| Dès qu'il y a société, délégation de l'autorité et écriture, il y a différance politique. En Occident, son essence est religieuse : le théologico-politique, avec son système de croyances, perdure à travers les régimes. Sous les valeurs et productions artistiques, c'est lui qui se dissimule.
Dans son principe, le politique est national. L'Etat-nation s'appuie sur les frontières et sur le droit, mais il ne peut pas ignorer la justice, même si elle conduit à des principes inacceptables pour lui (comme l'hospitalité absolue).
Nous vivons une époque marquée par une déconstruction pratique du politique qui l'atteint en profondeur, dans son concept même (comme on n'a pas fait le deuil du bon vieux politique, on le pleure avec mélancolie). Cela tient à un nouveau régime des communications, irréductiblement spectral, qui disloque les liens traditionnels. Pour prendre position politiquement, c'est maintenant d'une hantologie qu'il faut partir. Là se creuse une place vide où peut s'inscrire l'espoir messianique d'une promesse, d'une démocratie à-venir.
La prise de conscience ne suffit pas : il faut mobiliser la psychanalyse. |