L'époque où l'on ne sait plus ce qu'est l'humain... Tel serait notre monde. Il est possible que nous l'ayions su, mais nous l'avons oublié. Cette particularité confère à ce cheminement un côté tragique. Au bout du voyage, il y a de l'inconnu... Le chemin, peut-être, des funérailles, dans l'attente d'un autre humanisme.
Tout indique que l'homme n'a pas de substance, qu'il est fait des mêmes matériaux et du même ordre que toute autre chose de la nature. Nous admettons cela, nous le reconnaissons, mais ce constat ne nous fera pas renoncer à l'impératif kantien. Oui, l'homme existe comme fin en soi, pas comme moyen. C'est sa dignité. Il faut la respecter.
Mais rien n'est jamais acquis. Ephémère, l'homme ne rencontre nulle part ni son être, ni sa vérité. Le noeud où il tente de se situer n'est ni homogène, ni stable. Il rêve d'universel et vit dans le particulier. Plus il ajoute des prothèses, et plus il lui en faut. Plus il invite à la compassion, plus il délègue dans les choses son humanité même.
L'humanisme a été inventé pour pallier à l'absence d'un propre de l'homme. S'il y avait un fondement crédible à l'humain, on serait moins inquiets. Mais notre appartenance à l'espèce n'est jamais garantie. Nous ne savons ni quand elle commence, ni qui nous la confère, ni dans quelle mesure nous en avons été déchus. Les arts contemporains comme le cinéma tentent de nous rassurer sur ce point en répétant : Il y a encore de l'humain. Merci à eux! |