois antinomiques : 1/ on ne parle jamais qu'une seule langue 2/ on ne parle jamais une seule langue

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Agir par devoir ou respect de la loi, c'est inventer chaque fois, pour chaque situation unique, la règle et l'exemple de la justice

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La justice est indéconstructible, mais il faut la penser en déconstruction, dans un au-delà du droit qui est excès, disjointure, dislocation

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La loi d'auto-immunité, qui diffère indéfiniment l'arrivée au but, est irréductible, invincible et indépassable

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La dissémination est la possibilité de déconstruire l'ordre symbolique dans sa structure générale et dans les formes de la socialité, de la famille et de la culture

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La figure de la loi est hétéronomique, dissymétrique : elle nous regarde comme un spectre à travers un effet de visière où nous nous sentons vus sans pouvoir croiser son regard

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On ne sait pas ce qu'est un spectre : une chose innommable, immaîtrisable, anachronique et secrète, un autre qui délivre l'injonction, fait la loi et nous regarde sans être vu

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L'archonte fait parler un spectre qui ne répondra plus, mais fait la loi

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Une pensée de la loi - comme intimation qui parle à travers la mémoire - est irréductible à la pensée de l'être

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La loi est fondée sur un événement performatif, une décision de l'autre dans l'indécidable, qui ne peut appartenir à ce qu'elle institue

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Invoquer une règle - qu'elle soit grammaticale, théorique ou juridique - est toujours une opération performative et politique qui implique irréductiblement la police et la loi

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Là où s'achève un concept de l'homme, l'humanité pure de l'autre homme ou de l'homme autre commence comme loi de la loi - promesse messianique sans contenu

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L'hospitalité inconditionnelle (visitation sans invitation) est un principe à maintenir; ce n'est pas un concept politique ou juridique

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La folie de la loi loge dans son auto-hétéronomie : je dois me l'approprier comme une langue, mais elle vient d'ailleurs

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La chose qui fait loi est au plus proche, et aussi toute autre - en elle jouit la vérité, comme en la serviette-éponge de Ponge

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Le spectre dispose du droit de regard absolu, il est le droit de regard même

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Tout droit, d'une certaine manière, est droit de regard

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La loi qui préside au "droit de regard" de la photographie est la prise de vue comme possession, objectivation, perspective

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En excédant le calcul, le programme et les règles, l'appel à la justice ouvre à l'avenir, il commande la transformation et la refondation du droit, y compris par le calcul et la négociation

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Pour changer le droit, le faire progresser, il faut mettre en jeu deux pôles irréductibles l'un à l'autre mais indissociables : le concept pur et le processus empirique

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La garde de l'archive, qui ordonne la mémoire et anticipe l'à-venir, enjoint aussi de mettre à mort l'archonte et tout ce qui, dans la tradition, porte la loi

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La structure de tout sujet se constitue dans la possibilité d'un retour devant la loi

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Pour Rousseau, la pitié comme loi naturelle, originelle, inexorable, dont toute institution est le supplément et la suppléance, est portée par la voix

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Pour qu'il y ait de l'interdit, il faut supposer un temps d'in-différance, de continuité pure, où la loi apparaît comme naturelle

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Dans la question du droit de regard et de notre place par rapport aux télépouvoirs, il y va d'une nouvelle éthique et d'un nouveau droit

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La publication sur le web oblige à réélaborer tout le champ de l'espace public de l'édition et du droit

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Intituler un texte est un événement, un coup de force qui lui donne sa loi et en fait une institution

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Le jour messianique où elle n'appartiendra plus à l'histoire, la justice sera soustraite à la vengeance et au droit

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Sous le texte de l'alliance, sous la pierre du temple, sous la tente du Tabernacle, le propre du Juif est un espace vide qui lui est infiniment étranger : la loi

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Dans le rapport à la loi comme dans le rapport sexuel, le Tabernacle reste vide et la dissémination fatale

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Jacques Derrida a toujours associé les concepts d'écriture et de différance à la brisure de la loi de Moïse

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Jacques Derrida a inauguré une autre modalité du juif laïque : celle des Tables brisées

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"Manger la loi écrite" est la figure biblique où l'écriture se garde en s'effaçant, où sa trace séparée de la chair remplit la bouche

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