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Le récit de l'Orloeuvre

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Derrida, l'humain                     Derrida, l'humain
Source (livre) : Les mots de Jacques Derrida               Les mots de Jacques Derrida
Pierre Delayin - "Les mots de Jacques Derrida", Ed : Idixa, 2004-2009, Page créée le 20 octobre 2005

[Derrida, l'humain, humanisme]

Autres renvois :
   

L'humain

   

L'humanisme

   
                 
                       

Derrida reprend à son compte le reproche fait par Heidegger à l'humanisme classique. Il est métaphysique, car il n'interroge jamais le concept d'homme. Définir l'homme comme être parlant, c'est développer un rêve de présence pleine, l'espoir d'une parole vive dont nous serions responsables. Mais cette parole est celle du père. C'est la voix du logos. Même le Dasein de Heidegger n'est pas autre chose que l'homme.

Cette réserve essentielle ne l'empêche pas de poser la question, comme (presque) tout philosophe, du propre de l'homme. Qu'est-ce que l'homme? C'est un fantôme. S'il est perfectible, ce n'est pas en raison d'une dignité de principe [telle que postulée par Kant], mais parce qu'il est pris dans une logique de supplémentarité, de différance. Le point de départ de cette logique n'est pas en lui mais dans un élément antérieur au langage, une possibilité qui le rend capable d'hériter et d'exercer sa faculté de substitution : le gramme. Il ne crée pas ex nihilo, il invente.

Avec l'oeil, l'homme ne fait pas que voir, il fait plus, il implore. La promesse d'une autre humanité accepte son indétermination, son imprévisibilité.

La notion de crime contre l'humanité mondialise l'idée d'une sacralité de l'humain. Sans contester l'utilité pratique de la notion, Derrida ne va pas dans cette direction. Son nouvel humanisme prend acte des fins de l'homme. Il commence par le jeu plutôt que par la vérité, par une méditation sur l'archi-écriture plus que par la raison ou par le livre.

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Propositions

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Le nom humaniste de l'homme dans la pensée classique est celui de cet être qui a rêvé la présence pleine, le fondement rassurant, la fin du jeu

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Le système de la "parole vraie et authentique" s'appuie sur la responsabilité dans son sens le plus humaniste : s'acquitter adéquatement de ce qu'on doit (devoir et dette)

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L'humanisme n'interroge jamais le concept d'homme : il n'a ni origine, ni histoire, ni limite

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Le concept de "crime contre l'humanité" introduit une mutation radicale, une conversion mondiale à la sacralité de l'humain

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Notre essence, c'est que nous héritons du langage pour témoigner du fait que nous avons la possibilité d'hériter

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Dans l'humanisme dominant, l'homme est défini par sa capacité à inventer

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La perfectibilité est le propre de l'homme, car elle ne s'épuise pas dans la présence

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L'homme est le plus inquiétant de tous les fantômes

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Aujourd'hui, ce qui s'ébranle est la proximité du nom de l'homme et du nom de l'être, telle qu'elle habite et s'habite dans la langue en Occident

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La supplémentarité rend possible tout ce qui fait le propre de l'homme

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Tout ce qui se désigne comme "propre de l'homme" relève de la différance supplémentaire

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Le gramme est l'élément irréductible, antérieur à tout système et à tout couple d'oppositions du type humain/anhumain

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La possibilité du gramme, concept irréductible et imprenable, structure le mouvement de l'histoire humaine

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Le langage humain se distingue du langage animal par le pouvoir de substituer un organe à un autre, c'est-à-dire la faculté d'articulation ou de supplémentarité

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L'essence de l'oeil est le propre de l'homme : par l'imploration, les yeux sont dissociés de leur fonction organique afin de pleurer, déplorer

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Il faut penser la différance entre l'humanisme classique et le nouvel humanisme dans sa gestation, sa formation, le travail de son enfantement

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Une pensée affirmative du jeu, offerte à une interprétation active, inspire un nouvel humanisme au-delà de l'homme

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Ce qui se donne aujourd'hui à penser - une méditation de l'écriture qui passe l'homme, la raison, la science - ne peut s'écrire selon la ligne et le livre

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Là où s'achève un concept de l'homme, l'humanité pure de l'autre homme ou de l'homme autre commence comme loi de la loi, promesse messianique sans contenu

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Pour Heidegger, l'homme (ou Dasein) est l'étant exemplaire dont la pensée est inséparable de la vérité de l'être

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L'art participe d'une economimesis : économie pure où le propre de l'homme se réfléchit dans sa productivité

Jacques Derrida ŕ Ris-Orangis en 2004

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