| Même s'il utilise le terme avec précaution ou méfiance, Derrida s'interroge, comme (presque) tout philosophe, sur le propre de l'homme.
La pensée classique humaniste définit l'homme comme être parlant, c'est-à-dire rêve de présence pleine. Nous sommes responsables de la parole vraie, authentiquement humaine. C'est la parole du père, c'est-à-dire du logos.
Pour Derrida, l'humain est un fantôme. S'il est perfectible, ce n'est pas en raison d'une dignité de principe [telle que postulée par Kant], mais parce qu'il est pris dans une logique de supplémentarité, de différance. Le point de départ de cette logique n'est pas en lui mais dans un élément antérieur au langage, une possibilité qui le rend capable d'hériter et d'exercer sa faculté de substitution : le gramme,
Avec la notion de crime contre l'humanité, l'idée d'une sacralité de l'humain est mondialisée. Sans contester l'utilité pratique de la notion, Derrida ne va pas dans cette direction. Son nouvel humanisme, au-delà de l'homme, est fondé sur le jeu plus que sur la vérité, sur l'archi-écriture plus que sur le livre, sur d'autres dimensions de l'humain. Avec l'oeil, l'homme ne fait pas que voir, il fait plus, il implore. La promesse d'une autre humanité accepte son indétermination, son imprévisibilité.
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